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Pouvoir politique et société. Entre la morale confucéenne et le droit

Le 3 avril plus de 30 chauffeurs de taxis ont tenté de se suicider à Wangfujing. Le geste spectaculaire protestait contre des abus dont ils s’estimaient victimes dans leur district de Suifenhe à la frontière russe. Tous ont été évacués et traités dans deux hôpitaux du quartier. Il n’y a pas eu de décès. Photo weibo.

Tentative de suicide de chauffeurs de taxis à Wangfujiing

Le 3 avril dernier, une trentaine de chauffeurs de taxis venus de Suifenhe à 1300 km au Nord-est de Pékin dans la province du Heilongjiang à la frontière avec la Russie, ont tenté de se suicider en avalant des pesticides à Wangfujing, l’avenue à la mode bordée de supermarchés et de grands magasins dans le centre de Pékin très fréquenté par les touristes et la classe moyenne chinoise. L’incident est révélateur de malaises dans la société articulés autour des difficiles relations entre les groupes professionnels mal représentés, les administrations locales et le pouvoir central.

La violence de l’incident traduit l’absence de canaux de négociations, tandis que les suicides par empoisonnement au moyen de pesticides facilement accessibles dans les campagnes sont assez fréquents. Selon RFI qui cite un rapport du Centre de prévention chinois sur le suicide, 60% des personnes qui tentent de mettre fin à leurs jours le font en avalant des pesticides.

Au passage, en octobre dernier une dépêche de Xinhua rendait compte sans citer de chiffres d’un taux important de suicides chez les ruraux de plus de 60 ans, laissés pour compte de l’urbanisation rapide. (Certaines études estiment que dans les campagnes 30% des personnes âgées tentent de suicider au moins une fois).

Les griefs des chauffeurs datent d’une réforme de 2011 qui tentait d’ordonner le marché en imposant aux indépendants de rejoindre une compagnie autorisée par les pouvoirs publics, condition du renouvellement de leur licence.

Derrière le paravent de la remise en ordre s’est cependant développée une tendance au monopole parfois encouragée par les fonctionnaires locaux contre rémunération occulte et dont les petites sociétés indépendantes et familiales furent les victimes collatérales. La police a rapidement réagi et aucun des chauffeurs de taxis évacués dans des hôpitaux proches de Wangfujin n’est décédé.

Mais l’incident dit autre chose que la colère désespérée des chauffeurs de taxis : le dysfonctionnement d’un des piliers du « socialisme aux caractéristiques chinoises », où, en l’absence de système syndical crédible et de contrepouvoir politique, l’harmonie des relations sociales devrait être préservée par la bénévolence du pouvoir central capable d’entendre les revendications individuelles au travers d’un bureau héritier de celui des « remontrances » à l’Empereur.


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