›› Politique intérieure
En route pour le 18e Congrès
[14 janvier 2012] • François Danjou
Le 1er novembre dernier le Comité Central a formellement lancé les procédures pour « l’élection - 选举 – Xuanju - » des 2270 délégués du 18e Congrès.
Ces derniers, répartis en 40 délégations (une pour chacune des 31 provinces et 9 autres représentant les organisations centrales du Parti, le gouvernement, les grandes entreprises publiques, les banques, l’APL, la police armée populaire, les Taïwanais, Hong-Kong et Macao), se réuniront en Congrès à l’automne prochain pendant une semaine.
Désormais organisé tous les 5 ans, l’événement, qui entérine les modifications et amendements de la constitution, constitue la plus importante échéance de la vie politique chinoise. Par le truchement du rapport du Secrétaire Général, œuvre collective et consensuelle, à laquelle participent également les anciens dirigeants à la retraite, il établit un bilan de l’action passée et définit les lignes directrices pour l’avenir du pays.
Par le niveau d’appréciations ou de critiques, il endosse, promeut ou au contraire récuse les idées et les actions des différents courants politiques et du gouvernement, contribuant par là même à faire ou défaire la carrière des hauts dirigeants du pays, dont la désignation est formellement entérinée à cette occasion.
Evidemment le terme « d’élections » utilisé par le communiqué du Comité Central du 1er novembre dernier est abusif. Le choix des élites suprêmes d’un système encore léniniste reste entièrement opaque, marqué par l’influence des clans et des chapelles, y compris celles des dirigeants à la retraite (comme Jiang Zemin, Zeng Qinghong ou Zhu Rongji), dont l’influence reste importante. Celle-ci s’exprime officiellement par des « recommandations » dites « démocratiques - minzhu tuijian民主推荐 - » qui désignent le Bureau Politique.
Il serait cependant erroné de croire que rien ne bouge et que le Congrès reste une simple chambre d’enregistrement au service d’un système figé. Depuis le 17e Congrès, la « démocratie interne » place les responsables face au risque d’être désavoués par un vote où les candidats sont plus nombreux que les sièges. En 2007, elle avait été appliquée pour la désignation du Comité Central (221 candidats pour 204 sièges). Certains réclament qu’elle soit étendue de manière proportionnelle à tous les niveaux de la machine du pouvoir.
Surtout, outre le fait que le Congrès réajuste la constitution, incorporant les avancées idéologiques majeures qui sont autant de tentatives d’adaptation, au demeurant pas toujours réussies, aux réalités de l’époque (voir en dernière page la note sur ces ajustements), l’échéance est aussi l’occasion d’intenses débats d’idées et de personnes, dont la force et la richesse éloignent progressivement le pays des anciens réflexes de secret, en partie sources de l’arbitraire et de la fracture entre le pouvoir et la société.
A bien des égards, la situation politique de la Chine est aussi marquée par ce conflit entre l’obsession d’opacité encore présente dans toutes les strates du pouvoir et le désir de transparence, corollaire incontournable de l’exigence moderne de responsabilité publique, irrésistiblement véhiculé et amplifié par Internet et les réseaux sociaux.
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