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Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes

La relation entre la Chine et le Japon n’a jamais été complètement apaisée depuis la fin de la guerre et les analyses s’épuisent à en déchiffrer inlassablement les hauts et les bas, tout en répétant à quel point les peuples ne veulent pas la guerre, combien les deux économies sont complémentaires et irrémédiablement liées, tandis que chacun voit bien qu’une aggravation des crispations serait dommageable, non seulement pour les deux voisins, mais également pour toute l’Asie, peut-être pour le monde.

Le 19 janvier, « The Economist » faisait état de la montée des tensions, attisées par des flambées cocardières de part et d’autre, ponctuées par des accès de pessimisme guerrier. L’article commençait par une constatation alarmante : « La Chine et le Japon glissent vers la guerre ».

A l’appui de son inquiétude, l’auteur reprenait quelques emphases militaristes des journaux chinois, comme celles du China Daily qualifiant le Japon de « danger pour le monde », ou celle du Global Times : « un dérapage militaire est maintenant plus probable. Il faut nous préparer au pire ». Dans ce contexte, c’est un euphémisme de dire que Washington, qui vient de multiplier les démarches pour calmer le Japon, observe ces développements avec inquiétude. Mais le pire n’est jamais sûr.


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Par Anonyme Le 23/01/2013 à 21h59

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Très bon article de fond sur les tensions Chine-Japon.

Suggestion : vous pourriez le mettre à jour en mentionnant les dernières déclarations d’Hillary Clinton prenant clairement position en faveur du Japon dans les conflits des îles Senkaku, qui ont évidemment irrité Pékin.

Par La rédaction Le 24/01/2013 à 23h51

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Merci de votre appréciation. La passe d’armes entre Hillary Clinton et le MAE chinois est mentionnée dans la dernière brève, page 5. Mais je crois qu’il est – pardonnez moi – un peu excessif de dire que Hillary Clinton « a clairement pris position en faveur du Japon ». En réalité elle a rappelé que Washington ne prenait pas partie dans les querelles de souveraineté.

C’est aussi la position officielle américaine en Mer de Chine du sud, même s’il est vrai que l’engagement militaire (manœuvres conjointes avec les Philippines et le Vietnam) suggère le contraire. Il est vrai que ce positionnement anti-chinois est facilité par l’extravagance des revendications de Pékin dans cette zone.

S’agissant de l’archipel de Diaoyu / Senkaku, les arguments de Pékin et de Tokyo sont, à notre avis, sujets à contestation. Pékin s’appuie sur une disposition du droit de la mer qui permet d’étendre la zone économique exclusive au-delà des 200 nautiques, jusqu’aux limites du plateau continental, mais qui ne peut être appliquée en cas de litige. Et Tokyo prend prétexte du fait que le Japon occupe et administre les îles sans discontinuer depuis 1895. Ce qui manque de pertinence.

Enfin, il serait prudent de ne pas considérer que les Etats-Unis se placent systématiquement du côté du Japon. Récemment, ils ont, au contraire, exercé une pression constante pour que Tokyo se calme et accepte de négocier. Aucun homme politique américain sérieux ne voudrait se laisser entraîner par Tokyo dans un conflit avec la Chine. Quand à Pékin, sa relation avec le Japon reste marquée par l’ambiguïté et la crainte que Tokyo ne s’émancipe de son statut d’état vaincu et repentant, qu’il s’éloigne des Etats-Unis qui le contrôlent et cherche à s’affirmer politiquement par lui-même dans la sphère asiatique comme un concurrent de la Chine pour le magistère en Asie.

Autant dire que l’un et l’autre ont encore un gros travail à faire sur eux-mêmes pour apaiser leur relation et coopérer sans arrière-pensée. Une évolution qui serait sans aucun doute dans leur intérêt, puisqu’un Japon désinhibé pourrait réclamer la fermeture des bases américaines, ce qui serait dans l’intérêt objectif de la Chine. La question est de savoir si au fond c’est bien ce que veut la direction politique du régime à Pékin.

Par HanKuang Le 27/01/2013 à 06h09

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Une remarque quant l’épisode que, vous, et la presse en général, ont répété ad nauseam, selon lequel, des intercepteurs de la région continentale se seraient dirigés vers les Diaoyu, en réaction à « 2 F-15 japonais ayant pris en chasse un appareil [de la région continentale] en mission de reconnaissance au-dessus de l’archipel ». Reuters, ainsi que l’AFP, ont rapporté une autre version : un avion de patrouille maritime Y-8X à la hauteur de champs pétrolifères au large du Zhejiang serré de près par deux intercepteurs nippons, ce qui a contraint la région continentale à y envoyer, à son tour, deux J-10.

Quant à la dernière « flatulence » de Mme Clinton, vous avez bien posé, certes sans entrer dans les détails d’un dossier particulièrement complexe, la position difficile des États-Unis à cet égard, obligés de ménager, d’une part, leur protégé régional, le Japon, et, de l’autre, la région continentale de la Chine (中国大陆地区), dont ils voudraient, malgré tout, en faire un partenaire mondial.

Enfin, votre tour d’horizon gagnerait à traiter, non point du rôle de la region taiwanaise de la Chine (中国台湾地区) dans ce litige envers le Japon, mais de la coopération de facto entre les « deux régions d’une seule Chine » (“一中两区”, dixit Ma Yingjiu, le président du Parti Nationaliste Chinois) face à celui-ci.

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