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›› Editorial

Pyongyang, Pékin, Washington, la quadrature du cercle atomique

Pour arriver à ses fins (obtenir une reconnaissance de son statut nucléaire, un traité de paix et des garanties de sécurité), Kim Jong-un tient toute la région sous la menace nucléaire et multiplie les provocations (2 explosions nucléaires en 2016 et 9 essais balistiques depuis le début de 2017.).


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Sur la péninsule coréenne, les tensions on atteint un niveau rarement vu depuis la signature de l’armistice en 1953. Signe sans équivoque que Pékin est saisi d’un alarme particulière, le 12 août, le président Xi Jinping a téléphoné à Donald Trump et fait publier une déclaration officielle appelant les États-Unis et la Corée du Nord au calme.

La Chine ne cesse de prêcher le dialogue et la reprise des pourparlers à six, mais les exhortations venaient jusqu’à présent du Waijiaobu, rarement de la tête du régime.

L’occurrence signale une prise de conscience après une suite d’échanges menaçants entre Pyongyang et Washington, eux aussi inédits, au moins de la part d’un chef d’État américain.

C’est Pyongyang qui a ouvert les hostilités verbales en menaçant de tirer 4 missiles Hwasong "autour" (la précision est importante) de la base américaine de Guam à 4000 km au sud-est, suite à la résolution des NU du 5 août imposant de nouvelles sanctions à Pyongyang après 2 tirs récents de missiles à capacité intercontinentale.

A quoi Donald Trump a répliqué en promettant à la Corée du Nord « le feu et la fureur », avertissement inouï dans la bouche d’un président américain qui repasse en boucle sur tous les médias de la planète depuis une semaine. Compte tenu des risques que la situation parte en vrille, les observateurs sont perplexes et les grands responsables du monde partagés.

Si la France et l’Allemagne ont, comme la Chine, choisi d’appeler au calme, l’ambassadeur britannique à l’ONU a réaffirmé la vieille solidarité de Londres avec Washington. En arrière plan de ces embarras et divergences de vues, la conscience que toute la région, depuis les populations civiles aux bases militaires, qu’elles soient américaines, japonaises ou sud-coréennes, sont les otages potentiels d’une riposte militaire de Pyongyang, nucléaire ou classique.

Le désir irrépressible de nucléaire militaire.

kim Jung-un, 2e à partir de la droite inspecte la préparation du tir tir du missile balistique intercontinental Hwasong-14, le 4 juillet 2017, jour de la fête nationale américaine.


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Mais l’inquiétude chinoise exprimée par l’appel de Xi Jinping à Donald Trump n’est pas seulement liée aux récentes menaces verbales que les médias montent en épingle autour du risque d’une montée catastrophique aux extrêmes.

Elle est l’aboutissement d’un long processus inauguré en 1994 avec la première crise nucléaire coréenne momentanément résolue par l’accord Kedo (Korean Energy Development Organization) destinée à équiper aux frais de la communauté internationale la Corée du nord d’un réacteur nucléaire à eau légère.

Dénoncé en 2005 par Pyongyang après que le régime qui continuait son programme nucléaire en secret ait claqué la porte du traité de non prolifération en 2003, la fin de Kedo ouvrait la porte à la 2e crise nucléaire.

Celle-ci eut lieu en 2006, avec la première explosion nucléaire suivie par 4 autres (en 2009, 2013 et 2 en 2016), toujours plus puissantes passées de 2 à 20 kt jalonnées par des sanctions votées par le conseil de sécurité (au total 11 séries de sanctions entre 1993 et 2017) qui ne parvinrent pas à freiner la détermination du régime à se doter d’une arme nucléaire opérationnelle.

La troisième crise est cours. C’est la plus grave.

Elle baigne dans la présomption de plus en plus crédible qu’en dépit de ses difficultés économiques (le PIB nord-coréen, estimé à 40 Mds de $ est 30 fois inférieur à celui de la Corée du sud), le régime qui consacre 25% de ses ressources à la défense et a récemment conduit une suite spectaculaire d’essais balistiques et 2 explosions nucléaires en 2016, est sur le point de se doter d’une capacité de première frappe atomique contre le territoire américain.

Selon les projections des experts américains, d’ici 2020 il pourrait, grâce à l’accélération de ses programmes balistiques et de miniaturisation des armes, avoir accumulé un arsenal équivalent à la moitié de celui de la France.


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