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›› Politique intérieure

Vers le 18e Congrès, ou l’art d’accommoder les contraires

Le quartier de Guangqumen au centre de Pékin
Lors du week-end du 21 juillet 2012. Photo Reuters.

Avec une croissance freinée, à son plus faible niveau depuis trois ans, un excédent commercial en baisse, les PME en difficultés financières, des contestations populaires violentes diffusées par les réseaux sociaux, l’image brouillée du Parti et de l’oligarchie, dont la corruption, les dérapages et les rivalités politiques ont été révélées par le scandale Bo Xilai, l’approche du 18e Congrès traverse une zone de fortes turbulences, qui pourraient bien ne pas s’apaiser avant l’échéance de l’automne, comme le souhaite le Parti.

A l’évidence les choix majeurs concernant les futures nominations et les directions politiques à suivre restent à faire.

En dépit du contrôle serré de l’information et de la volonté de ne rien laisser filtrer à l’extérieur pour préserver l’image d’un parti solidaire, les rivalités pour la vingtaine de postes à pouvoir au Bureau Politique et pour les 240 postes de nouveaux membres du Comité Central - permanents et suppléants -, renouvelés cette année à 65%, sont palpables. Elles sont aggravées par les défis qui montent et la complexité des décisions que le pays doit prendre.

Dissonances politiques.

Quand le 17 juillet, Zou Yongkang, n°9 du Comité Permanent du Bureau Politique, qu’on dit sur le départ et patron du « petit groupe dirigeant pour la stabilité sociale » créé en 2006, rappelle les termes de sa politique de prévention répression pour maîtriser les incidents avant qu’ils ne s’aggravent (lire notre article "L’obsession de stabilité sociale, principal obstacle au développement d’une société civile dynamique et responsable"), Wu Si, rédacteur en chef du très contestataire Yanhuang Chunqiu 炎黄春秋, fondé par des cadres du Parti, explique dans son journal qu’aucun des actuels dirigeants de la Chine ne sait comment faire face au ralentissement économique, à l’exigence de réformes politiques et à la demande croissante pour plus de droits.

Et la suite des événements, qui révèle contradictions et hésitations, lui donne raison.

En contrepoint des appels à la vigilance de Zhou, les discours officiels à la tête du Parti prônent l’écoute de la société et de ses doléances. Le 19 juillet, le Quotidien du Peuple insistait sur la nécessité de dépasser les tactiques de répression qu’il qualifiait de « politique à courte vue », citant, par exemple, l’utilisation par les cadres locaux de sociétés de services semi-mafieuses chargées d’étouffer les désordres et de mettre sous le boisseau les pétitionnaires, pourtant autorisés par Pékin (lire notre article "Les contradictions du droit à pétition"). L’article stigmatisait également ceux des cadres qui « se contentaient de faire disparaître les symptômes, mais ne cherchaient jamais la source des rancœurs ».

Au cours du week-end du 21 juillet, le Secrétaire Général Hu Jintao et son successeur Xi Jinping, présidaient une réunion du Bureau Politique et des responsables des provinces. Enfonçant le clou, la convention encourageait les cadres à écouter attentivement les masses excédées par les inégalités croissantes et la corruption du Parti, tout en mettant en place des mécanismes de médiation qui pourraient prévenir l’explosion de colère des foules, que les polices locales répriment en utilisant la manière forte.

Mais il y a loin du discours à la réalité. Presqu’en même temps que ces mises au point, s’abattaient sur la Chine et la capitale les plus fortes pluies que Pékin ait connues depuis 60 ans. Conjonction néfaste entre les bonnes intentions et la brutalité du climat qui, en quelques heures, mettait à jour à la fois de longues années de négligences dans la modernisation du très vétuste réseau d’écoulement des eaux et quelques sérieux ratés du service météo qui n’a diffusé aucune alerte sérieuse, tandis que les retards et hésitations des pompiers de la capitale révélaient à quel point ils étaient mal équipés et mal formés.


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