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Branle-bas au ministère de la santé

Le 6 avril dernier, la Chine a annoncé un plan de réforme de son système de santé qui entérine la faillite d’une politique rampante de privatisation commencée dans le milieu des années 80, et aggravée par une implication insuffisante de l’Etat, dont les dépenses de santé publique représentent seulement 5% du PIB, contre en moyenne 9% dans les pays de l’OCDE.

La réforme qui était annoncée depuis plusieurs années a été présentée par le ministre de la santé Chen Zhu, hématologue formé à Paris. Ce dernier est aussi l’un des deux ministres non communistes du gouvernement nommés en 2007 - l’autre est Wan Gang, ministre des sciences et des technologies. Il a la très lourde responsabilité de renflouer un système à ce point à la dérive que près de 50% des malades renoncent à se faire soigner faute d’argent, tandis que la persistance des endémies graves comme la tuberculose ou la grippe aviaire signale les insuffisances de la couverture médicale dans les campagnes. Sans parler des dérives commerciales et des trafics qui touchent à la fiabilité des médicaments et à la qualité des soins dans les hôpitaux.

Enfin la réforme est d’autant plus urgente que le plan de relance de l’économie repose en partie sur l’espoir d’un décollage de la consommation intérieure. Or chacun sait en Chine que cette dernière n’augmentera pas sans un système de soins et d’assurance maladie accessible à tous.

Peu de détails ont été rendus publics hormis des chiffres, des délais, quelques objectifs quantitatifs et un principe général qui met l’accent sur la prévention. Près de 900 milliards de RMB seraient investis dans la réforme d’ici 2011 - dont la moitié est à la charge des provinces. Ce budget devrait permettre de construire 7000 hôpitaux, dont 2000 à la campagne, 5000 à la périphérie des grandes villes et 30 000 centres de soins dans les villages. Le ministre Chen a également décidé de mettre en place un dispositif de surveillance visant à contrôler la qualité de l’accueil des personnes démunies qui se présentent aux soins sans argent, ce qui représente près de 30 millions de malades. Le comité, qui jouera le rôle d’un comité d’éthique, fixera également les prix des médicaments de base et devrait s’appliquer à éradiquer les dérives commerciales ainsi que les corruptions telles que la surfacturation des soins par les médecins et les pots de vins versés par les groupes pharmaceutiques. Enfin Chen Zhu annonce que d’ici à 2011 la plupart des Chinois bénéficieront d’une assurance maladie, contre seulement 30% aujourd’hui.

Les groupes pharmaceutiques et les fabricants d’équipements médicaux se réjouissent de la manne qui s’annonce, mais des voix se sont déjà élevées pour mettre en doute le réalisme du plan. Au ministère des finances on ne croit pas que la réforme puisse être en place avant 2020 au plus tôt. Ailleurs on doute de l’efficacité de l’organisation même de la réforme. Celle-ci prévoit de mettre l’accent sur la prévention, la santé mentale (aujourd’hui balbutiante) et la médecine prénatale - autant d’actions qui supposent la mise en place d’équipements coûteux ainsi qu’un effort particulier de formation. Le plan se heurtera aux enchevêtrements d’une bureaucratie tentaculaire avec ses 20 structures administratives, souvent mal coordonnées, parfois rivales, qui sont impliquées dans la réforme.


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