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Les BRICS jettent un pavé dans la mare des finances mondiales

Le 15 juillet, à Fortaleza au Brésil, réussissant à mettre de côté leurs divergences stratégiques qui ne sont pas minces et oubliant les disparités de dimensions, de croissance et de modèles politiques, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (40% de la population du monde et 20% de son PNB) ont jeté un pavé dans la mare du vieil ordre économique mondial dominé par les États-Unis, la Banque mondiale et le FMI en créant leur propre Banque de développement dont le siège sera à Shanghai et le premier président indien. Alors que les 2 grandes institutions financières mondiales ont leur siège à Washington et que leur président est soit européen soit américain, le symbole est de taille.

La nouvelle institution qui créera un fond de réserve de 100 Mds de $, permettra aux émergents de contourner la Banque Mondiale et son bras financier de l’International Finance Corporation (IFC) dominé par des intérêts privés et dont les investissements sont certes dédiés au développement, mais d’abord orientés vers des secteurs lucratifs. La Chine qui puisera dans ses vastes réserves de change contribuera à hauteur de 41 Mds de $, la Russie et l’Inde ont chacun promis 18 Mds de $, tandis que l’Afrique du sud offrira 5 Mds $.

Frustrations des émergents.

Par son intermédiaire, explique le Ministre des finances russe, Anton Siluanov, les BRICS et les autres émergents pourront plus facilement avoir accès à des financements de long terme pour leurs projets d’infrastructures ou à des contributions d’urgence destinée à remédier à une crise de liquidités et faire face à un risque de faillite.

Pour dire les choses plus clairement, alors que les conditions des prêts accordés par le FMI et la Banque Mondiale reflètent les valeurs et les intérêts – notamment financiers et politiques - de Washington et de ses alliées, la nouvelle institution appuyée par les économies en croissance rapide des émergents tente de se libérer d’un carcan politique, économique et financier en vigueur depuis la fin de la deuxième guerre mondiale que ni les Américains ni les Européens n’avaient jusqu’à présent vraiment accepté de desserrer.

Depuis quelques années les appels des BRICS pour que soit augmentée leur influence au sein des deux piliers de la gouvernance économique mondiale s’étaient faits plus insistants. Pourtant depuis 2010, un projet de restructuration adopté pour augmenter le poids de la Chine et des autres émergents dans les conseils d’administration de la Banque Mondiale et du FMI est bloqué par le Congrès des États-Unis, le principal actionnaire.

L’impatience des pays en développement et des émergents s’était clairement exprimée en avril dernier lors de la réunion annuelle du Comité Financier du FMI présidé par le n°2 de Singapour Tharman Shanmugaratnan qui avait brutalement protesté contre les délais des réformes bloquées par les États-Unis et appelé à trouver un moyen de contourner l’inertie américaine. Il reste qu’une fois établie, la Nouvelle Banque devra trouver un équilibre entre les ambitions stratégiques des BRICS, l’équilibre financier de la banque et les rivalités des membres, dans un contexte où chacun d’eux garde aussi un œil fixé sur la superpuissance de Washington.


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