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La force irrésistible de l’activisme économique chinois

[3 juillet 2011] • Jean-Paul Yacine

Peu de territoires ont été autant convoités que Taïwan, par autant de pays éloignés les uns des autres, porteurs de cultures aussi différentes. Les Portugais, les Hollandais, les Chinois, les Français, les Japonais, et indirectement les Américains.

Aujourd’hui, au milieu des inquiétudes de nombre de Taïwanais qui craignent la puissante ombre politique de la Chine, Pékin anticipe que l’apaisement dans le Détroit lui ouvre l’opportunité unique de modifier la situation en sa faveur. Son activisme économique pour resserrer les liens dans le Détroit est en train de passer à la vitesse supérieure.

Formose, « la Belle Ile » des Portugais, devenue Taiwan la Chinoise, aujourd’hui rebelle et éternel enjeu.

« Oh ! Cette île de Formose ! Qui osera raconter les choses épiques qu’on y a faites, écrire le long martyrologe de ceux qui y sont morts ? Cela se passait au milieu de tous les genres de souffrances : des tempêtes, des froids, des chaleurs ; des misères, des dysenteries, des fièvres ». C’est ce qu’écrivait Pierre Loti, en rade de Makung dans l’archipel des Pescadores, le soir du 12 juin 1885, à bord de la Triomphante. Cette nuit même où se mourrait l’amiral Courbet, épuisé par ses longues campagnes en Extrême Orient.

Quand Courbet aborda les parages de Taiwan, l’Ile était chinoise depuis plus de deux siècles. Mais avant d’appartenir vraiment à l’empire mandchou, la « Belle Ile » fut d’abord conquise par un rebelle. Ce dernier l’occupa comme un refuge, après avoir guerroyé contre les envahisseurs mandchous qui venaient de renverser la dynastie Ming. Koxinga, que les Occidentaux se représentent volontiers comme un pirate, était déjà toute une histoire à lui tout seul.

Fils d’un marchand chinois qui écumait la Mer Jaune et d’une courtisane japonaise, il passa les première années de sa vie au Japon, avant d’étudier à l’université impériale de Nankin, puis de devenir l’ardent défenseur de la dynastie Ming contre l’envahisseur manchou en Chine du Sud et à Taiwan, qu’il enleva aux Hollandais en 1661, à la tête d’une petite armée de 20 000 rebelles.

Dix ans à peine après Courbet, Taiwan devint japonaise pour un demi-siècle, jusqu’à la défaite du trop arrogant empire du Soleil Levant. Avec Tchank Kai Chek, qui fuyait la nouvelle dynastie communiste, l’Ile, retrouvant sa vocation de refuge, redevint une rebelle et bientôt un enjeu.


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