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›› Politique intérieure

Risques de contagion radicale au Xinjiang

Le régime est à nouveau sur les dents pour augmenter le quadrillage militaire et policier du Xinjiang et tenter de théoriser à son avantage les causes des affrontements très violents et très meurtriers survenus en avril et juin dans deux régions séparées de la grande province occidentale, entre les Han et les Ouïghours, qui comptent encore pour près de 50 % de la population.

La conjonction néfaste d’une politique de peuplement trop agressive, de forces de sécurité pléthoriques et écrasantes, de discriminations socio-professionnelles pesantes et d’initiatives culturelles antireligieuses déplacées, dans une zone voisine de dangereux foyers islamistes radicaux, augmente les risques de déstabilisation de certaines zones de la province à fort peuplement ouïghour. C’est bien cette crainte qui agite les services de renseignements chinois, dont l’œil est fixé sur le voisinage instable de l’Asie Centrale, de l’Afghanistan et du Pakistan.

Les troubles surviennent deux années après les incidents dans la région de Kashgar et de Hotan, derniers affrontements connus, dont le bilan avait cependant été bien moins lourd. Cette fois, deux régions sont touchées par trois séries de violences. Comme en 2011, les informations que le pouvoir laisse filtrer sont incomplètes. Le 1er juillet, les services de la propagande de Liu Yunshan ont demandé aux médias, sites internet et forums de discussion de bloquer toutes les nouvelles, photos et vidéos, concernant les troubles de Hotan du 28 juin.

La première attaque a eu lieu, le 23 avril dans le village de Silibuya, à 150 km à l’est de Kashgar. Son bilan est d’au moins 21 morts, dont 9 policiers ou auxiliaires Ouïghours, 3 Hans et 3 Mongols. Les deux autres, se sont produites presque simultanément, d’abord, le 26 juin dans le village de Lukqun, préfecture de Turfan à 150 km au sud-est d’Urumqi, où une attaque d’une rare violence contre des postes de police, un chantier de construction et une zone commerciale a laissé au moins 35 tués, dont une dizaine d’assaillants et plusieurs policiers.

Deux jours, plus tard une autre attaque avait lieu à Hotan, 1000 km plus au sud, et 400 km l’est de Kashgar, par une centaine de rebelles à moto, mais que la police dit avoir maîtrisés sans pertes humaines. Une information improbable, et, pour l’instant, impossible à vérifier.

Aussitôt après la première agression, la police armée et les unités de réserves ont quadrillé les zones troublées, mis à prix la tête d’une dizaine de terroristes et arrêté un nombre important de suspects.

Le 29 juin, Yu Zhengsheng, membre du Comité Permanent, n°4 du régime, en charge de la politique ethnique du Parti et Meng Jianzhu, responsable de l’appareil de sécurité et président de la Commission des Lois tenaient une réunion d’urgence à Urumqi, destinée à organiser la répression, avec pour objectif immédiat d’éviter la contagion des émeutes à d’autres régions de la province.

La densité des forces déployées ostensiblement, dont les mouvements et les patrouilles ont été plusieurs fois diffusés par la télévision officielle a, pour l’heure, permis d’atteindre cet objectif.

La date de ces flambées de violence, à l’évidence coordonnées, semble avoir été arrêtée pour commémorer les émeutes du 5 juillet 2009 à Urumqi qui avaient provoqué la mort de 200 personnes, pour la plupart de l’ethnie Han.

Quant à l’analyse des causes, comme toujours, elle diverge radicalement selon qu’on écoute le Parti ou le Congrès Mondial Ouïghour, basé à Munich. Pour ce dernier, les violences n’ont rien à voir avec le terrorisme, qui est « un prétexte pour réprimer le peuple ouïghour ». Ce dernier se rebelle, répète Dilxat Raxit, le porte parole, « car il veut avoir son mot à dire dans les décisions qui le concernent et dans le développement économique de la province. »

Lire aussi :
Chocs de cultures en Chine et résurgence des tensions avec l’Occident
Retour sur la situation au Xinjiang
Troubles ethniques depuis 20 ans.


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