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›› Taiwan

Ma Ying Jeou face au défi de ses promesses

C’est à peine si Ma Ying-Jeou a eu le temps de savourer son triomphe aux élections présidentielles de Taiwan. Déjà surgissent les questionnements, les doutes et les ambiguïtés qui laissent présager que la route des promesses faites à l’extérieur comme à l’intérieur sera semée d’embûches.

S’agissant de la politique extérieure, le cœur du message était l’amélioration des rapports avec la Chine et les Etats-Unis. Notons d’abord que, dans la relation avec les deux géants, la marge de manœuvre de Taipei s’est considérablement rétrécie ces derniers temps. Alors que, par le passé, les Etats-Unis se plaçaient presque toujours du côté de Taipei, aujourd’hui il serait plus juste de dire que Pékin et Washington, « co-gestionnaires » de la situation dans le Détroit, se sont fréquemment retrouvés sur la même ligne pour désamorcer les crises potentielles. Même s’il existe au Congrès un fort lobby taiwanais, qui milite pour l’indépendance de l’Ile et son entrée à l’ONU, les adeptes de la « real politique » pourraient bien se satisfaire d’une situation qui, à court terme et faute de mieux, a le mérite de désamorcer les risques de crise grave avec la Chine.

En attendant, à Pékin on joue sur les deux tableaux : celui qui consiste à répéter que Taiwan est une question intérieure et l’autre qui en appelle à Washington pour faire pression sur Taipei lorsqu’elle juge qu’une « embardée indépendantiste » est possible. Ajoutons que l’échec - faute du quorum de 50% de votants - des référendums sur l’entrée à l’ONU, permet à Pékin de déclarer, le jour même du vote, que « l’indépendance ne recueillait pas l’adhésion du peuple taiwanais ». Disant cela Pékin accomplit un tour de passe-passe, rendu possible par l’utilisation à contre temps par les Taiwanais de l’arme du référendum, dont les questions, mal préparées, sont vouées à l’échec, dans le contexte de fortes pressions exercées par Pékin et Washington.

Mais la réalité inscrite dans les chiffres est tout autre : en dépit des menaces de Pékin et des désaveux de Washington, de l’ONU et de l’UE, 35% des électeurs ont tout de même voté. Les réponses qu’ils ont apportées sont sans appel : 94% des électeurs du DPP ont répondu OUI à la question d’une entrée à l’ONU sous le nom de « République de Taiwan », tandis que 87% des électeurs du KMT souhaitent que l’Ile y soit représentée sous le nom de « République de Chine ». Vouloir ignorer ces résultats entraînera de graves contresens et favorisera des tensions.


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