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Eric Chu et Xi Jinping : grandes manœuvres électorales

Le 4 mai 2015 Eric Chu, nouveau président du KMT qui pour l’instant n’est pas candidat aux présidentielles de janvier 2016, a rencontré le président Xi Jinping. La première rencontre d’un président du KMT en exercice avait eu lieu entre Lien Chan et Hu Jintao en 2005. Depuis, les relations dans le Détroit ont explosé, mais les divergences politiques de fond ne sont pas résolues.

Début mai, à l’occasion du 10e forum économique et culturel de Shanghai qui réunit chaque année les deux rives du Détroit, Eric Chu, le nouveau président du KMT s’est rendu en Chine à la tête d’une délégation d’hommes d’affaires.

Le 4 mai, il a rencontré le Président Xi Jinping à Pékin. Il s’agissait de la première rencontre du Secrétaire Général du PCC avec un président du parti nationaliste en exercice depuis 2005, quand, à l’initiative du n°1 chinois Hu Jintao, Lien Chan avait à renoué les contacts avec le Parti communiste après une glaciation qui avait duré 60 ans.

Lire notre article Retrouvailles des frères ennemis, symboles et arrières pensées

Depuis, la situation dans le Détroit a radicalement évolué, marquée par le retour au pouvoir du KMT après les huit années de l’intermède indépendantiste et la signature de l’accord cadre ayant ouvert la voie à l’explosion des relations d’affaires et des contacts. Aujourd’hui, en dépit du coup de frein à l’accord cadre sur les services en mars 2014 et malgré la défaite électorale du KMT en novembre 2014, les liens dans le Détroit s’organisent de tous bords en Chine et dans l’Île de manière formelle ou informelle, y compris avec le Parti indépendantiste.

Visites croisées en amont des présidentielles.

Le contexte est qu’à Taïwan, la marche vers la présidentielle de 2016 conditionnée par la situation socio-économique interne, dépend aussi de l’obligation pour les partis politiques de montrer non seulement leur habileté à maintenir le statuquo de quasi indépendance de l’Île, mais également leur capacité à développer des relations apaisées avec le Continent.

En Chine où le parti communiste rejette sans esprit de recul le projet d’indépendance du DPP, l’approche de la question de Taïwan est également marquée par le souhait de multiplier les contacts et les relations d’affaires. Mais l’appétit pour les échanges se double de la volonté politique inverse de bousculer le statu quo politique et de créer par tous les moyens les conditions de la réunification.

Ainsi, la visite en Chine d’Eric Chu et sa rencontre avec le n°1 chinois ont-elle été entourées par d’autres voyages croisés sur le Continent et à Taïwan dont l’objectif affiché était le même : en amont des élections présidentielles, tenter de montrer l’aptitude aux relations apaisées dans le Détroit, avec cependant en arrière plan les agendas différents de la préservation de l’identité politique séparée pour les Taïwanais et, à l’inverse, l’approfondissement des relations commerciales pour le parti communiste chinois, avec, en ligne de mire, la réunification.

Les pronostics du scrutin présidentiel de 2016 restent aléatoires. Le KMT est fortement handicapé par une audience interne catastrophique, tandis que l’aptitude du DPP à développer des liens avec le parti communiste chinois et à garantir la stabilité de la situation dans le Détroit, souhait de la majorité des Taïwanais, est incertaine, même si, fin avril, un sondage a révélé que le parti de Tsai Ing-wen commençait à rallier des appuis en dehors de son électorat traditionnel.


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