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Quête de ressources primaires : Déboires, réajustements et consolidations

Diagramme Wall Street Journal, source Heritage Foundation : Évolution de la structure des investissements chinois à l’étranger entre 2008 et 2013. Augmentation massive de la part des achats ou location de terres et des investissements immobiliers. Baisse des investissements miniers. Augmentation des investissements dans le secteur de l’énergie.

Depuis au moins une année, la presse internationale note un glissement des stratégies chinoises de quête d’énergie et de ressources minières (minerai de fer et métaux non ferreux) vers plus de prudence.

D’abord articulées autour de la crainte de trop dépendre des « majors » occidentales et des prix proposés ou imposés par les géants miniers de la planète comme Vale, Rio Tinto et BHP Billiton qui à eux trois contrôlent 70% du marché du minerai de fer de la planète, elles avaient surinvesti dans certains projets pour s’en assurer l’exclusivité. Dans cette attitude perçaient aussi des arrières pensées politiques de rattrapage de puissance et de compétition avec l’Occident.

Aujourd’hui les investissements dans les secteurs des mines et de l’énergie n’ont pas baissé de manière significative en valeur absolue - $53.3 Mds en 2013 contre $57.5 Mds en 2011, année record -, (dans le secteur de l’énergie ils ont même augmenté, alors que la part du secteur minier se contracte), mais le pourcentage de diversification vers l’immobilier et les achats ou location de terres agricoles explose.

Le réajustement observé signale peut-être aussi une prise de distance qui restera cependant à vérifier des aspects politiques et de compétition de puissance dans la stratégie d’investissements, au profit de plus de réalisme. Ces glissements sont les résultats de déboires à la faveur desquels la Chine a également pris conscience des difficultés auxquelles ses concurrents occidentaux sont confrontés depuis des lustres.

L’Afrique où le dernier voyage de Li Keqiang avait laissé percer un retour au pragmatisme comptable sur fond de lutte contre les gaspillages, clés de voute des réformes économiques et financière en cours dans le pays, est un exemple de ce réajustement. Lire à ce sujet : Li Keqiang en Afrique. L’heure des bilans. Le temps de la conquête de territoires encore vierges des investissements chinois où, dans une stratégie de rattrapage, Pékin distribuait largement ses capitaux et investissait sans compter pour asseoir son influence, tire à sa fin. En 2014, le thème général du voyage du Premier Ministre en Afrique était plutôt la résolution des différends et des malentendus à des fins de consolidation, assorties de la recherche du meilleur rendement pour les engagements financiers chinois.

Pour autant, la quête de ressources restera malgré tout une constante, comme le montrent les efforts déployés en Australie où, après une série d’échecs et d’importantes pertes financières, les groupes publics chinois du secteur du fer, loin de se retirer, augmentent leurs investissements dans l’espoir de les consolider, avec en tête l’exigence de ne pas renouveler leurs erreurs. A bien des égards, l’exemple australien est significatif.

Il révèle non seulement de l’insatiable appétit chinois pour les ressources primaires, les erreurs commises dans la précipitation, également nourries par la compétition de puissance, mais il témoigne aussi des étonnantes capacités de redressement des stratégies chinoises après analyse des bévues. Le tout devrait déboucher sur une consolidation des projets chinois, là où nombre de groupes occidentaux auraient abandonné, découragés par l’accumulation des pertes.


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