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Le Pakistan, premier souci stratégique de Pékin. Les faces cachées de l’alliance

Le couloir économique Chine Pakistan : tracé des routes et des pipelines.

46 Milliards de $ : c’est la somme que la Chine a décidé d’injecter dans l’économie pakistanaise. Elle a été annoncée le 20 avril lors de la visite officielle du Président Xi Jinping à Islamabad. L’investissement massif alimentera plusieurs projets dont le plus médiatisé et le plus significatif est le « couloir économique Chine – Pakistan » qui s’inscrit dans la vaste stratégie chinoise des « nouvelles routes de la soie ».

Articulé autour d’un réseau de routes, de voies ferrées et de pipelines, le projet, dans les tiroirs depuis la fin des années 90 reliera la mer d’Arabie qui borde le Pakistan au sud, à la province chinoise occidentale du Xinjiang aux prises avec un très préoccupant irrédentisme ethnico-religieux. Prolongeant un « pipe » d’hydrocarbures venant d’Iran, le « couloir » long de plus de 3000 km pourrait aussi desservir l’Inde également intéressée par la manne énergétique iranienne. Il traversera la province instable du Baloutchistan, arrière pays du port de Gwadar administré par le Chine depuis 2012 et les zones contestées du Cachemire.

L’importance considérable de ce flux financier qui représente trois fois la somme totale des investissements injectés dans l’économie pakistanaise depuis 2008, signale la priorité que Pékin accorde au Pakistan dans un environnement régional en évolution rapide. Marquée par le retrait des États-Unis d’Afghanistan, la persistance de la menace des Taliban et la montée des risques terroristes au Xinjiang que la direction politique chinoise relie aux zones tribales, refuges des radicaux islamistes opérant au Pakistan, en Afghanistan et en Inde, la situation du flanc sud de la Chine est peut-être aujourd’hui le plus grand souci stratégique de Zhongnanhai.

La direction chinoise espère que l’investissement hors normes qu’elle vient de consentir sera le levier d’un décollage économique du Pakistan. Au-delà des aspects financiers, elle fonde surtout l’espoir que le flot de crédits incitera Islamabad à agir avec plus de conviction contre la mouvance djihadiste radicale avec laquelle les services spéciaux pakistanais entretiennent des liens ambigus.

Résultat culturel du mythe de la fondation nationale pakistanaise articulée autour de l’Islam contre l’Hindouisme et le Bouddhisme et entretenue par les rivalités avec New-Delhi, cette connivence trouble constitue l’arrière plan de sécurité complexe et volatile de toute la région.

La Chine tente de l’affronter par le biais de ce qu’elle connaît le mieux : la coopération bilatérale sur des projets d’infrastructures. La dimension des investissements est à la mesure de l’importance qu’elle accorde à l’enjeu qui dépasse le seul cadre Pakistanais et déborde vers la sécurité de l’Afghanistan dont Pékin se préoccupe depuis l’annonce du retrait américain.


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