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Le pétrole en ligne directe du golfe du Bengale vers le Yunnan

En rouge, le gazoduc opérationnel depuis 2013. En noir l’oléoduc terminé en 2014 et mis en service le 9 avril 2017.


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Alors que la frontière sud du Yunnan avec les États irrédentistes birmans était encore effervescence, mise sous tension par des flots de réfugiés fuyant les combats de mars denier entre les armées privées et les forces gouvernementales (lire notre article L’instabilité historique de la frontière sino-birmane. La longue patience de Pékin. Crises de migrants et diaspora chinoise dans l’ASEAN.), Pékin et Naypyidaw ont, après presque dix années de négociations, finalement signé l’accord sur l’acheminement par oléoduc vers la Chine du pétrole déchargé par tanker dans le golfe du Bengale.

La signature a eu lieu le 10 avril, dernier jour d’une visite de 6 jours en Chine du président birman Htin Kyaw qui s’est également entretenu avec Xi Jinping sur la sécurité à la frontière et la possibilité d’octroyer à la Chine des projets d’infrastructure alternatifs après l’annulation en 2011, à la suite de protestations populaires, de la construction du barrage du Myitsone lancé par l’APL.

Ayant pour la Chine une importance logistique et stratégique considérable évitant le détroit de Malacca, l’oléoduc raccourcit le trajet du pétrole de plus de 1000 km et économise 30% du temps de transit. Long de 770 km au Myanmar avec un coût total de construction 2,5 Mds de $ (investissements par CNPC propriétaire de l’infrastructure et en charge de la gestion), il est connecté au terminal de Kyaukphyu (1400 nautiques au nord de Malacca) sur le golfe du Bengale et traverse l’État de Rhakine, les régions de Magway et Mandalay avant de déboucher au Yunnan par l’État de Shan.

Il continue ensuite sa route sur plus de 1000 km vers Kunming où Petrochina a construit une raffinerie dont la capacité est de 13 millions de tonnes par an et dont les opérations commenceront en juin.

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Achevé dès 2014, l’oléoduc entre en service avec retard suite aux tensions entre Pékin et le Myanmar et aux longues négociations avec Petrochina sur le montant des droits de passage que Naypyidaw accepté de réduire. Les essais ont commencé en 2015, confirmant une capacité annuelle de transit de 22 millions de tonnes dont 2 millions iront au Myanmar. Le premier transfert opérationnel a eu lieu après le 9 avril dernier à partir du pétrolier United Dynamic battant pavillon grec parti du terminal turc de Cayhan le 6 mars.

Au passage signalons qu’à la suite de la profusion des raffineries privées et de la réduction de la production de pétrole domestique, en 2016, les importations chinoises de pétrole ont augmenté de 13,6% pour atteindre 381 millions de tonnes, soit une augmentation de 535% depuis 2000. Cette extrême dépendance chinoise au pétrole importé confère une pertinence particulière aux pipelines directs vers le Yunnan.

Rappelons enfin qu’un gazoduc parallèle fonctionne déjà depuis juillet 2013. D’une capacité annuelle de 12 milliards de m3, il achemine le gaz birman à partir de 3 gisements découverts en 2004 dans la mer d’Andaman au large des côtes birmanes et dont les réserves sont estimées à 200 milliards de m3.


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