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›› Politique intérieure

Procès de Rio Tinto. Coup de projecteur sur le système judiciaire chinois

La cour de Shanghai a durement sanctionné les employés de Rio Tinto en Chine, dont M. Hu Stern, d’origine chinoise, naturalisé australien. Ce dernier a été condamné à 10 ans de réclusion et à une amende de 135 000 $ pour avoir accepté 900 000 $ de pots de vin de plusieurs sidérurgistes chinois et dérobé des secrets industriels. Ses trois collègues chinois ont écopé de peines de prison allant de 7 à 14 ans, et de 980 000 $ d’amendes cumulées.

Les employés de Rio Tinto en Chine victimes collatérales

Selon les rares informations qui ont filtré des investigations et des audiences, les corruptions auraient impliqué deux aciéries privées du Shandong ayant recherché, avec Rio Tinto, des accords particuliers plus avantageux que ceux conclus collectivement par les sidérurgistes chinois. Mais le procès n’a pas contribué à lever le voile sur la situation de corruption généralisée, impliquant la nomenklatura, dont est affligée l’industrie de l’acier.

Il n’a pas non plus analysé les racines structurelles de la corruption, favorisée par l’existence de licences d’importation du minerai de fer, attribuées seulement à une centaine de sidérurgistes. De même que n’ont pas été évoquées les causes conjoncturelles, liées aux fluctuations du prix du fer en 2008 et 2009. Ces dernières incitèrent en 2008 nombre de sidérurgistes à rompre les contrats à prix fixes, pour tenter de profiter de la baisse des prix. La tendance avait ouvert un vaste champ d’action et de corruption pour la myriade d’intermédiaires, dont la fortune se construit, non seulement sur les fluctuations de prix, mais également sur le déficit de confiance et l’opacité qui caractérisent les relations d’affaires dans le secteur.

Quant à l’accusation de « vol de secrets commerciaux », dont le journal Caixin révèle qu’elle est sans rapport avec la corruption, elle a été jugée à huis clos. Aucune information sur la nature « des secrets » n’a été révélée, hormis celle figurant dans les attendus du jugement. Selon plusieurs sources, les « secrets » concerneraient les principales faiblesses du secteur, avec des informations précises sur le niveau des excédents d’acier, évalués à 90 millions de tonnes (2/3 de la production de l’UE) et les lacunes technologiques qui handicapent encore la sidérurgie chinoise, incapable de fabriquer certaines qualités d’acier indispensables à son industrie.

Pour le juge chinois, « il y a une relation directe de cause à effet entre les agissements des personnels de Rio Tinto en Chine et l’augmentation de plus d’un milliard de Yuan (146 millions de $) de la facture de minerai de fer payée par la Chine en 2009. Les accusés ont utilisé des moyens illégaux pour obtenir des secrets commerciaux et ont, par là, placé l’industrie de l’acier chinoise dans une position d’impuissance ».

.Cet attendu indique que les employés du géant australien, qui, assurément ne sont pas les seuls à se livrer à ce type de pratiques dans ce secteur très corrompu, sont, au moins en apparence, les victimes collatérales du bras de fer entre Rio Tito et les sidérurgistes chinois. Commencé l’année dernière par la volte-face du géant australien, qui, après les avoir acceptées, avait rejeté les propositions de Chinalco de racheter 18% de son capital, le conflit s’était encore envenimé avec le refus des aciéristes chinois de céder aux exigences de prix des minéraliers, pourtant acceptées par le Japon et la Corée du Sud.


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