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›› Editorial

Un nouveau Bureau Politique sans aspérités, dévoué au volontarisme rénovateur de Xi Jinping

Le maître à penser du régime.

Wan Hunning au 2e plan derrière les 3 têtes du régime : Xi Jinping, Li Keqiang et Li Zhanshu. Après avoir formalisé la théorie de 3 représentativités 三个代表 de Jiang Zemin, celle du développement scientifique d’une « société harmonieuse 和谐社会 » de Hu Jintao, il a puisé dans les archives pour remettre à l’honneur la théorie du « socialisme aux caractéristiques chinoises », dont une des particularités de l’actuelle mise à jour est de rejeter formellement les « valeurs » de la démocratie et de séparation des pouvoirs, dont le régime nie l’universalité. Devenu avec Li Zhanshu un des plus proches conseillers de Xi Jinping, Wang succèdera à Li Yunshan à la présidence de l’Ecole Centrale du Parti, également responsable de la propagande.


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Le 5e dans l’ordre protocolaire est Wang Hunning 62 ans. Intellectuel, chercheur, stratège, ayant étudié aux États-Unis, au fil des années successivement conseiller de Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping, il est devenu l’idéologue et le théoricien des adaptations successives de la parole du parti aux réalités auxquelles la Chine est confrontée depuis Jiang Zemin, quand, en 1995, à 40 ans, il fut affecté comme n°2 au Centre de recherche du Comité Central.

Ainsi a t-il participé entre autres à l’élaboration de la théorie des « Trois représentativités 三个 代表 » qui permit d’intégrer les entrepreneurs capitalistes au parti ; puis à celle de la société harmonieuse de Hu Jintao en 2005 où étaient évoqués l’État de droit et la démocratie interne au parti.

Aujourd’hui, Wang Hunning développe ses conseils et ses théories autour du concept de gouvernement autoritaire, néo-conservateur et fortement nationaliste du « socialisme aux caractéristiques chinoises » avec trois objectifs qui tracent en filigrane le chemin politique du régime dans les 5 ans qui viennent :

1) Resserrer le pouvoir au Centre, après une phase d’autonomie des provinces et des grands groupes publics jugée excessive ; 2) Concilier la contradiction post-maoïste entre la nécessaire attention accordée aux libertés du peuple et la préservation de la stabilité sociale ; 3) Protéger la Chine et le parti des influences extérieures et, notamment, celles des « valeurs universelles » de la démocratie dont le régime clame qu’elles sont étrangères à la culture chinoise.

Le rejet des « valeurs occidentales » telles que la liberté de critiquer et d’informer s’est d’ailleurs clairement manifesté le jour même de la présentation du nouveau Bureau politique au Palais du peuple puisque le New York Times, la BBC, le Financial Times, l’Economist et le Guardian dont l’accès en ligne est déjà partiellement ou complètement bloqué, n’ont pas été autorisés à assister à la cérémonie.

Lors de son discours, parlant des grands défis auxquels le pays est confronté Xi Jinping a évoqué sa conception de la liberté d’expression : « nous ne cherchons pas les commentaires flatteurs, mais acceptons les reportages objectifs et les suggestions constructives ».

Le 6e homme du Comité Permanent est aussi le plus jeune. Fidèle et discret, Zhao Leji, 60 ans, tisse les réseaux du Président par les mutations et les promotions qu’il orchestre depuis son bastion de la Commission d’organisation du parti.

Au 1er plenum du 19e Comité Central, faisant suite au Congrès, il a été nommé à la succession de Wang Qishan à la tête des 133 membres de la Commission du discipline du Parti, fer de lance de la lutte contre la corruption dont Xi Jinping a répété qu’elle ne faiblira pas. Le poste est sensible et la succession du très subtil Wang Qishan sera un exercice difficile.

Le 7e et dernier membre du Comité permanent est Han Zheng 63 ans, habile politique, économiste de formation issu de la mouvance élitiste de la cote Est. Pilier politique de la ville de Shanghai dont il a longtemps été le maire, initialement proche de Jiang Zemin, Han Zheng s’était rapproché de Xi Jinping au moment ou, en 2006, le futur n°1 avait provisoirement pris la direction de la ville après la chute de Chen Liangyu.

A l’époque, - et c’est probablement ce qui lui vaut aujourd’hui sa promotion - il avait aidé l’équipe de Xi Jinping à enquêter sur son ancien patron tombé pour avoir détourné à des fins d’investissements, l’argent des pensions de la ville.

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La prévalence sans partage de Xi Jinping se mesure aussi au fait que, dès le 6e plenum de novembre 2016, il fut adoubé par le parti comme « dirigeant central - 核心 - » au cœur des militants et de la pensée politique du régime, honneur qui fut aussi accordé à Mao Zedong, Deng Xiaoping et Jiang Zemin, mais refusé à Hu Jintao. A quoi s’ajoute le fait que, durant ce Congrès, sa pensée 思想 (mieux que la « théorie ») des « caractéristiques chinoise » fut introduite dans la constitution. Surtout, ses proches fidèles soutiens de longue date ou récemment ralliés, forment plus de 50% du Bureau Politique.


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