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La reprise sera-t-elle stable ?
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(14 octobre 2009)   •  François Danjou

En Chine comme ailleurs, ils sont nombreux à s’interroger sur la réalité de la reprise économique, alors que la plupart des agences financières révisent à la hausse leurs prévisions pour la fin de l’année 2009 et anticipent un timide redressement pour 2010. Pour la Chine, les perspectives, dopées par les nouveaux chiffres de la croissance, sont encore plus optimistes.

Dans son blog « Crise ! Vous avez dit crises ? », Bruno Birolli du Nouvel Observateur aborde la question par le biais des indicateurs du commerce maritime. Ces derniers, indiquent que l’activité industrielle et les échanges commerciaux de la planète sont très déprimés et que la reprise sera lente. Au passage, l’article pointe du doigt les stocks accumulés de l’industrie chinoise, artificiellement stimulée par le plan de relance et les facilités d’accès au crédit.
Le Baltic Dry, qui indique la moyenne du prix des transports des matières premières, montre au jour le jour les évolutions de la demande en provenance de l’industrie manufacturière. La baisse des tarifs des minéraliers indique un tassement de l’activité industrielle.

Bruno Birolli souligne que « la remontée du Baltic au second semestre 2009 était largement dopée par la demande chinoise. Laquelle était artificielle. Le gouvernement chinois a littéralement inondé de liquidités son industrie lourde, intimement liée à l’appareil du parti. Au premier semestre 2009 les banques chinoises ont prêté en six mois quasiment deux fois plus d’argent que pendant toute l’année 2008 (1 000 milliards de dollars contre environ 650 milliards). »

Après un redressement entre janvier et juin 2009, l’indice a de nouveau plongé. Depuis la fin septembre, il est à nouveau orienté à la hausse. Mais son niveau, qui se situe encore à 60% en dessous de son pic historique de mai 2008, est proche de ce qu’il était en 2003.

L’autre indicateur, le Harpex, mesure le volume de produits finis transportés. Il a constamment baissé entre janvier 2008 et fin septembre 2009 et contredit les signes de reprises enregistrés en Chine depuis le printemps. En dépit d’une reprise en octobre, l’indicateur reste aujourd’hui près de cinq fois inférieur à ce qu’il était au début 2008.

Commentaires.

Comme le souligne Bruno Birolli dans son article, ces deux indicateurs, qui ne prennent pas en compte, entre autres, les activités de services, n’offrent pas une image complètement exacte de l’économie réelle. Toutefois, quand on constate d’aussi larges écarts entre les chiffres affichés du redressement chinois et la densité du transport maritime de matières premières et de produits manufacturés, il y a lieu de s’interroger sur la réalité et la stabilité de la croissance. C’est d’autant plus vrai en Chine, où plus de la moitié du PNB échappe toujours au secteur tertiaire et dépend des activités agricoles et industrielles, plus directement liées aux indicateurs du commerce maritime.

La pertinence des plans de relance, selon certains, trop orientés vers le redressement rapide des indices, plutôt que vers la solution des problèmes de fond, aurait au demeurant soulevé des controverses au sein même de la haute direction du Régime. La politique de relance du gouvernement, essentiellement dédiée à la création d’infrastructures nouvelles, l’aide aux grandes sociétés d’Etat et au secteur de la construction, assortie d’une libération du crédit, à un niveau jusque là inédit en Chine, a en effet été critiquée par nombre d’experts étrangers et chinois. La rumeur court même à Pékin que Xi Jinping, le Vice-président, en désaccord avec cette stratégie, aurait menacé de démissionner, ce qui expliquerait le retard de sa nomination à la Commission Militaire Centrale, lors du 4e Plenum du Parti en septembre dernier.

Pour consulter le blog de Bruno Birolli

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Par Richane
La reprise sera-t-elle stable ?
On sait que la Chine a développé ses plans de relance en réorientant le développement de son économie vers la demande intérieure. Alors, il est difficile de comprendre que l’on s’appuie sur un indicateur de la demande extérieure, à savoir le transport maritime, pour contester la réalité d’une certaine relance de l’économie fondée sur la demande interne ! N’y-a-t-il pas du parti-pris, pour ne pas dire du fallacieux dans vos propos ?
Par François Danjou
La reprise sera-t-elle stable ?

L’article de Bruno Birolli ne conteste pas la relance de l’économie. Il propose des éléments pour en apprécier la stabilité et la solidité, dans un contexte où le Comité Central avait, à l’occasion de son 4ième Plenum, lui-même émis des doutes sur la solidité de la reprise.

Par ailleurs, il fait appel à des instruments de mesure liés, non pas à la demande extérieure, mais à la densité du transport maritime qui renvoie autant aux exportations de la Chine qu’à la demande chinoise et donc au volume de ses importations de matières premières, directement liées aux taux de l’activité industrielle.

Au printemps 2009, les importations chinoises ont augmenté, dopées, non pas par la demande, mais par les plans de relance, signalant une reprise de la production. Mais, dès lors qu’elle ne s’appuyait pas sur une réelle reprise des marchés extérieurs, celle-ci a provoqué l’accumulation de stocks, notamment dans le secteur de l’acier, ajoutant encore au marasme du secteur.

Quant à la structure de la croissance à laquelle le lecteur fait allusion, chacun sait qu’elle est d’abord très fortement liée aux investissements massifs de l’état et aux dépenses publiques qui comptent pour 60% dans le PNB.

La faiblesse de la demande intérieure, qui plonge ses racines dans l’indigence des filets sociaux et la difficulté d’accès aux soins de près de 50% de la population, induit un des plus forts taux d’épargne de la planète et freine la consommation (seulement 1/7ième des Chinois bénéficient d’une assurance maladie et moins de 1/5 ont une retraite viable).

Depuis son arrivée au pouvoir l’équipe Hu Jintao a maintes fois souligné l’urgence de soutenir la consommation intérieure pour rééquilibrer la croissance. La crise a donné encore plus d’acuité à cette exigence, traduite dans de nombreuses déclarations publiques du premier ministre.

La vérité oblige à dire qu’en dépit de ces injonctions, au lieu de se renforcer, la demande intérieure a régulièrement faibli entre 2002 et 2008. Elle est aujourd’hui une des plus faibles du monde et la plus basse de tous les pays asiatiques, loin derrière les Philippines, l’Indonésie, la Corée du Sud, Taïwan, la Thaïlande ou le Japon.

S’il est vrai que la politique anticrise du gouvernement (prêts à faible taux, exemptions de taxe, campagnes de publicité, rabais importants aux agriculteurs) a donné quelques résultats et rehaussé la consommation intérieure de près de 15% en 2009, les investissements d’infrastructure ont, dans la même période, fait un bond de 33%, annulant en partie les efforts de rééquilibrage.

Par ailleurs, les exportations, qui avaient chuté depuis l’été 2008, reprenaient au début de l’automne 2009, notamment vers les Etats-Unis, écornant même les parts de marché des pays de l’Amérique latine, devenus moins compétitifs, du fait de la crise. La reprise des exportations vers l’UE a été encore plus forte.

De ces observations on peut tirer la conclusion qu’au lieu de favoriser un réajustement de la structure de la croissance en faveur du marché intérieur, la crise a encore aggravé les déséquilibres en permettant l’augmentation de la part des investissements publics. Après un période déprimée de près de huit mois, elle a aussi paradoxalement consolidé la part de l’export, notamment du fait de l’avantage compétitif des prix chinois.

Mais la vraie question est de savoir si le rééquilibrage est possible sans un réajustement social et une modification radicale du système de redistribution de la richesse et du capital, qui dépend également de l’organisation du système bancaire. La moyenne des revenus urbains - 900 euros par an et trois à six fois moins dans les zones rurales - est trop basse pour permettre un décollage significatif et durable de la consommation (le pouvoir d’achat de la population chinoise est aujourd’hui à peine supérieur à celui d’un pays européen développé de 50 millions s’habitants).

Il est d’autant peu probable que la situation se modifie rapidement, que l’épargne des Chinois sert de matelas prudentiel aux banques, dont la solvabilité dépend en grande partie de la richesse des comptes des particuliers. FD

Par Richane n°2
La reprise sera-t-elle stable ?

Le texte de l’article « La reprise sera-t-elle stable » met bien en doute la réalité de la relance de l’économie en Chine , puisque l’on peut y lire à deux reprises l’affirmation de ce doute avec les phrases suivantes : « ils sont nombreux à s’interroger sur la réalité de la reprise économique » et « il y a lieu de s’interroger sur la réalité et la stabilité de la croissance ».

Quant aux propos critiques fondés sur le déséquilibre entre relance par les investissements publics d’infrastructure et celle par la consommation intérieure des ménages, une telle distinction n’est pas pertinente au regard du problème de la relance économique par la demande intérieure : d’une part, parce que ces deux types de relance conduisent bien tous les deux au renforcement de la demande intérieure ; d’autre part, parce que les investissements publics dans les infrastructures permettent non seulement d’accroître la formation brute de capital fixe, mais ils conduisent également à distribuer des revenus aux personnes qui participent à la construction des équipements publics, et donc à accroître par la suite la demande de consommation de ces travailleurs. Ce mécanisme d’effets induits des investissements sur la demande de consommation est bien connu sous l’appellation des « effets multiplicateurs de la relance keynésienne par l’investissement ». Tous les grands plans de relance de l’économie après la grande crise de 1929 ont reposé sur ce type d’organisation. Actuellement les dispositifs de relance pris ou envisagés par le gouvernement français sont également fondés sur une telle orientation . Et, enfin, une telle relance de type keynésien ne dépend en aucune manière d’un rééquilibrage entre demande d’infrastructure et demande de consommation des ménage.



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