Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Taiwan

Les limites du rapprochement dans le Détroit

A peine rentré de Chine, où il vient d’effectuer un voyage de près d’une semaine, Wu Poh-Hsiung, président du KMT, a abordé les sujets les plus sensibles de la relation dans le Détroit : l’accumulation face à l’Ile par l’APL de plus d’un millier de missiles sol-sol balistiques ; les risques de conflit avec la Grande Terre et le besoin qu’éprouvait Taiwan d’avoir un statut international reconnu. Evoquant sa rencontre avec le président Hu Jintao, le 28 mai, Wu a indiqué à la presse qu’au cours de l’entretien il avait insisté sur le besoin de sécurité, de dignité et de « marge de manœuvre internationale » souvent exprimé par les Taiwanais quand ils évoquaient leurs relations avec la Chine continentale.

Ces remarques énoncées après un voyage très fortement médiatisé par le parti communiste chinois dessinent les limites du rapprochement possible entre les deux rives du Détroit. Elles concernent en effet les points qui touchent à la sensibilité identitaire des Taiwanais et à leur malaise, créé par les menaces militaires chinoises et leur corollaire : l’ostracisme international dans lequel l’Ile est reléguée. Les blocages sont d’autant plus probables que Pékin éprouvera des difficultés à faire des concessions sur ces questions, qui sont au cœur de sa politique de pressions visant à empêcher le glissement vers l’indépendance. Il est un fait qu’une réduction du nombre de missiles concédée par Pékin serait, comme le suggère Wu Poh-Hsiung lui-même, un geste très significatif de bonne volonté. Rien ne dit que Pékin y soit préparé.

Pour le reste, la visite de Wu en Chine s’inscrit dans la continuité de celles effectuées par son prédécesseur Lien Chan qui avait, en 2005, renoué, près de 60 ans après la fin de la guerre civile, le fil interrompu de l’histoire. La nouveauté est qu’il s’agit cette fois d’une rencontre entre les deux partis au pouvoir. Cette réalité devrait accélérer la mise en œuvre des vols charters du week-end et la venue des touristes chinois dans l’Ile, dont les modalités concrètes seront discutées lors de la reprise des négociations entre les deux organismes chargés en Chine et à Taiwan des relations dans le Détroit, le 11 juin prochain.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Sommet des « Think tank » de l’Asie Pacifique à Taipei. Réflexion sur le soft power et la diplomatie taïwanaise de « substitution »

Puissance nationaliste chinoise et désarroi démocratique taïwanais

Relations dans le Détroit. Situation et perspectives. Le dilemme de Tsai Ing-wen

Coups de boutoir méthodiques de Pékin contre l’Île. Le Panama quitte le navire taïwanais

Sous l’œil de Pékin, Tsai Ing-wen surprise par la volte-face de Donald Trump