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›› Technologies - Energie

Le développement accéléré de l’urbanisme vert

A Shenzhen, la zone dite de « basse pollution. »


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A Shenzhen, un immeuble de 8 étages dont 30% des murs sont à claires-voies propose une solution naturelle et originale pour préserver la fraîcheur sans air-conditionné. En pleine ville, dans un espace aménagé appelé « parc bas carbone 低碳园 - di tan yuan - » , des brumisateurs diffusent de l’eau vaporisée pour rafraichir l’atmosphère et dissiper la poussière. Partout en Chine surgissent, en marge des mastodontes polluants, des initiatives de ce style pour nettoyer l’air ambiant et réduire la consommation d’énergie.

Ces élans perceptibles dans nombre de villes sont le résultat de l’implication des bureaucraties locales, elles-mêmes « mises sur le pont » par des directives du Centre. La lutte contre la pollution est devenue une priorité et les résultats sont étonnants, articulés autour de réflexions pour redéfinir l’urbanisme chinois, responsable de la plupart des pollutions et des gaspillages. Ce nouveau concept de développement commencé il y a dix ans n’a, il est vrai, pas été mis en œuvre partout. Mais à Shenzhen les autorités se flattent d’avoir réduit la pollution de 50%.

Réduction de la pollution.

Les responsables du port de Shekou expliquent que les émissions ont été réduites par toutes sortes de petites améliorations telles que l’obligation pour les porte-conteneurs de couper leurs moteurs quand ils se présentent à l’entrée du port, l’énergie leur étant fournie par un câble électrique ; ou encore la généralisation des bus électriques ; les points carbones attribués aux usines intramuros et la fermeture progressive des usines les plus polluantes.

Mais, ajoute un responsable local du bureau de l’environnement, interviewé par la BBC, le plus efficace sont les nouvelles réglementations dont l’application stricte est contrôlée par des équipes d’inspecteurs qui sanctionnent sévèrement les contrevenants. La publication des relevés de pollution par quartier et par usine fait le reste. Aujourd’hui, contrairement à ce qui se passait encore il y a quelques années, les polluants rejetés par les usines sont analysés heure par heure et les résultats publiés. La mesure est bien acceptée et contribue à améliorer la confiance des organisations de lutte contre la pollution et de la société civile.

A Shenzhen, le bâtiment de l’Institut sur la recherche des techniques de construction (深圳建筑研究所) est un exemple d’architecture durable, économe en énergie et respectueux de l’environnement. Incorporant une quarantaine de technologies favorisant la réduction des coûts de construction (matériaux recyclés), la basse consommation (éclairage LED, ventilation naturelle, collecte de l’eau de pluie) il comporte des zones décloisonnées et paysagées, des jardins suspendus, des zones de loisirs aérées et ombragées par de vestes ensembles de plantes.

Le boom de l’architecture verte.

Brumisateurs urbains à Shenzhen.


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En Chine le développement de l’architecture verte a commencé plus tard qu’en Amérique du nord et en Europe, mais depuis 2012, l’implication active des pouvoirs publics a accéléré le processus. La publication par les ministères des finances du logement et de l’urbanisme de directives pour l’accélération de « constructions vertes » 关于加快推进中国绿色建筑发展的实施指南, prévoyant l’attribution d’une subvention de 45 à 80 Yuan/m2 pour les constructions plus performantes, à quoi se sont ajoutés des subsides des administrations locales, ont donné un coup de fouet au secteur.

Début 2013, la Commission pour la Réforme et Développement publiait son plan d’action de constructions vertes 绿色建筑计划, stipulant qu’à partir de 2014, tous les nouveaux bâtiments publics, y compris les stades et les hôpitaux, devraient répondre aux normes environnementales standard, les résultats obtenus étant mesurés par une échelle à trois niveaux.

Mais la mise en œuvre reste inégale dans le pays, dépendant largement de l’implication des bureaucraties locales et du niveau économique des provinces. Ainsi le Jiangsu, Shanghai, Canton et le Shandong tiennent la corde, avec les municipalités de Pékin, Shanghai, Canton, Shenzhen, Tianjin, Chengdu, Wuhan se situant en tête du classement des villes ayant les plus grandes surfaces de constructions vertes. Autre conclusion des études menées sur le sujet, le coût des « constructions vertes » baisse régulièrement de 150 Yuan/m2 en 2010 à 121 Yuan/m2 en 2015.

Enfin, globalement le marché des constructions vertes est en accélération. A la fin de 2015 le pays comptait 320 millions de m2 de constructions vertes, plus de 150 fois les surfaces de 2008. Mais ces chiffres concernaient moins de 1% du total des constructions en Chine. Les spécialistes chinois qui estiment que l’élan va s’accélérer, prévoient qu’en 2020, la Chine comptera 7 milliards de m2, soit plus de 20 fois les surfaces de 2015.


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