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Le Parti, les soutiers du miracle et leurs enfants

Deux événements douloureux viennent de jeter une lumière crue sur les rapports troubles du Centre avec les cadres locaux et les plus fragiles de leurs administrés.

Il est vrai que Pékin est devenu très critique des abus de pouvoir, faits de corruption et d’incompétence de certains bureaucrates des provinces, qui tardent à mettre en œuvre les directives du Bureau Politique et tirent profit de leurs positions pour arrondir leurs fins de mois. Une grande partie des mises en cause de l’administration locale qui fleurissent sur Internet concerne les petits chefs locaux - bureaucrates ou policiers - pris la main dans le sac par des internautes de plus en plus solidaires et réactifs.

Peu d’entre eux peuvent encore espérer bénéficier de la protection d’autorités nationales, qui laissent au contraire se développer contre eux la vindicte populaire. Récemment la presse officielle a rapporté que Sun Zhongjie, jeune chauffeur de taxi shanghaïen, victime de chantage par la police qui l’accusait d’exercer illégalement, avait attiré la sympathie et le soutien massif de dizaines de milliers d’internautes en s’amputant d’un doigt pour protester de son innocence, forçant ainsi la justice à rouvrir l’enquête, qui avait d’abord blanchi la police.

Il reste que, quand les affaires sont trop sensibles, ou quand les connexions affairistes sont trop dangereusement ramifiées, les vieilles tendances au black-out resurgissent, tandis que d’inexplicables lenteurs handicapent la mise en ordre de secteurs, comme celui des mines de charbon, pourtant désignées comme prioritaires par le pouvoir, mais dont la désorganisation et la mauvaise gestion continuent à provoquer chaque année la mort de 3000 mineurs de fond. L’explosion en pleine nuit de la mine de Xingxing dans le Heilongjiang, le 21 novembre dernier (101 morts, bilan provisoire), est le dernier exemple d’une longue suite de catastrophes, dont le bilan en dix années s’élève à plus de 40 000 victimes.

Selon la télévision nationale, prompte à dénoncer les cadres locaux, l’accident est du à une mauvaise gestion de la mine, où la sécurité avait été sacrifiée au profit de la rentabilité, tandis qu’une densité anormale de mineurs (528) se trouvait au fond de l’exploitation au moment du coup de grisou. De plus, selon le responsable national de la sécurité des mines, la direction n’a pas fait évacuer le site, comme elle aurait du le faire, aux premiers signes d’accumulation de gaz.

Mais deux jours après l’accident, Wei Xiaochun, membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois, apportait des précisions qui pointaient aussi du doigt les responsabilités du Centre. Il expliquait en effet que, dans l’état actuel de la législation, les licences octroyées pour l’exploitation et le développement des mines ne conféraient pas le droit de propriété sur les ressources extraites. Mais, par un accord tacite qui perdure dans les zones grises du droit chinois, aucun des exploitants ne payait à l’Etat les taxes qui lui sont dues. Cette anomalie est, selon le député Wei, la cause principale des accidents.

Elle donne aux cadres locaux un levier de pression sur les exploitants, tous en situation illégale. Ces derniers, habités par la crainte d’une remise en ordre imminente, cherchent le meilleur profit, le plus rapidement possible et au moindre coût. Il en découle que les préoccupations de sécurité et d’environnement passent au second plan, en particulier dans les petites exploitations, qui, en dépit de la politique d’assainissement entreprise par l’équipe Hu - Wen, sont encore très nombreuses.


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