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Réformes économiques : hésitations, doutes et obstacles

Photo : Li Keqiang à la mi-septembre lors du Forum économique mondial de Tianjian. Au milieu d’une baisse des indicateurs économiques et de plusieurs mesures de relances ciblées, son discours sur la fermeté des intentions réformistes du pouvoir n’a pas complètement convaincu.

La conjoncture du 3e trimestre est marquée par un tassement général des indicateurs économiques au mois d’août. Ce repli va de l’indice d’achat du secteur manufacturier en recul de 0,6% pour la première fois depuis 5 mois avec une contraction plus nette pour les PME, à la baisse du taux d’embauche, en passant par une chute de 1% de l’indice de production, à quoi s’ajoute une contraction de près de 1% des nouvelles commandes à l’export. Le ralentissement est enfin confirmé par la baisse de plus de 2% de la production d’électricité, mais que les économistes chinois attribuent à un mois d’août anormalement frais.

La morosité des opérateurs a été amplifiée par la parution à la mi-août du chiffre fortement en baisse du crédit tombé de 320 Mds de $ en juin à seulement 44,3 Mds de $ en juillet, à quoi s’est ajoutée une série d’informations pessimistes sur l’état de l’immobilier. Le télescopage de la chute brutale du crédit et du recul de l’immobilier, l’un des moteurs traditionnels de la croissance dont dépend la santé de nombre de budgets locaux, a donné le sentiment à beaucoup d’analystes d’un grippage de la machine économique que le pouvoir aurait mal anticipé, risquant de provoquer un ralentissement de la croissance plus important que prévu.

En août, l’agrégat du crédit avait cependant repris des couleurs et, sans toutefois retrouver son niveau de juin, était remonté à plus de 150 Mds de $ (Bloomberg), soit une hausse de plus de 40% après la chute spectaculaire de 86% en juillet.

A la mi-septembre, au forum économique mondial de Tianjin, le premier ministre Li Keqiang, s’efforçant à la sérénité, déclarait que les variations conjoncturelles ne modifieraient pas la détermination du gouvernement à restructurer l’économie et à réduire le taux des investissements publics. Aujourd’hui situés entre 45 et 50% du PIB – un record mondial -, ces derniers sont à l’origine des surcapacités industrielles, de l’effondrement des retours sur investissement, notamment pour une part importante des entreprises publiques et, partant, de l’affaiblissement générale de la rentabilité du capital.

Il reste que, lors de son discours, Li n’a pas réussi à convaincre l’auditoire de l’efficacité économique à venir de sa démarche de restructuration. Alors que - et c’est une occurrence très rare quand un haut dirigeant du régime s’exprime publiquement en Chine – une partie de l’assistance quittait la salle au beau milieu de son intervention, la plupart des experts soulignaient la résurgences de dettes toxiques des banques et le gonflement dangereux de celles des administrations locales.

Les autres inquiétudes touchaient à la situation de l’immobilier et aux mesures de relance qui contredisent en partie les déclarations sur le contrôle de la masse des crédits, tandis que beaucoup relevaient la faiblesse des progrès dans la restructuration des entreprises publiques.

Véritables piliers conservateurs qui, pour certaines, freinent les réformes par leurs manœuvres retardatrices ou l’application de mesures cosmétiques sans portée réelle, les grands groupes nationaux sont entrés dans le collimateur de la guerre contre la corruption dont les attaques deviennent un des éléments clés de l’entreprise réformiste du pouvoir.


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