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Un New Deal chinois ?

C’est ainsi que certains observateurs, et non des moindres, caractérisent la politique de relance que le PCC vient de rendre publique. Ainsi Jing Ulrich, chinoise mariée à Paul Ulrich, économiste, ancien fonctionnaire diplômé de Harvard et devenu auteur de « thriller », elle - même diplômée de Harvard, présidente de JP Morgan Chine. Elle figurait en 2008 sur la liste des 100 femmes les plus influentes au monde établie par le magazine Forbes.

Pour cette spécialiste de la finance internationale, née en Chine et formée aux Etats-Unis, le plan du Parti pour remettre la croissance chinoise sur les rails en ces temps de tempête n’est rien de moins qu’un « New Deal aux caractéristiques chinoises ». Pour elle, les décisions prises par le pouvoir ont en effet un parfum de redistribution qui rappelle les réformes proposées par le Président Roosevelt en 1933 pour sortir l’Amérique de la crise : secours aux plus défavorisés, programme d’aide aux paysans, réforme industrielle, instauration d’un système de sécurité sociale.

En Chine ce « New Deal » apparaît, au moins si l’on en croit les déclarations officielles, encore bien plus vaste. Il comprend, selon le Conseil d’Etat, une réforme agraire qui confère quelque souplesse individuelle au système des contrats de location des terres aux paysans, la réforme du système de santé, des essais de sécurité sociale initiés dans plusieurs provinces, la remise à niveau du système éducatif, des efforts importants pour protéger l’environnement, des aides à l’innovation technologique, le tout soutenu par un grand programme d’infrastructures. Avec une enveloppe financière de près de 600 milliards de dollars à engager d’ici 2010, le programme représente le plus gros effort de relance jamais consenti par le pouvoir chinois (environ 7% du PIB chaque année pour 2009 et 2010).

Sa philosophie s’inscrit dans les ajustements socio-économiques prévus par le 17e Congrès de l’automne dernier et mis en avant par l’équipe Hu Jintao - Wen Jiabao, dont le pouvoir s’en trouve en apparence conforté. Beaucoup d’analystes en Chine estiment en effet que la crise que connaît le pays est également une opportunité ouvrant la voie aux réformes longtemps différées et souvent critiquées, non seulement par ceux qui craignaient que les ajustements à forte teinture sociale comportent un risque de « contagion politique » et, in fine, menacent le monopole du parti, mais aussi par la mouvance radicale des fervents de l’économie de marché qui y voyaient une remise en cause de l’ouverture.

L’avenir dira si l’effort ainsi consenti portera ses fruits. Pour l’heure, les décisions du Conseil d’Etat qui recueillent l’approbation des principaux acteurs économiques de la planète, placent la Chine en position favorable à la veille du sommet du G20.

Certains sceptiques indiquent cependant que le contenu exact de ce « new deal » ainsi que la répartition des crédits restent flous, tandis que d’autres soulignent que, pour jouer de l’effet d’annonce à la veille du G20, le plan de relance annoncé, dont l’ampleur serait moins vaste que ne le laissent croire les chiffres, reprenait des mesures déjà engagées par ailleurs.

Quant aux plus réalistes des Chinois, y compris dans les cercles proches du pouvoir, ils répètent que le plan de relance, même aussi richement doté, suffira à peine à colmater les brèches créées par les fragilités structurelles de l’économie que la crise est en train de révéler.


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