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›› Editorial

Chute de la demande de crédits, vulnérabilité de l’immobiler, obstacles aux réformes et risques économiques

La chute de la demande de crédits en juillet traduit un ralentissement de l’économie qui survient en même temps que l’affaiblissement de l’immobilier. Photo Les Echos.

Décidément depuis le milieu des années 2000 la Chine inquiète dans tous les cas. Soit qu’on la considère comme une puissance irrésistible capable de détrôner les États-Unis et de refonder l’ordre du monde ; soit qu’on s’alarme d’une possible crise politique et économique interne dont les effets se feraient sentir partout sur la planète. Récemment une note de l’Institut Paulson fondé en 2011 par l’ancien secrétaire américain au Trésor, expliquait que si la Chine ne parvenait pas à mettre œuvre les réformes nécessaires pour revitaliser son économie, son échec aurait des conséquences globales.

Chute brutale de la demande de crédits.

Dès lors on ne s’étonnera pas que les fluctuations de ses indicateurs économiques soient analysées à la loupe, même si chacun sait que les chiffres officiels sont approximatifs. Quand les variations sont inhabituelles elles déclenchent des avalanches de commentaires en Chine et hors de Chine.

C’est ce qui vient de se passer à la parution le 13 août du chiffre des crédits alloués par le système financier chinois en juillet, en chute brutale par rapport à celui de juin et tombé à son plus bas niveau depuis 2011. Selon la Banque Centrale, l’agrégat des crédits alloués en juillet n’étaient que de 273 Mds de Yuans (33 Mds d’€ ou 44 Mds de $) soit 7 fois moins qu’en juin, tandis que, toujours selon la Banque Centrale, les engagements sociaux de l’État étaient retombés au niveau de 2008.

Pour rassurer les observateurs et les marchés, la Banque Centrale a publié un communiqué explicatif de deux pages reconnaissant la chute brutale des crédits attribués à la baisse de la croissance, à la contraction de la valeur des dépôts et à la prudence des banques dont le taux de créances douteuses augmente depuis 11 mois consécutifs. En même temps, Zhou Xiaochuan expliquait que le crédit serait à l’avenir maintenu à un niveau raisonnable et stable tout en appelant à ne pas fonder les appréciations de la situation de l’économie chinoise sur les seules observations de court terme.

Faiblesse durable du marché immobilier.

Il est en effet beaucoup trop tôt pour conclure à l’imminence d’une crise ou pour anticiper avec précision le niveau de la croissance 2014. La chute de la demande industrielle à l’origine de la contraction temporaire de la masse des crédits n’est pas un phénomène nouveau et il est probable que les chiffres d’août seront meilleurs. Mais cette fois, le symptôme survient au milieu d’une inquiétude générée par la faiblesse du marché immobilier. Celle-ci se traduit par le ralentissement des transactions, la baisse des prix et un niveau de constructions nouvelles très éloigné des frénésies d’il y a 5 ans qui engloutirent une part importante de la relance financière de 2008.

Du coup les analystes se demandent si la secousse n’indique pas une rupture préoccupante de la machine qui relie la croissance de l’économie au large secteur de l’immobilier et de la construction dans lequel nombre d’administrations provinciales ont investi à des hauteurs qui – pour ne citer que les 10 provinces les plus impliquées -, vont de 35% de leur budget pour l’île de Hainan à 16% pour le Sichuan, en passant par une moyenne de 20% pour Chongqing, le Zhejiang, le Yunnan, le Guizhou, le Fujian, le Liaoning, le Ningxia, et l’Anhui. (China Business News).

Les pouvoirs locaux sur la sellette.

Alors que les autorités tentent d’insuffler au pays un nouveau modèle de croissance plus centré sur l’innovation, la qualité, la fin du gaspillage, le recul de l’influence des grands groupes, le dynamisme des PME, une meilleure utilisation du capital, plus d’attention portée à l’écologie et à la santé des budgets locaux, la survivance dans les finances provinciales de la prévalence de l’immobilier sans aucune valeur ajoutée politique, économie et sociale à quoi s’ajoute le retour des crédits toxiques des banques souvent nourries par les emprunts des administrations provinciales, pose une question de fond : celle de la discipline, de la loyauté et des capacités gestionnaires des responsables de province dans le processus de réformes en cours.


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