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›› Taiwan

Désarrois politiques, querelles idéologiques et rivalités partisanes

Le deuxième mandat du Président Ma Ying-jeou n’est pas de tout repos. Depuis l’investiture, le paysage politique taïwanais est en effet agité par une série de controverses qui vont de graves affaires de corruption à une récente et très violente querelle parlementaire sur fond de graves rivalités internes au Kuomintang (KMT), en passant par le différend public sur l’énergie nucléaire et un scandale disciplinaire dans l’armée.

Le Parti Indépendantiste (DPP ou Minjindang 民 進 黨), dont les bases de sa nouvelle politique chinoise sont loin d’être assurées, tente de tirer profit des difficultés du KMT. Mais, en pleine remise en question stratégique à propos de ses relations avec Pékin, il est lui aussi menacé de division et ne semble pour l’instant pas en mesure de tirer profit de l’affaiblissement du vieux Kuomintang.

La controverse constitutionnelle qui secoue la classe politique, le KMT et le Yuan législatif prend l’allure d’un dialogue de sourds alimenté par le DPP, lui-même aux prises avec la quadrature du cercle de ses relations avec le Parti Communiste Chinois.

Ce dernier, décidément capable d’une grande souplesse tactique, clé de sa politique de rapprochement, elle-même marchepied vers la réunification, affirme vouloir engager un dialogue avec toutes les strates de la société taïwanaise, mais refuse évidemment que celles-ci se réclament de l’indépendance de l’Ile. Depuis l’automne 2012, il prête une oreille attentive à Frank Hsieh Chang-ting, ancien premier ministre, adepte d’un assouplissement de la position indépendantiste du Minjindang.

On peut aussi se demander si la guérilla institutionnelle engagée par le DPP contre le Kuomintang (KMT) fragilisé par une série de scandales n’est pas une manœuvre évasive des Indépendantistes pour faire oublier leur principal talon d’Achille pour la présidentielle de 2016 : l’incapacité à définir, en dépit de leurs efforts, une politique chinoise crédible.

Cette diversion de politique intérieure se double aussi d’une récente prise de position forte sur les questions de défense, dont le but est de rassurer les Américains en présentant le DPP comme un parti de gouvernement responsable, capable de prendre à son compte le fardeau d’un budget militaire plus important.

Les efforts pour augmenter la fiabilité du DPP sur le thème de la sécurité de l’Ile ont récemment été facilités par le scandale du décès le 4 juillet dernier du caporal Hung Chung-Chiu à la suite des mauvais traitements disciplinaires infligés par les cadres de son unité.

L’affaire qui provoqua des protestations de plusieurs dizaines de milliers de sympathisants à Taipei, fut aggravée par la démission de deux ministres de la défense en moins d’une semaine. Alors que Kao Hua-chu mis en difficulté par la mort du caporal, avait démissionné le 31 juillet, Andrew Yang son successeur, accusé de plagiat universitaire, quittait à son tour le ministère le 6 août.

Pour le KMT, ces deux défections sont malvenues, dans un contexte politique très ébranlé où le taux de satisfaction des électeurs pour le Président Ma Ying-Jeou est, selon un sondage récent conduit par TVBS, tombé à l’étiage catastrophique de 11%. A quoi s’ajoute le souvenir néfaste du départ du ministre des finances Christina Liu démissionnaire quelques semaines après le début du 2e mandat. Le ministre avait jeté l’éponge à la suite de l’opposition des parlementaires de son propre parti en rébellion contre une réforme fiscale pourtant soutenue par Ma lui-même.

La défection de Christina Liu mise en minorité sur un projet fiscal phare de Ma Ying-jeou fut une gifle politique pour le Président resté à la tête du KMT. Elle fut suivie par le scandale encore plus embarrassant de l’arrestation dans les locaux mêmes de la présidence du Secrétaire Général du Yuan Exécutif, Lin Yi-shih condamné le 30 avril à 7 ans et 4 mois de prison pour corruption.

Note : La photo montre la manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes devant la Présidence de la République le 3 août 2013 pour protester contre la mort d’une jeune recrue de 24 ans, à la suite de mauvais traitements infligés par l’encadrement de l’unité où il accomplissait son service militaire. L’affaire a obligé le Président Ma Ying-jeou à présenter ses excuses. Elle a provoqué la démission du ministre de la défense et la mise en examen de 18 officiers et sous-officiers.


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