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›› Taiwan

Perspectives rassurantes dans un contexte encore très crispé

Coup sur coup le ministre des affaires chinois Yang Jiechi à l’ONU et Jia Qinglin, n°4 du Comité Permanent du Bureau Politique à Pékin, viennent de rappeler que la Chine ne tolérerait aucune initiative taiwanaise allant dans le sens de l’indépendance de l’Ile.

Le 27 septembre Yu Shy Kun président du parti indépendantiste taïwanais (DPP) démissionnait de son poste. Mis en difficulté suite à des affaires de fausses factures, Yu devait quitter la présidence du parti après le Congrès du 30 octobre. Son départ avancé serait du aux controverses internes soulevées par la proposition de Yu de modifier le nom de l’Ile (République de Taiwan au lieu de République de Chine), qu’une majorité de militants a repoussée.

Cette information, qui suggère l’existence de dissensions de principe à l’intérieur du DPP, a de quoi rassurer Pékin, de plus en plus inquiet face au projet de référendum sur l’entrée de l’Ile à l’ONU, sous le nom de Taiwan, que Taipei entend bien organiser en mars 2008, en dépit du rejet de la proposition par les Nations Unies.

La nouvelle pourrait également indiquer que les menaces chinoises et les pressions américaines qui visent à faire capoter le référendum, commencent à porter leurs fruits, puisque le parti au pouvoir, dont le projet central est l’indépendance, semble reculer devant une initiative jugée inacceptable par Pékin et condamnée par Washington. Surtout, ce recadrage de la base du DPP souligne à quel point l’électorat taiwanais glisse vers le centre, où on retrouve aujourd’hui une partie du DDP et la majortié du KMT, reléguant les extrêmes à la portion congrue.

De ces observations on peut tirer l’hypothèse qu’en dépit de la quête identitaire qui mobilise actuellement presque 3 Taiwanais sur 4, l’électorat de l’ile penche toujours vers la modération et le maintien du statu quo -même si ce dernier n’a pas une signification identique pour tout le monde- reléguant aux calendes grecques les projets extrêmes que sont l’indépendance ou la réunification.

Plus encore, des sondages récents semblent indiquer que le nationalisme anti-chinois, radicalement favorable à l’indépendance, est plus virulent chez les anciens du DPP qui avaient connu la dictature du KMT. En revanche les plus jeunes seraient plus modérés et plus pragmatiques. En clair ils ne verraient pas de contradiction entre leur quête d’identité taiwanaise et le fait d’avoir des relations économiques ou même politiques avec la Chine.

Au milieu des tensions qui montent dans le Détroit, ponctuées par les mises en garde martiales de la Chine, les provocations taiwanaises et les appels à la raison de Washington, ces nouvelles sont rassurantes, car elles ouvrent de larges perspectives de sortie de crise. La Chine devrait s’en souvenir et éviter les démonstrations de force prônées par les plus radicaux du Parti, qui ne pourraient que faire voler en éclats le consensus de modération et renforcer le radicalisme des indépendantistes.


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