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›› Editorial

Un nouveau Bureau Politique sans aspérités, dévoué au volontarisme rénovateur de Xi Jinping

La garde rapprochée en ordre de marche.

Trois très proches de Xi Jinping, de gauche à droite : Li Zhanshu, futur président de l’ANP, Zhao Leji nouveau Président de la Commission Centrale de Discipline, Wang Hunning, futur président de l’Ecole Centrale du Parti.


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A côté de Li Zhanshu, Wang Hunning, Zhao Leji, Han Zheng, intégrés au sommet, proches de Xi Jinping on note en effet au sein du nouveau BP la présence de Deng Xuexiang 55 ans, adjoint de Li au secrétariat du Comité Central et Chef de cabinet du Secrétaire Général, Liu He 65 ans, vice-ministre de l’économie, n°2 de la Commission de réforme et développement, président du groupe dirigeant du Comité Central pour la réforme des finances, ami d’enfance de Xi jinping, Li Hongzhong 60 ans, n°1 à Tianjin récompensé pour sont soutien répété à Xi Jinping en 2016, Yang Xiaodu 64 ans, adjoint de Wang Qishan à la Commission de discipline et Directeur du Bureau de la prévention de la corruption, Chen Xi 64 ans, professeur de chimie, n° 2 de la Commission d’organisation, ancien camarade de chambre de Xi Jinping à Qinghua, Cai Qi 62 ans, n°1 à Pékin, président du Comité d’organisation des JO d’hiver dont la proximité avec Xi Jinping remonte à la fin des années 90 à Hangzhou, Huang Kunnming 60 ans, vice-directeur de la propagande, proche de Xi Jiping depuis Xiamen, et, enfin, Chen Min’er, 57 ans, protégé du président, n°1 à Chongqing, en remplacement de Sun Zhengcai, éliminé.

Lire : 19e Congrès. Les hommes du président en route pour 2022. 2e Partie : La garde rapprochée et les fidèles des provinces

Contrôler de l’appareil, à l’aube « d’une ère nouvelle ».

Jamais depuis Deng Xiaoping, un dirigeant chinois n’avait autant étendu son emprise sur l’ensemble des rouages du parti avec une inflexibilité dont beaucoup d’observateurs, y compris en Chine, jugent qu’elle va jusqu’à l’élimination des opposant emportés dans les « charrettes » de la lutte contre la corruption. La prévalence de Xi Jinping touche tous les secteurs du pouvoir depuis la haute administration, jusqu’aux provinces en passant par les grands groupes publics et l’armée.

Violemment secouée depuis 2015 par un redressement éthique et une restructuration de grande ampleur, l’APL est, pour les 5 ans qui viennent, présente au Bureau Politique au travers du général Xu Qiliang resté en place et devenu le premier militaire chinois en même temps que le n°2 de la Commission militaire Centrale après le départ du Général Fan Changlong, 70 ans atteint par la limite d’âge. Il est secondé par le général Zhang Youxia chef du département de l’équipement, en charge du programme spatial habité.

Tous les deux deviennent ainsi, à 67 ans, avec Li Zhanshu, et Wang Chen, les vétérans du bureau politique.

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Les autres nouveaux membres du sérail sont Wang Chen 67 ans, chercheur à l’académie de sciences sociales expert des médias, vice-président de l’Assemblée Nationale Populaire, Sun Chunlan 67 ans, Directrice du Front Uni, seule femme restant au politburo après le départ de Liu Yandong, Li Xi, 61 ans, n°1 du Liaoning, Li Qiang, 58 ans n°1 au Jiangsu, Yang Jiechi, 67 ans ancien ambassadeur à Washington, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel responsable des Affaires stratégiques, président du groupe dirigeant du Comité Central pour les Affaires étrangères, Chen Quanguo, 62 ans, n°1 au Xinjiang, Hu Chunhua, 54 ans, membre du BP depuis 2012, n°1 à Canton, ancien n°1 au Tibet, ancienne étoile montante du Parti dont les ailes ont été rognées et Guo Shangkun, 63 ans, ministre de la sécurité publique et Commissaire politique de la Police Armée Populaire.

L’intégration de Chen Quanguo, n°1 du parti au Xinjiang dont la stratégie allie une féroce répression à une active politique sociale donne une idée des hommes et des méthodes ayant les faveurs de l’appareil. Lire : Au Xinjiang, Chen, le très efficace nouveau secrétaire général mêle répression et action sociale directe.

Par ailleurs, l’entrée au bureau politique du très nationaliste Yang Jiechi, diplomate expérimenté qui connaît bien les arcanes américains, est un signal clair des intentions du parti de s’affirmer sur la scène internationale en rival de Washington au moins sur les trois sujets brûlants de scène asiatique que sont la Corée du nord, la mer de Chine du sud et Taïwan.

Spéculations et perspectives.

Enfin, glosant sur l’absence d’héritier désigné au Comité Permanent, les commentateurs se projettent en 2022 pour anticiper que Xi Jinping n°1 du Parti où, contrairement à la présidence de la République le mandat n’est pas limité, pourrait, depuis le promontoire du Parti-État, conserver « une influence sur le régime jusqu’à sa mort. »

Ainsi, James Mc Gregror journaliste, entrepreneur ayant vécu 25 ans en Chine, auteur de « No Ancient Wisdom, No Followers : The Challenges of Chinese Authoritarian Capitalism. – Sans sagesse ancienne, ni disciples : les défis chinois de l’autocratie capitaliste », estime que Xi Jinping prolongera indéfiniment son pouvoir par le truchement du Parti, comme l’avait fait Deng Xiaoping.

Le commentaire est argumenté et recevable. Mais, pour le moins prématuré. N’ayant qu’une vision partielle des rivalités internes au système, tout de même très opaque, il suggère un retour au schéma de pouvoir imaginé en référence à Deng Xiaoping, dans une Chine pourtant fondamentalement différente de celle d’il y a 40 ans.

Plus prudent, Cheng Li, Shanghaïen chercheur à la Brookings reconnaît certes que Xi Jinping a conforté son pouvoir dans l’appareil, sa "pensée" ayant - fait rarissime - été incorporée à la Constitution. Mais, ayant noté la présence soulignée plus haut dans l’analyse de mouvances rivales au sein du Comité Permanent, il en tire la conclusion que l’actuelle composition du Comité Permanent est plus le résultat d’un compromis que d’une affirmation autocratique sans nuances.

Deux de ses membres, écrit-il, Li Keqiang et Wang Yang sont des protégés de l’ancien et très discret n°1 Hu Jintao, tandis que Han Zheng et Wang Hunning dont la carrière a pris racine à Shanghai, furent des proches de Jiang Zemin à l’égard duquel Xi jinping nourrit une très profonde méfiance.

La suite appartient aux spéculations.

S’il est vrai que le corset de l’endoctrinement idéologique s’est appliqué à donner le sentiment de l’unité et de la solidarité, gages de la solidité du pouvoir, les réponses aux questions viendront de la capacité ou non de Xi Jinping à poursuivre dans le même style très nationaliste et inflexible sa lutte contre les corrompus, le chambardement de l’armée et les réformes des groupes publics, en même temps temps qu’une politique étrangère sans complexe tournant les dos aux préceptes de prudence de Deng Xiaoping.

Comme le président lui-même l’a noté lors de son discours inaugural, le 18 octobre, les défis ne sont pas minces sur la voie tracée à 30 ans de distance d’un "grand et beau pays socialiste moderne, prospère, fort, démocratique, culturellement avancé et harmonieux". Il ajoutait que les attentes du peuple pour une meilleure vie étaient toujours plus vastes et plus pressantes, dans les domaines de la démocratie, de l’État de droit, de la justice et de la qualité de l’environnement.

Voyant la question sous cet angle exprimant une complexité articulée non seulement à l’intérêt général, aux ambitions stratégiques et nationalistes, mais aussi aux défis de la société et des individus, Cheng Li estime que Xi Jinping s’ajuste aux exigences du temps, cherchant en même temps à satisfaire les désirs et les besoins des divers groupes d’intérêts.

Ajoutons cependant que l’affichage autocratique, même s’il n’est qu’une mise en scène, recèle le risque que les échecs soient mécaniquement attribués au Président qui s’est lui-même placé en première ligne sur nombre de sujets sensibles. Il est enfin nécessaire de garder en mémoire que l’affirmation nationaliste est une arme sensible à double tranchant, comportant le risque de dérapages irrationnels.


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