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›› Politique intérieure

L’ANP, toujours compassée, sous les feux d’Internet et de la presse

La session annuelle de l’ANP, qui réunit près de 3000 délégués des provinces chinoises, et au moins deux fois plus d’assistants et secrétaires rassemblés par un vaste système de cooptation interne, entièrement contrôlé par le Parti, reste encore un exercice très conventionnel par lequel le régime présente son bilan, en même temps que la manière dont il entend faire face aux défis, qu’au demeurant il édulcore de moins en moins.

La session elle-même donne lieu à peu de controverses publiques sur les grands défis politiques, sociaux ou économiques et sur les choix stratégiques majeurs, pris dans le secret des enceintes opaques du régime. Directement tributaires du pouvoir exécutif des provinces et du Parti, les députés qui osent se mettre en travers des choix du pouvoir central sont encore rares, même si le Quotidien du Peuple a récemment souligné l’augmentation du nombre de votes d’opposition qui échappent au schéma de « la chambre d’enregistrement ».

Dans un système idéologiquement habité par le souci du consensus et le gommage des controverses internes, les décisions publiques et les ministres qui n’obtiennent qu’un taux d’adhésion de 70%, se trouvent aussitôt fragilisés, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils seront remis en cause. Sur ce point, le bilan sur près de 20 années met en lumière une jurisprudence qui ne plaide pas toujours pour l’efficacité de l’ANP.

En 1992 par exemple, la décision de construire le barrage des Trois Gorges, un des choix énergétiques majeurs du pays, promu par Li Peng, n’a jamais été remise en cause, en dépit du nombre impressionnant de votes négatifs ou d’abstentions (plus de 30%), ce qui, à l’époque, pouvait être assimilé à une fronde interne. De même en 2000, le travail de la cour suprême avait été jugé insuffisant par 530 députés, tandis que 306 autres s’étaient abstenus. Un taux de mécontents ou de sceptiques qui frôlait la barre fatidique des 30%. Ce qui n’a cependant pas conduit à plus d’indépendance du système judiciaire.

Récemment c’est Zhou Ji, le ministre de l’éducation, fragilisé par les ratages du système universitaire, qui fut mis sur la sellette par le comité permanent de L’ANP. Victime d’un des taux de satisfaction les plus faibles de tout l’histoire de l’Assemblée Nationale, qui reflétait la grogne des parents d’élèves, il perdit son poste trois années avant la date normale de sa mise à la retraite. Depuis, la question de l’éducation publique revient périodiquement dans les interventions publiques des dirigeants chinois. Déjà évoquée lors du discours du nouvel an, il y a un mois, elle sera encore l’un des thèmes majeurs de la session de l’ANP.


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