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Retournement de tendance ?

Le Premier Ministre l’a répété dans sa conférence de presse d’après la session annuelle du Congrès national populaire : l’année 2008 sera cruciale et difficile pour l’économie chinoise.

L’inflation s’aggrave (+8,3% en février avec une tendance persistante à la hausse). Inquiet, le pouvoir s’apprête à augmenter une nouvelle fois les taux d’intérêt (aujourd’hui à plus de 7%), tandis que la physionomie générale de l’économie se modifie. En février les excédents commerciaux ont brutalement chuté de 60% par rapport à 2007, conséquence de l’atonie du marché américain et de la hausse continue de la monnaie chinoise, réévaluée de 15 % par rapport au dollar depuis juillet 2005 ; l’augmentation régulière des salaires et des charges sociales dans les zones de production de la côte Est et la flambée des prix des matières premières et de l’énergie ont un effet direct sur le dynamisme des secteurs traditionnels de l’industrie. Ces derniers ralentissent leur activité au profit des secteurs high-tech et des services qui emploient une main d’œuvre plus qualifiée, mais moins nombreuse.

Le marché de l’emploi s’en trouve déséquilibré et la Commission pour la Réforme et le Développement annonce que, pour 2008, 10 millions de demandeurs d’emploi resteront sans travail. Selon les experts, tous ces facteurs combinés entraîneront un ralentissement notable du taux de croissance à moins de 10% pour 2008. S’il aggravera le chômage, ce coup de frein aura, à tout le moins, la conséquence positive de replacer la croissance à un niveau raisonnable, objectif que le pouvoir se fixe sans succès depuis plusieurs années. Cette tendance entraînera aussi un relâchement des pressions extérieures sur l’économie chinoise et sur le taux de change du RMB.

Effet pervers du relèvement continu du crédit depuis un an et de l’appréciation de la monnaie : la Chine attire les spéculateurs qui contribuent à faire gonfler la masse financière en circulation (1600 milliards de réserve de change en février). Soucieux d’alléger la pression de ces capitaux qui en Chine se déversent sans compter dans des secteurs peu productifs ou favorisent les surproductions et attisent l’inflation, le gouvernement encourage les investissements hors de Chine. Enfin, la hausse des coûts de production - salaires, charges sociales, coûts de l’énergie et des matières premières - et le maquis des nouvelles réglementations, moins favorables aux investissements étrangers, commencent à influer sur la disponibilité des entreprises étrangères à rester en Chine.

Le mois dernier la Chambre de Commerce sud-coréenne a rédigé un rapport révélateur de cet état d’esprit : 85% des entreprises consultées pensent que l’environnement des affaires va se dégrader et près de la moitié d’entre elles prévoient que la dégradation sera forte ; les causes évoquées renvoient à la hausse des coûts de production, aux incessantes modifications des réglementations et aux difficultés du marché, marqué par une forte amélioration de la compétitivité des entreprises chinoises. En dépit de ces prévisions néfastes 75% des patrons interrogés disent vouloir rester, voire même élargir leurs activités. Mais la proportion de celles qui envisagent de partir atteint tout de même 25% (une centaine, pour la plupart au Shandong, ont déjà quitté la Chine). Ces dernières disent vouloir s’installer en Asie du Sud-est ou dans la zone économique spéciale de Kaesong en Corée du Nord. FD.


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