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Bras de fer social à Dongguan et dans le Jiangxi. Le dévoilement des très anciennes omertas et connivences

Depuis le 14 avril une fièvre sociale monte à nouveau dans la région de la rivière des perles, l’un des cœurs emblématiques de l’usine du monde, dans la province de Canton, l’une des plus peuplées de Chine avec 110 millions d’habitants et, depuis un quart de siècle aussi la plus riche, dotée de 6 aéroports, dont 3 de classe internationale, avec un PNB voisin de celui de la Turquie. Récemment, la contestation qui a d’abord éclaté à Dongguan, situé à 80 km au nord de Hong-Kong, dans les ateliers de chaussures du groupe Yue Yuen, filiale du Taïwanais Pou Chen basé à Taichung, s’est étendue dans un autre usine du groupe, dans le district d’Anfu au Jiangxi, à 500 km au nord.

Le groupe Yue Yuen lui-même dont les usines de Donguan emploient 40 000 ouvriers, a été créé en 1969 à Hong Kong où il est coté en bourse. En plus de 45 ans d’exercice il s’est affirmé comme le n°1 mondial de la chaussure de sport. Avec une production 300 millions de paires par an, il est le sous traitant des grandes marques mondiales comme Nike, Adidas, New Balance, Timberland, Rockport, ou plus localisées comme Airness (France), Li Ning (Chine) ou Diadora (Italie).

Attisée par l’évolution socio-économique du pays confrontée à la fois à la plus grande pugnacité de la main d’œuvre et aux affres de la compétition mondialisée, comme aux exigences d’une meilleure rentabilité, la grogne sociale qui se développe dans les provinces de Canton, du Jiangxi et du Hubei met à jour un enchevêtrement de dysfonctionnements qui dépassent de très loin la question des salaires.

Elle renvoie, entre autres, aux conséquences de l’ajustement du modèle de croissance, à la vieille connivence des affaires et de la politique, à l’exigence d’un système social plus efficace et enfin, assez peu évoqué dans les commentaires, au vaste problème de l’intégration des migrants qui furent les soutiers du miracle chinois. Par dessus tout surnagent les réflexes répressifs qui tentent de retarder la mise à jour des contradictions socio-économiques et des désinvoltures de la connivence patrons-cadres locaux, à l’origine du conflit.

Lire notre article Les migrants relèvent la tête.

Photo Dongguan, des milliers de policiers ont été déployés pour débloquer les rues encombrées par les grévistes.


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