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Embardées verbales à l’ONU. Pékin inquiet et à bout d’arguments réagit avec placidité

Des acteurs divisés.

Vladimir Putin et Xi jinping, le 4 juillet dernier à Moscou avaient annoncé une série d’accords commerciaux et industriels d’une valeur totale 10 Mds de $. Sur la question nord-coréenne les deux sont radicalement opposés à la stratégie du « tambour de guerre » de D. Trump qui en revanche recueille l’appui de Tokyo.


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Mais Washington et Tokyo, ne sont pas en phase avec Pékin et Moscou. Constatant au contraire que l’application des sanctions par la Chine qui précisément tire profit des marges humanitaires pour poursuivre les livraisons, n’est pas efficace, ils préconisent un durcissement des embargos.

Après le survol de l’archipel nippon le 29 août et le 15 septembre derniers par 2 missiles tirés par Pyongyang, Shinzo Abe décidait le 25 septembre, une élection anticipée pour s’assurer, dit-il, du soutien populaire dans la gestion de la crise nord-coréenne.

Alors qu’il bénéficie d’une relative embellie dans les sondages et que l’opposition est éclatée, il a exhorté les Japonais à ne pas céder aux menaces nord-coréennes. Complètement en phase avec D. Trump, prenant le contrepied de la Chine et de la Russie et malgré les hésitations de Séoul, il a plaidé pour des sanctions plus dures, rappelant que le dialogue et la diplomatie n’auront aucun effet sur la Corée du nord, soulignant aussi, par une remarque adressée à Pékin, l’importance d’une communauté internationale unie dans les pressions contre le régime.

Avec Tel Aviv, New-Delhi, Hanoi, Tokyo et quelques autres réfutent les accusations ayant accablé Trump après son discours du 19 septembre.

Comme le général Michael Hayden qui commanda la commission d’armistice à Séoul avant de prendre la tête de la NSA puis de la CIA, ils ne renvoient pas dos à dos Pyongyang et Washington affublés sans nuance de folie partagée également nuisible par un courant de pensée cherchant un bouc émissaire à l’absurde.

Contrairement à ceux qui accusent la Maison Blanche d’agir de manière irrationnelle, ils estiment que l’actuel exécutif américain tente une solution de la question coréenne en acceptant un niveau de risque plus élevé que par le passé et en ciblant Pékin dont, disent-ils, l’attitude ambigüe a jusqu’à présent réduit l’efficacité des sanctions.

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Toujours placide, la Chine a cependant exprimé son inquiétude, en expliquant en détail comment elle entendait se conformer aux injections de l’ONU lui imposant de réduire ses exportations de pétrole et de produits dérivés à Pyongyang. Le 23 septembre, après avoir rappelé qu’il avait imposé un embargo total sur le gaz naturel et les textiles, le ministère du commerce a annonçait qu’à compter du 1er janvier 2018, il limiterait ses exportations annuelles de pétrole à 2 millions de barils.

Le communiqué précisait en outre que, lorsque les livraisons approcheront de la limite fixée, Pékin fera un point public de la situation. Une fois le plafond atteint, il cessera complètement ses livraisons de pétrole et de produits raffinés. Le 27 septembre, Wilbur Ross le secrétaire d’État au commerce de D. trump se félicitait des mesures annoncées par Pékin dont il considérait qu’elles étaient « un pas de géant ». La remarque faisait également allusion aux récentes injonctions de la Banque de Chine aux banques commerciales de cesser leurs opérations avec Pyongyang.

Il reste qu’en dépit de cette nouvelle transparence et conscients que près de 90% du commerce extérieur nord-coréen se fait avec la Chine, les observateurs restent sceptiques.

Par le passé, les avis publiés sur ce sujet, dans les médias du régime divergeaient. En avril 2017, le Global Times avait déjà avancé l’idée d’un embargo total sur le pétrole en représailles des provocations nord-coréennes. Mais, récemment, après le 6e essai nucléaire, le même Global Times considérait que la mesure serait trop brutale et peut-être inefficace. « Il n’est pas certain », disait l’article, « que même l’arrêt complet des livraisons parvienne à faire plier le régime ».

Pékin et Pyongyang au bord de la rupture ?

Entre Pyongyang et Pékin les signes d’un relâchement des liens sont nombreux. Outre que Xi Jinping n’a jamais accueilli Kim Jong-un en Chine, Pékin qui craint un dérapage de la situation, augmente ses pressions sur le régime. En même temps, soucieux de garder la main, dans une situation qui s’emballe, le dernier « tweet » de D. Trump ayant prédit la chute rapide de Kim Jong-un, le ministère des AE répète l’inanité des sanctions et milite pour une solution négociée dont les conditions ne sont cependant pas réunies.


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En même temps, l’auteur anticipait que, quoi qu’il arrive, la crise couvant entre Pyongyang et Pékin depuis plusieurs années éclaterait bientôt au grand jour, ce qui donnerait un tour nouveau au convulsions vieilles d’un demi-siècle, mais où chacun voit bien que la distance entre la Chine et son allié de la guerre froide ne cesse de se creuser. Si cette fracture dont les premiers craquements sont visibles depuis 2012 se produisait, confirmant les prévisions de l’auteur, la relation entre Pyongyang et Pékin aurait atteint la fin d’un cycle.

Après la période idéologique commencée avec la guerre de Corée achevée en 1992 par l’établissement des relations diplomatiques avec Séoul, la Chine avait tenté de ménager à la fois ses objectifs d’ouverture économique lancés par Deng Xiaoping et ceux de sa vision stratégique d’une Corée du nord État tampon d’une péninsule éternellement divisée, tenant l’armée américaine à distance de sa frontière.

Une rupture de Pékin avec Pyongyang fermerait ce cycle, laissant la Corée du Nord isolée face aux Américains dont, au demeurant, elle a, toujours considéré qu’ils étaient les seuls interlocuteurs pertinents pour mettre fin à la guerre par un traité de paix.


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