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Les deux faces de la Chine (1ère partie)
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(12 mai 2010)   •  François Danjou

Alors que la presse chinoise et étrangère publie de nombreux commentaires sur l’exposition universelle de Shanghai, questionchine met en ligne les observations sur le vif recueillies lors d’un voyage dans la Chine profonde des provinces du Shanxi et du Shaanxi.

Ces images d’une tournée de plus de trois mille kilomètres, dont l’épicentre n’était cependant situé qu’à quelques centaines de kilomètres de Pékin, sont rapportées par Bernard Delalande, l’un des plus anciens résidents français en Chine. Avec celles de la flamboyante exposition universelle, porte ouverte sur la modernité et l’avenir, la plus chère jamais organisée, la plus médiatisée aussi, elles décrivent les deux faces de la Chine moderne, qui retrouve aujourd’hui sa puissance ancestrale.

D’un côté, celle qui impressionne le monde, se dressant, conquérante, ouverte, moderne, non loin de l’océan, semblant retrouver à la fois sa splendeur passée et ses réflexes de pionnière. De l’autre, un univers noirci et pollué par le charbon et les industries lourdes, dont l’empreinte destructrice martyrise les paysages et accable la vie de millions d’être humains attachés, comme dans l’Europe au XIXe siècle, au labeur écrasant qui nourrit la machine insatiable et anonyme du progrès.

Beijing - Baoding, 140 km

Très belle autoroute, revêtement parfait pas de circulation. Nous longeons le projet de grand canal, qui doit alimenter en eau la région de Pékin. Les travaux sont manifestement stoppés. Plus d’ouvriers, pas de mouvements de camions. Les cimenteries aussi sont arrêtées. Baoding, date de la dynastie des mings. Ancienne capitale provinciale, elle était reliée par des canaux à Tianjin. Lors de la guerre avec le Japon ces derniers avaient servi de tranchées pour l’armée rouge qui s’y était repliée. L’armée nippone avait eu du mal à l’en déloger.

Les vieilles murailles entourant la ville ont disparu, remplacées par les stigmates de l’industrialisation à marche forcée et le nouvel urbanisme chinois taillé au carré, à l’esthétique douteuse. La ville se veut la « capitale chinoise du solaire ». De fait, la nouvelle vague écologique et le mimétisme commercial des Chinois aidant, la capacité de production de panneaux solaires de cette région est aujourd’hui deux fois supérieure aux besoins du marché mondial.

Baoding est en fait une ancienne base industrielle militaire reconvertie dans les panneaux solaires, financés par des sociétés offshore, mais toujours contrôlées par l’armée chinoise. On y fabrique aussi des matériaux synthétiques entrant dans la composition d’armes vendues dans le monde entier, notamment dans les zones de conflit.

Le nuage de pollution qui plane au dessus de la ville donne au paysage l’aspect d’un décor de film catastrophe.

Baoding - Shijiazhuang, 150 km

Toujours la même autoroute, avec en prime une vue sur les montagnes de l’Ouest totalement détruites par des carrières de matériaux de construction, qui, depuis 50 ans, alimentent la province du Hebei et la capitale. Shijiazhuang ne comptait plus que 1000 habitants en 1900, dont 20 français qui construisaient avec des belges, la future ligne de chemin de fer Pékin Wuhan, financée par l’emprunt russe.

Elle aussi a subi les affres de la modernisation sans scrupules. Devenue un nœud ferroviaire et routier au cœur d’un réseau emprunté par les interminables convois de charbon venant des deux provinces minières du Shanxi (capitale Taiyuan) et du Shaanxi (capitale Xi’an), Shijiazhuang a remplacé ses pagodes et ses deux lions de bronze par d’imposantes centrales électriques qui alimentent les grands centres urbains du nord et de l’est. La production de coton, fierté de la province il y a encore 30 ans, a périclité, à cause du manque d’eau.

Shijiazhuang - Yangquan, 100 km

Nous entrons dans le Shanxi. Une des provinces les plus polluées de Chine, qui recèle le tiers des réserves chinoises de charbon et de bauxite du pays. A Yangquan, un inquiétant nuage toxique stagne au-dessus des mines de charbon, des aciéries et des usines chimiques. L’air est chargé des effluves de nitrate de calcium, de carbone, d’oxyde de magnésium, d’acide chromique, de chlorure de calcium, rejetées sans précaution aucune dans l’atmosphère.

La nature est saccagée, tout y est brûlé, pollué par des usines, des voies de chemins de fer, des routes, le tout enchâssé dans une vallée étroite. Les habitants n’ont pas d’autre choix que de subir cet environnement. Les longues cohortes de camions presque tous rouges se succèdent comme des chenilles mécaniques. Deux lignes de chemin de fer est-ouest sont en construction pour augmenter encore le débit de charbon vers les insatiables mégalopoles de la cote chinoise. Ca et là des vaches dans des enclos, quelques serres et des rivières asséchées. On se demande comment se fait le refroidissement des centrales thermiques ?

Yangquan, était une étape de la route de la soie qui dominait les plaines fertiles du Hebei. De cette histoire il ne reste rien, sauf la poussière.

Yangquan - Taiyuan, 120 km

Sinistre autoroute que nous devrions renommer « coal road ». Le charbon est roi. C’est d’ailleurs la seule marchandise qui circule sur ces axes qui traversent un paysage lunaire où n’a survécu aucun végétal et où on ne voit jamais le moindre animal. Par moments, nous croisons, perdus au milieu des convois de charbon, des camions Coca Cola, destinés à abreuver les gosiers secs des mineurs. Misère, saleté, pluie, neige : un véritable cocktail du désespoir, pour qui n’est pas animé d’une force intérieure profonde.

La ville, ancienne capitale de plusieurs Etats, parfois rebelle, point de départ de la dynastie Tang, est dotée d’une forte personnalité. Elle défendait les empires, mais il arrivait aussi qu’elle se retourne contre eux. Cela se ressent encore aujourd’hui dans la manière d’être des gens. Ils sont « du Shanxi et de Taiyuan » avant d’être « Han ». Aujourd’hui, la région pauvre et enclavée, sur industrialisée est toujours un des hauts lieux du bouddhisme chinois.

Mais les traces architecturales du passé sont maigres et fragiles : des restes de murailles, un temple en centre ville, près de la place du 1er mai, une pagode ici et là, un musée provincial triste. Toute la richesse de cette région a été sacrifiée au progrès industriel, aux aciéries, aux industries chimiques et aux cimenteries.

A 25 km de Taiyuan, se trouve Qingxu. La capitale mondiale du vinaigre de grains, dont l’histoire est vielle de 28 siècles. Lai Fu Cu Ye est en effet la plus vieille usine de production de vinaigre de Chine. Elle a alimenté pendant des siècles les différentes dynasties chinoises et exportait, par la route de la soie, son vinaigre jusqu’à la cour du roi de France, et vers l’Est, jusqu’au Japon. Encerclée par la ville moderne, elle n’est plus qu’un ensemble triste de bâtiments industriels, dans la proche banlieue. La pagode haute de 50 mètres a été reconstruite en béton dans les années 80. Les murs encerclant la ville ont été remplacés par des routes et des périphériques.

Qingxu - Liuliang, 140 km

Près des rives du Fleuve Jaune, Liuliang a connu son apogée durant les Qing. Pensant retrouver des traces encore intactes de cette civilisation, suivant des informations de guides touristiques, nous sommes arrivés en surplomb de cette vallée encaissée. Six ou sept centrales thermiques en composent le paysage, avec des rivières presque à sec, couvertes d’immondices, un nuage orange- vert accroché au ciel, des HLM en rangs serrés. Le tout dégageait une impression de profonde tristesse.

Liuliang - Suide - Yan’an, 450 km

Devant le désastre écologique de la région, nous décidons de continuer notre route vers Yan’An, le bastion révolutionnaire de la chine. Avant de nous tremper dans l’histoire de la chine de la Longue Marche, nous retrouvons avec une certaine inquiétude la « coal road ».

Imaginez 42 km de bouchons sur deux voies : cela fait, au bas mot, 6000 camions bloqués, avec 140 000 tonnes de charbon dans les bennes, et 18000 chauffeurs attendant patiemment dans leurs cabines. Une rencontre fortuite avec un de ces camionneurs nous en apprend un peu plus sur ce monde. Ils sont trois par camion, roulent 24 heures sur 24, entre le Shaanxi (capitale Xi’an), et la cote est de chine.

Pourquoi venir du lointain Shaanxi, alors que le Shanxi est également très riche en charbon ?

« Les centrales thermiques préfèrent notre charbon qui contient moins de souffre que celui du Shanxi. Nous gagnons 2100 yuans par mois (240 euros), et avons droit à deux demi-journées de repos toutes les quatre semaines. Je ne vois ma famille que deux fois par an. Les contrôles de police sont permanents et les attentes interminables, ponctuées de tentatives de corruption, souvent réussies, pour passer des barrages. En nous arrêtant dans des routiers, nous échangeons des informations, de l’alcool, des filles, et - NDLR de la drogue peut-être ! - »

La population nomade qui vit à bord de ces chenilles mécaniques, au service du développement de la Chine, observe au jour le jour les changements rapides du pays et les écarts entre les sites de chargement, et ceux des livraisons. La vie de ces routiers du charbon aux yeux rouges de fatigue, n’est pas vraiment misérable ; mais elle dominée par une immense lassitude et le besoin permanent de sommeil, avec au fond du cœur l’angoisse permanente de l’accident.

Les paysages sont dévastés par l’industrialisation, les centrales thermiques, les mines, les autoroutes, les voies de chemin de fer. La population vit dans des fumées persistantes, les agressions continuelles du bruit, dans un tissu social éclaté, sans réelles perspectives. Le chemin sera long pour reconstruire cet environnement oublié, et redonner aux personnes l’espoir d’un avenir meilleur. Au milieu de ce cloaque, des Mercédès, des Porsche Cayenne, des Toyota.

Ce sont les montures modernes des nantis du pouvoir qui ne semblent venir dans ces régions ingrates que pour contrôler la situation de leurs affaires, s’assurer que les intérêts de leurs chefs sont préservés et toucher les dividendes des trafics. Il est indéniable que la construction des routes et voies ferrées est à mettre au crédit du gouvernement. Nous nous demandons cependant si le véritable objectif était de désenclaver ces régions ou de mieux exploiter une masse humaine, abrutie par des conditions de travail et de vie qui rappellent celles du XIXe siècle en Europe.

Yan’an

La ville mythique construite en Y, au confluent de deux fleuves asséchés, bastion du « pouvoir rouge » pendant des années, est devenue un résumé des problèmes de la société chinoise. Les anciennes demeures troglodytes sont toujours là, cachées par des barres de HLM, dans une ville sans âme, peuplée des migrants de toute la province, attirés par la renommée du site.

Ce qui frappe le plus dans cet ancien repaire révolutionnaire, c’est la taille des gens. Les fortes carences alimentaires des 50 dernières années en ont fait une tribu de pygmées. Déambulant dans la ville, nous avons l’impression de traverser un jardin d’enfants.

Mis a part les lieux de résidences de Mao, Zhu De, Zhou En Lai, Liu Shao Qi, tout le reste a été détruit. Les murailles que nous avions connues sont maintenant des voies de communication. Seuls restent les sanctuaires révolutionnaires, bien entretenus, avec des guides en uniformes, ressemblant à des majorettes, équipées d’un porte-voix.

Les bâtiments les plus impressionnants sont ceux de l’école du parti, ou défile régulièrement le gratin des cadres pour des séances de recadrage politique, à mi-chemin entre les anciennes séances d’autocritique et le lavage de cerveau de la propagande. L’ensemble architectural dédié à l’enseignement des canons politiques du régime se trouve à une portée d’arquebuse des lieux dédiés aux plaisirs des cadres en goguette. L’esprit révolutionnaire a disparu au bénéfice de la consommation, de la misère et de la spéculation affairiste. La vieille garde révolutionnaire, dont l’esprit hante encore ces lieux doit se retourner dans sa tombe.

Dans les rues bruyantes s’entassent tous les miséreux de la province qui voisinent avec les éclopés du charbon. Les deux rivières sont asséchées et leurs berges envahies par les ordures. L’eau ne fait plus son travail d’érosion et de transport des limons. C’est le vent qui l’a remplacée et qui dessèche tout. Mis à part le culte révolutionnaire et celui de la consommation, nous nous demandons sur quelles bases économiques fonctionne cette ville. La nomenklatura s’est approprié les mannes du charbon et du pétrole, l’agriculture, sinistrée par le manque d’eau, végète, et la plupart des produits de base sont importés d’autres provinces.

Yan’an, assoupie dans son passé révolutionnaire, se développe de manière chaotique, sans plan d’urbanisme. Balayée par la poussière, elle s’asphyxie doucement sous le poids des migrants, faute d’un véritable projet qui permettrait d’intégrer ces déracinés qui fuient la misère de leur campagne. La municipalité ne semble intéressée que par la mise en valeur des musées révolutionnaires, séparés par de larges avenues, où se croisent les voitures de luxe des cadres locaux ou de leurs amis venus de la côte. avec B. De Lalande. (à suivre)

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Par yty
Les deux faces de la Chine (1ère partie).

Je rentre d’un séjour d’un an à Baoding où j’enseignais le français à l’Université du Hebei. Je me permets donc de commenter les premiers feuillets de ce récit de voyage.

Beijing - Baoding, 280 km

Très belle autoroute, revêtement parfait pas de circulation. Nous longeons le projet de grand canal, qui doit alimenter en eau la région de Pékin Les travaux sont manifestement stoppés. Plus d’ouvriers, pas de mouvements de camions. Les cimenteries aussi sont arrêtées Qu’insinuez-vous ? Avez-vous pu obtenir des informations et non des suppositions sur l’avancement des travaux ? Est-il choquant que des tranches de travaux sur un ouvrage de plus de 1000 km soient achevées avant d’autres ? A quel kilométrage de l’autoroute avez-vous aperçu ce canal ? S’agit-il bien de l’itinéraire central ? Avez-vous fait un détour qui justifie que les 140 km qui séparent Baoding de Pékin doublent dans votre décompte ? . Baoding, date de la dynastie des mings. Ancienne capitale provinciale, elle était reliée par des canaux à Tianjin. Lors de la guerre avec le Japon ces derniers avaient servi de tranchées pour l’armée rouge qui s’y était repliée. L’armée nippone avait eu du mal à l’en déloger.

Les vieilles murailles entourant la ville ont disparu, pas toutes, il en reste une partie, restaurée, au sud-ouest de la ville, contre le zoo. Les fossés remplis d’eau ont été conservés et sont progressivement nettoyés remplacées par les stigmates de l’industrialisation à marche forcée c’est à dire, je ne vois pas ? Les murailles ont été remplacées comme à Pékin ou Paris par des boulevards périphériques et le nouvel urbanisme chinois taillé au carré l’ancien urbanisme chinois était aussi taillé au carré, quel est votre problème avec le carré ?, à l’esthétique douteuse les gouts les couleurs..., moi je trouve l’urbanisme de Baoding plutôt original, varié, coloré et surement beaucoup plus soigné que celui de nombre des banlieues françaises. La ville se veut la « capitale chinoise du solaire ». De fait, la nouvelle vague écologique et le mimétisme commercial des Chinois aidant, la capacité de production de panneaux solaires de cette région est aujourd’hui deux fois supérieure aux besoins du marché mondial. Ah ? Ils seraient vraiment cons ces Chinois. D’où tenez-vous vos chiffres ? Moi je n’ai trouvé que cela : les industriels chinois en passe de dominer le marché mondial.

Baoding est en fait une ancienne base industrielle militaire reconvertie dans les panneaux solaires, financés par des sociétés offshore, mais toujours contrôlées par l’armée chinoise. On y fabrique aussi des matériaux synthétiques entrant dans la composition d’armes vendues dans le monde entier, notamment dans les zones de conflit j’espère que vous êtes aussi intraitable et pointilleux avec l’industrie de l’armement français !.

Le nuage de pollution qui plane au dessus de la ville donne au paysage l’aspect d’un décor de film catastrophe. Vraiment ? Pour avoir habité un an dans cette ville, je peux assurer que la durée d’ensoleillement y est plus importante qu’à Paris. Il ne faut pas confondre brouillard et pollution même si l’un aggrave l’autre. Je n’ai jamais eu le sentiment de vivre dans un décor de film catastrophe. D’autre part, la ville possède un plan d’urbanisme rigoureux et est aux antipodes des villes de pays en développement. L’air de la ville n’est certainement pas exemplaire en qualité mais il s’est beaucoup amélioré de l’avis même des habitants, grâce à la fermeture de l’usine qui produisait les films photographiques Lucky. Personnellement, j’ai trouvé que Baoding était une ville agréable où il fait bon vivre. Toutes les voies sont arborées et comportent de part et d’autres de larges pistes cyclables, très utilisées. Comme dans toutes les villes chinoises, les motos - cette plaie sonore de nos villes et de l’Asie du Sud-est - y sont interdites. Comme ailleurs en Chine, on y trouve une très forte densité de vélos, électriques ou non. Pour une ville d’un million d’habitants, on y circule plutôt bien. Le système de bus est particulièrement pratique, efficace et bon marché. Les taxis n’y sont pas un luxe comme en France. L’achèvement récent du troisième « périphérique » devrait améliorer la fluidité. Concernant le solaire, la ville a fait de nombreux efforts. Ca a presque l’air de vous chagriner. Pratiquement tout l’éclairage public ainsi que la signalisation marchent au solaire, par des petits capteurs posés sur les équipements. Tout cela fonctionne remarquablement bien et ne souffre pas de vandalisme. De nombreux immeubles récents sont équipés de panneaux, mais ça on le voit aussi dans toutes les régions jusqu’au Yunnan. Enfin, sur le plan historique, Baoding n’a pas tout sacrifié au modernisme. Elle a conservé, entre autres, sa mosquée du XVIIe s, son grand temple bouddhique, sa tour de la cloche, son jardin du Lotus - l’un des plus anciens jardins de Chine du Nord - son église de 1905, et l’immense palais à cours du gouverneur. Tous ces édifices sont ouverts à la visite et rendus au culte.



puce Site indiqué : Les traces de l’ancienne Baoding
Par yty
Les deux faces de la Chine (1ère partie).

Baoding - Shijiazhuang, 150 km

Toujours la même autoroute, avec en prime une vue sur les montagnes de l’Ouest totalement détruites vous n’avez pas un peu l’impression d’exagérer ? par des carrières de matériaux de construction, qui, depuis 50 ans, alimentent la province du Hebei et la capitale. Shijiazhuang ne comptait plus que 1000 habitants en 1900, dont 20 français qui construisaient avec des belges, la future ligne de chemin de fer Pékin Wuhan, financée par l’emprunt russe. Évidemment, Shijiazhuang est une ville nouvelle des années 50, qui doit son essor à son élévation au rang de capitale provinciale du Hebei vers 1970. La ville historique se trouve à 30 km au nord. Elle s’appelle Zhengding. Conservée, restaurée, parfois reconstruite à l’ancienne, elle est devenue le fleuron du tourisme régional. Elle possède une bonne partie de ses murs et sa porte sud ainsi que plusieurs très belles pagodes et temples.

Elle aussi a subi les affres de la modernisation sans scrupules heureusement que l’on a modernisé sans scrupule la ville des années 50 qui n’était guère reluisante, d’autant que la ville compte 10 millions avec sa banlieue désormais ! Devenue un nœud ferroviaire et routier au cœur d’un réseau emprunté par les interminables convois de charbon venant des deux provinces minières du Shanxi (capitale Taiyuan) et du Shaanxi (capitale Xi’an), Shijiazhuang a remplacé ses pagodes et ses deux lions de bronze pour les pagodes, voir Zhengding par d’imposantes centrales électriques qui alimentent les grands centres urbains du nord et de l’est. La production de coton, fierté de la province il y a encore 30 ans, a périclité, à cause du manque d’eau vu les cours mondiaux du coton, je trouve plutôt intelligent d’avoir sacrifié cette culture gourmande en eau au profit de la population et de l’industrie.

En conclusion, je trouve ce récit très mal informé et absolument pas documenté, ce qui me fait douter de l’honnêteté des feuillets à venir. Je n’ai pourtant aucune vocation à défendre la Chine, mais il me semble que les Chinois méritent autre chose que ce ton ressasseur et méprisant. Oui, la Chine a des défis majeurs environnementaux, sociaux, politiques à relever, elle le sait et n’a pas besoin de nos caricatures grotesques. Chine.net nous a habitués à des articles plus sérieux que de vagues impressions de voyage mal documentées.



puce Site indiqué : quelques photos de Zhengding
Par Nichelema
Les deux faces de la Chine (1ère partie).
Un grand merci à yty pour son commentaire. On sent qu’il y a vraiment vécu. Comme lui je trouve le ton condescendant et déplacé. Cet article est un ramassi de clichés. On se croirait dans Pékin Express.
Par Richane
Les deux faces de la Chine (1ère partie).
Merci beaucoup à yty d’avoir corrigé quelques unes des erreurs parmi les plus grossières contenues dans cet article.


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