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Le Parti, les soutiers du miracle et leurs enfants

Sur les 16 000 mines de charbon, plus de 14 000 sont encore de petites exploitations, aux faibles moyens, dont beaucoup sont mal gérées. Depuis 2002, la nouvelle équipe au pouvoir a cependant réussi à améliorer notablement le bilan des accidents, passé d’une moyenne de 6000 victimes annuelles avant 2002, à 3000 en 2008. Ces résultats ont été obtenus par la fermeture des mines trop dangereuses et le regroupement d’un bon nombre d’autres dans des entités plus larges, plus riches et, en théorie, mieux administrées.

Il reste à mettre en place une législation pour les exploitants, mieux adaptée et plus motivante sur le long terme et à octroyer les concessions d’exploitation par un système d’appel d’offres transparents. Ces réformes devront cependant bousculer quelques puissants intérêts locaux, liés au plus haut niveau de l’Etat, et qui s’accommodent plutôt bien des actuelles incohérences.

L’autre événement, qui rappelle que, dans les cas sensibles, l’équipe au pouvoir n’hésite pas à recourir aux vieilles méthodes cadenassées et opaques, est la condamnation, le 23 novembre, par le tribunal de Chengdu, à trois ans de prison de Huang Qi, activiste des droits de l’homme. Depuis le tremblement de terre du 12 mai 2008 (80 000 morts, dont plus de 5000 enfants). Huang défendait la cause des parents d’enfants tués lors du séisme, dans l’effondrement des écoles. Plusieurs enquêtes avaient établi qu’elles avaient été construites trop vite et avec des matériaux frelatés. Selon son épouse, présente à l’audience, les charges retenues par le tribunal provincial sont ambigües, puisqu’elles évoquent : « la détention illégale de secrets d’état ».

La brutalité de la sanction, sans fondement juridique, cible un activiste qui avait déjà été condamné en 2003 à trois ans d’emprisonnement pour avoir évoqué la répression de Tian’anmen, un autre sujet très sensible. Cette fois, Huang Qi touche à la question explosive de la sécurité des enfants à l’école, compromise par la corruption, dans un pays où la progéniture unique constitue souvent un des seuls motifs d’espérance du petit peuple.

Sur la question de la protection des enfants, le pouvoir a souvent la main lourde. Le 24 novembre, deux responsables du groupe Sanlu, coupables d’avoir mis sur le marché du lait contaminé à la mélamine industrielle ayant provoqué la mort de six enfants et l’empoisonnement de 300 000 autres, ont été exécutés. Dans le cas du béton frelaté cependant, les ramifications politiques et bureaucratiques de l’affaire sont telles que le pouvoir a reculé devant les conséquences potentiellement explosives d’une enquête ouverte.


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