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Environnement : Les Etats-Unis et la Chine sont les deux grands pollueurs

L’environnement est à l’honneur et les pays émergents sont dans le collimateur. Jusqu’à présent ces derniers réclamaient un moratoire et un « droit à polluer » qui équilibreraient les dégâts provoqués depuis la révolution industrielle par les grands pays industriels développés.

Mais les alertes au réchauffement climatique, en même temps que l’accélération des pollutions et de la consommation d’énergie par les nouvelles puissances, dont le peloton est conduit par la Chine, ont changé la donne. En même temps, les Etats-Unis, qui restent le plus gros émetteur de gaz nocifs, refusent de s’engager tant que les « nouveaux pollueurs » et notamment la Chine, n’accepteront pas de participer aux efforts pour maîtriser les émissions d’oxyde de carbone.

En 2006, les émissions de CO2 des Etats-Unis et leur consommation d’énergie dans les secteurs du transport et du logement étaient encore au moins 4 fois supérieures à celles de la Chine. En revanche, dans le secteur industriel, la Chine a utilisé 3 fois plus d’énergie que les Etats-Unis et la tendance est en augmentation rapide. La situation est d’autant plus inquiétante que 70% de l’énergie chinoise provient du charbon. Il faudra encore longtemps avant que ce facteur grave de pollution, qui se nourrit à la fois de la croissance rapide, des gaspillages et de la dépendance de la Chine à l’égard du charbon, soit maîtrisé, les sources d’énergie alternative étant encore marginales.

Les 40 centrales nucléaires prévues pour 2020 (doublement du parc actuel) ne produiront guère que 4% des besoins. Et s’il est vrai que la Chine est aujourd’hui le 4e pays pour l’énergie éolienne, la capacité de production électrique par des centrales au charbon augmente chaque année 40 fois plus vite que celle de la capacité éolienne.

Cette rapide présentation fait ressortir que la clé des progrès à venir réside dans un accord, qui aurait valeur d’exemple, entre la Chine et les Etats-Unis. A eux seuls ces deux mastodontes, produisent en effet déjà 40% des émissions nocives. Si les tendances persistaient leur part dans la pollution mondiale grimperait assez vite à 50%. Autant dire que les efforts pour freiner la pollution de la planète sans la participation active de ces deux géants resteront vains. Or les marges de progrès sont considérables, en Chine d’abord : pour ne citer que ces deux exemples, une myriade de cimenteries et d’usines chimiques utilisent des équipements obsolètes, consomment 10 à 30% d’énergie de plus que les installations du même type au Japon. Aux Etats-Unis, ensuite, où le gouvernement fédéral sous influence, continue, comme en Chine, à contrôler le prix de l’énergie et à subventionner les producteurs de pétrole et de gaz.

Au-delà des positions figées décrites plus haut, les attitudes semblent évoluer. Récemment le gouvernement chinois qui vient de créer un ministère de l’environnement, a, lors de la conférence de Bali, suggéré qu’il pourrait réduire la croissance des émissions nocives de moitié d’ici 2020 et, à partir de là, parvenir à une réduction de 50% en valeur absolue des émissions en 2050. Si ces promesses se concrétisaient, la contribution chinoise serait déterminante. Certes il y a loin de la coupe aux lèvres, entre l’affichage édifiant et la mise en œuvre d’une politique efficace. On ne peut cependant pas nier la prise de conscience des pouvoirs publics.

Au fond, en face de cette question, Pékin et Washington sont dans une position inversée. En Chine la volonté politique existe, mais sans nier l’influence des industriels des secteurs polluants qui pèsent aussi sur la mise en œuvre des mesures efficaces, elle se heurte surtout à l’obstacle psychologique créé par l’ampleur des problèmes et le défaut d’expérience. Le tout dans un contexte où l’utilisation des nouvelles technologies propres commence à peine à pénétrer les esprits. Aux Etats-Unis, où l’expérience des technologies propres existe, déjà mises en œuvre efficacement dans plusieurs Etats, c’est la volonté politique fédérale qui semble faire défaut, bridée par l’influence des grands lobbies, dont certains n’hésitent pas à nier la gravité du problème.


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