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Retour sur le stress hydrique chinois

La pénurie d’eau dans le nord de la Chine est connue. Elle est aujourd’hui le grand souci des planificateurs dans la phase d’urbanisation rapide de la Chine qui bouleverse et augmente la consommation, notamment dans le Nord et le Nord-est. Il y a au moins deux raisons de revenir sur ce que les spécialistes appellent le « stress hydrique » chinois où la demande en eau ne dépasse pas les ressources, mais où celles-ci sont mal réparties.

Au printemps dernier, le gouvernement a annoncé que la première phase du gigantesque système de transfert d’eau à 3 branches du sud vers le nord - 南水北调工程 – Nan Shui Bei Diao Gong Cheng - que Mao avait imaginé en même temps que la série de grands barrages, serait sous peu opérationnelle.

Récemment une étude réalisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution climatique (GIEC) établi par Organisation Météorologique Mondiale en 1988, dont le but est de « mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation », a rendu un rapport préliminaire contredisant les prédictions alarmistes précédentes concernant l’impact de la fonte des neiges himalayennes sur les ressources hydriques chinoises.

L’affaire est d’importance pour les prévisionnistes chinois puisque la branche occidentale du système de transfert sud-nord des ressources en eau doit précisément s’alimenter des eaux des glaciers de l’Himalaya.

Cette note qui s’appuie sur des données récentes et une synthèse très documentée préparée par la Brookins Intitution basée à Washington en liaison avec l’Université Qinghua, examine la nature, l’ampleur et les causes des pénuries et du déficit de qualité de l’eau, résume les mesures prises par l’Etat pour y remédier – y compris le projet de transfert sud-nord - et présente brièvement les résultats des travaux du GIEC.

Un défi vaste et complexe.

Selon les experts chinois la pénurie d’eau dans certaines régions est l’un des défis les plus ardus auxquels doit faire face l’économie, dont la croissance sera par endroits bridée par la limitation des ressources en eau. Les implications et les causes de cette situation sont liées à la géographie, à la politique, l’économie et à la société.

Globalement la Chine dispose d’une quantité d’eau appréciable, mais mal répartie et assez largement polluée par un développement qui pendant près de 30 ans a négligé l’impact sur les nappes phréatiques, les rivières et les fleuves. Plus encore, les politiques d’assainissement mises en œuvre par le ministère de l’eau (Shuilibu 水 利部) sont handicapées par des querelles et rivalités bureaucratiques, la corruption et une mentalité des cadres locaux qui continue à privilégier la croissance avant un usage contrôlé des ressources et la protection de la qualité de l’eau.

Beaucoup d’eau aux mauvais endroits

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En chiffre absolu la Chine possède les 5e réserves d’eau de la planète. Rapportée au nombre d’habitants, elle est moins bien lotie puisque ses réserves par tête sont de 2000 m3 annuellement, alors la moyenne mondiale est de 6200 m3 par personne et par an.

Mais les statistiques globales masquent les disparités régionales qui découlent de la géographie, du climat, des techniques d’irrigation plus ou moins gaspilleuses et de la nature des activités économiques agricoles et industrielles.

Dans les zones sous peuplées les populations disposent de plus de 20 000 m3 par an, celle des zones aux habitats denses de seulement 500. Le stress est particulièrement fort dans les régions de Pékin et Tianjin où les importants besoins d’irrigation des cultures céréalières coïncident avec la faiblesse des précipitations, inférieures de 70% à la moyenne des régions méridionales. Depuis les années 70, dans la plaine du nord, les nappes phréatiques qui assurent le complément d’eau baissent de 1 m chaque année, sans compter que leur surexploitation facilite les infiltrations d’eau de mer, qui rend l’eau impropre à la consommation.

Enfin, la déficience des systèmes d’irrigation et l’utilisation massive de l’eau dans l’industrie minière aggravent le problème. A cause des fuites et de l’évaporation moins de 50% de l’eau lancée dans les réseaux d’arrosage atteignent les cultures.

Tandis qu’il faut entre 3000 et 15 000 litres d’eau pour extraire une tonne de charbon. Cette réalité qui pèse sur les ressources en eau, qu’en mars 2011, le vice-ministre des ressources hydriques considérait sur le site dédié à conservation du Fleuve Jaune comme « de plus en plus inquiétante », constitue une des contraintes majeures du développement agricole et industriel du pays.


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Par Anonyme Le 2/09/2013 à 05h29

Retour sur le stress hydrique chinois.

Article très intéressant et fort bien documenté qui permet de relativiser les propos alarmistes du GIEC et des ayatollahs du réchauffement global. S’agissant de la préservation des ressources aquifères en Chine, plus prosaïquement, ajoutons que la frénésie de la voiture propre pour des questions de face, qui pousse les propriétaires, de plus en plus nombreux, de voitures dans les grandes villes chinoises à faire laver leurs véhicules quasi-quotidiennement ne doit guère contribuer au maintien des nappes phréatiques.

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