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›› Editorial

Le « China Quaterly » et la rigueur académiques aux caractéristiques chinoises

Créée en 1960 par l’entremise du sinologue britannique Roderick MacFarqhar qui fut le premier éditeur, la revue trimestrielle China Quaterly, une référence de rigueur et de neutralité dans la communauté des sinologues, est publiée par la maison d’édition de l’Université de Cambridge, Cambridge University Press. Propriété de l’Ecole des études orientales et africaines de l’Université de Londres, elle traite de sujets aussi divers que l’histoire, l’anthropologie, la sociologie, l’économie, la littérature, la géographie et les affaires internationales.


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Voilà qu’à l’occasion d’une controverse ayant beaucoup ému les chercheurs et observateurs occidentaux de la Chine, resurgit la polémique sur les « valeurs ».

Alors que la question des « valeurs » est en réalité bien plus vaste, le débat en cours se résume à la conception qu’on se fait du travail académique, de la vérité des faits et, partant, de la démocratie sensée débattre autour de visions politiques articulées à des données incontestables.

De fil en aiguille, les réflexions s’élargissent au « sens » de l’histoire et s’enveniment quand celle-ci est manipulée à des fins politiques, heurtant la probité académique des historiens dont la mystique se nourrit de la quête de vérité et de neutralité. La querelle n’épargne pas la France. Mais chez nous, elle s’exprime à front renversé des polémiques chinoises.

Quand les chercheurs occidentaux s’insurgent que le parti communiste chinois oblitère à des fins de propagande les pans les plus sombres de son histoire, les hommes politiques français prosélytes « du roman national » s’indignent, au contraire, que notre histoire soit martyrisée au point d’en faire, au mieux, le simple composant presqu’anonyme de la vaste histoire globale, au pire un objet de culpabilité nationale.

En riposte, franchissant eux aussi les limites entre histoire, morale, justice et politique, certains proposèrent et votèrent un article de loi, aujourd’hui abrogé, enjoignant aux enseignants de faire état « du rôle positif de la colonisation française. »

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Il reste qu’au milieu de ces controverses qui n’ont rien à voir avec la soif de vérité et ne se nourrissent que de manœuvres politiques, il existe des historiens honnêtes habités par la mystique de l’indépendance académique et la passion de l’improbable exactitude. Conscients que, dans un monde submergé par le superficiel et la recherche opportuniste de la rentabilité économique, devenue pour beaucoup d’institutions du savoir le critère indépassable de leur survie, ils savent peut-être qu’ils livrent un combat d’arrière garde.

C’est pourquoi leurs réactions sont d’autant plus virulentes quand ils ont le sentiment qu’un des derniers bastions de leur mystique d’indépendance intellectuelle et éditoriale est attaqué par le jeu croisé des intérêts financiers, de l’opportuniste économique et de la manipulation politique de l’histoire.

C’est ce qui s’est produit lorsqu’à la mi-août, le site du China Quaterly, référence historique des études académiques chinoises mondialement respectée, y compris en Chine a, dans sa version chinoise été amputé de 315 articles par l’autocensure complaisante de son hébergeur, la maison d’édition Cambridge University Press.

La revue China Quaterly ciblée par la censure.

Le 18 août, l’Université de Cambridge provoqua un tollé dans la planète sinologie en annonçant qu’elle allait fermer l’accès à 315 articles dont certains déjà vieux d’un demi-siècle stockés dans la mémoire du site et jugés sensibles par la censure chinoise.


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La décision néfaste de mutilation de l’histoire a été annoncée le 18 août par l’honorable institution de Cambridge, plus vieille maison d’édition du monde fondée en 1534, après que le Bureau chinois de l’administration de la presse et de l’édition ait tout bonnement menacé d’interdire toutes les publications de l’Université en Chine.

Les articles litigieux passés à la trappe considérés par Pékin comme une grave offense politique, concernaient les désastres du « grand bond en avant » et de la « révolution culturelle », la dispersion meurtrière par l’armée du rassemblement des étudiants et ouvriers sur la place Tian An Men, le 4 juin 1989, l’héritage complexe de Mao, les tensions ethniques au Xinjiang et au Tibet, la question de Taïwan et la féroce répression qui, depuis 1999, s’est abattue sur les adeptes de Falungong, discipline inoffensive et politiquement neutre de quête d’harmonie entre le corps et l’esprit, par la pratique de la gymnastique traditionnelle du Qigong.

Parmi les auteurs d’anciens articles censurés – beaucoup datent des années 60 – stockés dans la mémoire de la maison d’édition et jusque là accessibles en ligne en Chine, figurent les noms de chercheurs respectés tels que Andrew Nathan, David Shambaugh, Roderick MacFarquhar, Ezra Vogel et Frank Dikötter tous reconnus par le monde académique comme des références.

Tollé de protestations.

L’amputation radicale et sans nuance de cette mémoire semble avoir été un excès de zèle articulé autour d’une recherche automatique de mots clés sensibles déclenchée par des bureaucrates serviles.

Dans une ambiance générale de resserrement drastique de la censure depuis 2012 réfutant la vérité historique comme un dangereux « nihilisme », la coupe claire a aussitôt déclenché un tollé de protestations du monde académique pour qui l’indépendance de la recherche est une raison de vivre. On remarquera cependant la discrétion des intellectuels français, pourtant d’habitude si prompts à défendre la liberté d’expression.

Parmi les réactions les plus virulentes qui visent à la fois la censure chinoise et la tartuferie de Cambridge, retenons d’abord celle, citée par Asiayst et The Guardian, de Renée Xia, Directrice Internationale de « Chinese Human Rights Defenders », pour qui Cambridge a « vendu son âme pour les millions de dollars du gouvernement chinois » ; Andrew Nathan dont 2 articles à propos des « Tian An Men papers » datés de 2001 et 2004 ont été censurés estime que l’incident a causé « un dommage irréparable à la réputation de Cambridge » (voir la liste des articles censurés sur le site de CUP., document PDF).

Le britannique Roderick MacFraquar (87 ans), né à Lahore, ancien de l’administration des Indes britanniques, diplômé de Harvard et auteur d’une quinzaine d’ouvrages sur la Chine tels que « Les intellectuels chinois et la campagne des “Cent Fleurs“ » et plusieurs autres sur les origines de la révolution culturelle, figure lui aussi dans la « charrette » des auteurs censurés.

Notamment sa contribution à la revue en septembre 2016, passée à la trappe qui traitait de la campagne anti-corruption et des réminiscences maoïstes de l’actuel n°1 chinois. Il y citait le philosophe américain Georges Santanyana : « les risques de l’amnésie historique sont qu’elle condamne ceux qui oublient le passé à toujours répéter les mêmes erreurs ».

Lire : The Once and Future Tragedy of the Cultural Revolution

Tim Pringle, éditeur de China Quaterly se dit « préoccupé » et « déçu » du resserrement des contrôles en Chine d’autant, ajoute t-il, « qu’il ne s’agit pas d’une initiative isolée mais, d’un des volets d’une stratégie globale visant à réduire l’espace public de dialogue dans la société chinoise ». Un retour sur l’histoire récente confirme le constat.

Répression des pensées divergentes.

Le 8 janvier 2013, à Canton une manifestation de soutien aux journalistes de Nanfang Zhoumo harcelés par la censure. A l’époque le compromis trouvé entre les censeurs et les journalistes par le n°1 de la province Hu Chunhua, 54 ans, protégé de Hu Jintao, mais considéré avec méfiance par Xi Jinping, avait calmé la grogne. Mais l’épisode ne fut qu’une courte accalmie dans la mise au pas du magazine.


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Pour la seule année 2016, Audrey Jiajia Li, journaliste « freelance » basée à Canton, a, pour le South China Morning Post, relevé le renvoi de Li Mohai de l’Institut de l’industrie et du commerce du Shandong après un « tweet » dans lequel il notait, selon lui, la différence entre « peuple », acceptant sa situation d’esclave et « citoyen » dont la conscience politique pouvait le conduire en prison « comme ennemi du peuple » ; début août, Shi Jiepeng professeur assistant à l’Université Normale de Pékin a été limogé pour ses commentaires non conformes aux « valeurs politiques en vigueur ». Il avait traité Mao Zedong de « diable ayant causé des dizaines de millions de morts ».

A l’Université Sun Yat-sen de Canton, pourtant connue pour son ouverture politique, une directive de 2017 interdit de critiquer la direction du Parti et en juillet une instruction de l’Université du Zhejiang a intimé l’ordre aux enseignants de réduire leurs références aux ouvrages occidentaux de 20%.

La tendance s’inscrit dans une campagne en vigueur dans les centres de recherches et les universités depuis 2013, destinée à réduire les influences occidentales considérées comme une menace pour le parti. Lire Feu sur les « excroissances méningées du Parti » et reprise en main idéologique.

La mise aux normes a également touché les médias avec la neutralisation du très critique Yanhuang Chunqiu 炎黄春秋 dont toute la direction a été remplacée en 2016 et dont l’ancien éditeur Hong Zhengkai a été condamné pour diffamation après avoir remis en question l’histoire magnifiée de 5 soldats de l’armée de libération qui, selon la légende, auraient sauté d’une falaise pour échapper aux Japonais. Avec un tirage de 200 000 exemplaires, le journal militait pour le respect de la constitution et la démocratie. Certains de ses articles contestaient l’histoire officielle du Parti.

Mais l’épisode le plus emblématique du contrôle d’un média fut celle du Nanfang Zhoumo 南方 周末 (sud magazine). Après une brutale échauffourée en janvier 2013 entre les journalistes et les censeurs de la province de Canton, le magazine tirant à plus d’1,5 millions d’exemplaires ne fut pas fermé. Mais sous la pression politique, sa ligne éditoriale s’écarta peu à peu du journalisme d’investigation qui fit son succès.

Progressivement son audience recula, les difficultés économiques surgirent, les journalistes de qualité s’en allèrent voir ailleurs, remplacés par une équipe « plus alignée », tandis que la publication était peu à peu poussée à la marge.

En janvier 2015 un article de Foreign Policy écrivait avec justesse que la trajectoire du journal depuis 2013 illustrait « le subtil mécanisme mélangeant la censure et les pressions commerciales limitant le journalisme critique d’investigation en Chine ».

Lire : Main basse politique sur l’information et Internet pour protéger le Parti.

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Volte-face de Cambridge.

Confrontée à la protestation du monde académique et craignant pour sa réputation, le 21 août, Cambridge University Press est revenu sur sa décision de censurer 315 articles en Chine.


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Le 21 août, coup de théâtre, trois jours après l’annonce qu’il se soumettrait à la censure du parti communiste chinois, l’éditeur de Cambridge, impressionné par la levée de boucliers faisait marche arrière, déclarant que l’accès à ses mémoires serait garanti.

La volte-face eut lieu alors que le « Journal of Asian Studies », vieux de 70 ans, également édité par Cambridge et lui aussi sommé de censurer ses articles sensibles, s’était au contraire braqué contre les injonctions chinoises : « Nous sommes opposés à la censure dans toutes ses formes et continuons de promouvoir l’échange gratuit de la recherche universitaire parmi les étudiants du monde entier ».

A l’annonce du revirement, nombre d’universitaires chinois ont exprimé leur soulagement avant que leurs réactions soient effacées des réseaux sociaux par la censure. Ainsi Zhang Lifan, historien ancien chercheur de l’Académie des Sciences Sociales dont il avait démissionné « C’est un triomphe de la morale » ; lire : Le Parti à l’épreuve de la démocratie.

Sun Peidong, historienne à Fudan a posté sur sa page Weibo que le revirement avait été rendu possible par le tollé des intellectuels occidentaux. Quelques internautes ont également réagi favorablement « Brillante décision. Bien joué Cambridge ».

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On aurait cependant tort de considérer que l’affaire est close. Tout indique qu’elle n’est qu’un épisode d’une rivalité plus vaste dont l’enjeu est exprimé par une réaction d’Andrew Nathan « Si l’Occident ne se bat pas pour ses valeurs, alors les autorités chinoises nous imposeront les leurs. »

Le 20 août un éditorial du Global Times aligné sur le Quotidien du Peuple, expliquant que la censure tentait de faire la part des informations et des « menaces extérieures contre la société chinoise » qualifiait les défenseurs de l’indépendance académique « d’étrangers arrogants et absurdes ». Il ajoutait que si les institutions occidentales n’aimaient pas la manière chinoise, elles étaient libres de s’en aller.

En revanche, si elles souhaitaient tirer partie du marché chinois, elles devaient se conformer aux lois chinoises. Pour finir, cette prévision recoupant le souci d’Andrew Nathan : « Les valeurs occidentales ont constitué le cœur des société humaines du fait de la force de l’Ouest. Devenue elle aussi puissante, la Chine est désormais en mesure de défendre ses intérêts ».

La rigueur académique et le marché.

En plaçant la polémique sur l’histoire et la rigueur académique au niveau de la rivalité Est – Ouest, le Global Times cherche en réalité à protéger les intérêts nationaux chinois et la prévalence du parti contre les critiques et la diffusion d’idées qui menacent son magistère.

Le discours stéréotypé sur l’obéissance aux lois et règlements chinois est le même que le parti adresse à Apple, Intel, Qualcomm, Mitsubishi, Areva, Safran, Airbus, et Boeing dont il exige des transferts de technologies en échange de l’accès au marché, parfois en violant le droit de propriété intellectuelle [1]. Sauf que dans le cas du China Quaterly, le prix à payer n’est pas l’abandon ou le pillage des secrets industriels, mais l’occultation de pans entiers de l’histoire et la réputation de l’Université.

Dans sa volonté de détacher la Chine du reste du monde, l’éditorial oublie que la recherche académique n’est pas une entreprise commerciale ou industrielle dont la stratégie pèserait les avantages, les risques et les inconvénients d’un engagement sur le marché chinois. Elle prétend à l’objectivité et à l’exactitude de la connaissance sans laquelle le progrès humain est impossible. Universelle et disponible à tous, sans distinction, elle ne se monnaye pas en échange d’un marché.

Une stratégie globale.

La une du journal Clarté 光明 日报 – Guagming Ribao - du 17 novembre 1978, renvoie à la période de la campagne « antidroitière » (1957 – 1959) dont, selon une étude de Glenn Tiffert, toutes les archives des débats sur la justice qui mentionnaient, entre autres, la nécessité d’une justice indépendante et le droit à la présomption d’innocence ont été supprimées dans les bases de données officielles du régime.

20 ans plus tard, en pleine révolution culturelle, et près de 60 ans avant l’étude de Tiffert, le titre du journal exprime déjà une mise aux normes dont le but est d’écrire une histoire officielle débarrassée des influences occidentales, supposées véhiculées par les « Droitistes » opposés à la collectivisation : « La politique du Parti visant à régénérer les “droitistes“ est un succès. A tous les niveaux les comités de partis ont fait tomber les chapeaux de la tête des derniers “droitistes“ ». Aujourd’hui, nous en sommes à la « mise aux normes » de l’histoire par le tri des archives. Le but : conforter la notion « de caractéristiques chinoises » différentes de la culture occidentale, y compris dans les notions de droit et de justice.


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Cette vision idéale de la recherche et de l’histoire est cependant loin d’être partagée par le Parti Communiste Chinois. Pour lui, la vérité historique confine au nihilisme quand elle est défavorable à l’image qu’il entend donner de lui-même. Pour s’en protéger il est prêt à toutes les manipulations.

Et celles auxquelles il se livre aujourd’hui renvoient aux pires excès des campagnes idéologiques de l’ère maoïste et de la révolution culturelle quand les membres en disgrâce du parti étaient tout simplement restirés des photos de groupe. Aujourd’hui l’oblitération n’est pas de circonstance. Elle occulte la mémoire. Ne pas en prendre conscience expose à de graves déconvenues le monde académique occidental par ailleurs sensible aux revenus procurés par les riches familles de leurs étudiants chinois.

Dans un article du 23 août 2017, John Pomfret, parlant couramment le mandarin, ancien correspondant du Washington Post à Pékin, observateur averti de la Chine, marié à Zhang Mei, intellectuelle et femme d’affaires originaire du Yunnan, citait une étude étonnante de Glenn Tiffert, informaticien sinologue et chercheur du Centre d’études chinoises Liberthal-Roger.

Grâce à sa maîtrise de logiciels de recherche sophistiqués et ses connaissances historiques, Tiffert a mis à jour un vaste schéma d’occultation de l’histoire du système judiciaire chinois par les centres de stockage des données 国家哲学社会科学学术期刊数据库, sigle anglais NSSD et China National Knowledge Infrastructure 中国知网, CNKI, affilié à Qinghua qui servent de référence à la recherche.

En comparant les documents originaux des publications Zhengfa Yanjiu 政法研究 (études politiques et juridiques) et Faxue 法学 (Lois et Sciences), il a constaté que tous les débats des juristes de l’époque des campagnes de rectification « anti-droitières » des années 50 avaient été massivement élagués. Furent particulièrement visées les controverses sur l’indépendance de la justice, son caractère personnalisé et la présomption d’innocence.

La mise sous le boisseau de ces échanges vise à instiller l’idée que les critères d’indépendance qui fondent toutes les justices modernes, condition de leur efficacité et de la confiance qu’elles inspirent, ne sont pas enracinés dans la pensée chinoise.

En revanche, les textes conservés accordent une large part à l’ancienne tradition des légistes selon Han Feizi 韩非子, de la période des Royaumes combattants (230 av. JC) dont la pensée est articulée autour de la complémentarité d’un pouvoir fort et d’une justice implacable.

L’un des artisans de l’épuration des archives qui vient en complément du discours sur les « caractéristiques chinoises » est He Yinting, 何毅停, 65 ans, n°2 de l’Ecole Centrale du Parti, auteur d’un article paru le 29 mai 2017 dans le Xuexi Shibao, intitulé « Le XXIe siècle est le siècle du renouveau du discours chinois » 二十一世纪是中国话语复兴的世纪.

On y lit que « suivant les préceptes de Xi Jinping, tous les acteurs chinois, y compris les philosophes et les chercheurs en sciences sociales devraient développer de conserve des visions positives de la Chine et de ses accomplissements, de nos jours et par le passé, créant ainsi à la fois la cohérence et la clarté d’un discours sur la majesté de sa puissance. »

Face à cette volonté de diffusion planétaire des normes chinoises dont on peut déjà ressentir les effets dans nombre de pays d’Asie, en particulier au Cambodge où les ONG, les critiques, l’opposition et les médias subissent les harcèlements féroces de la censure et d’une justice aux ordres, les universités, les chercheurs occidentaux et leurs maisons d’édition sont face à un choix d’autant difficile que l’apport financier des nuées d’étudiants chinois constitue souvent une bouffée d’oxygène dans des situations budgétaires tendues [2].

Notes :

[1La question du viol du droit de propriété est au cœur des actuelles querelles commerciales entre Pékin et Washington. Elle fait l’objet d’une enquête du ministère du commerce américain. Lire à ce sujet : Pékin, Washington, Pyongyang. Du tambour de guerre aux conflits commerciaux.

[2Pour l’année scolaire 2015 – 2016, - les chiffres sont arrondis - 300 000 aux États-Unis, 91 000 au Royaume Uni, 50 000 en Allemagne, 30 000 en France, pour un total d’étudiants chinois dans le monde en hausse à plus d’un million.

 

 

En route vers le Congrès

[7 octobre 2017] • François Danjou

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