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›› Politique intérieure

Voiture en feu sous le portrait de Mao. 5 morts 38 blessés

Tous les médias de la planète ont rendu compte de l’incident du 28 octobre à 12h00 qui s’est terminé par l’incendie d’un 4x4 fou sous la photo de Mao Zedong à l’entrée de la Cité Interdite et dont le bilan fut de 5 morts, dont les trois occupants du 4x4 et deux touristes dont une femme de nationalité philippine et un Chinois de la région de Canton et de 38 blessés.

Les incertitudes sont nombreuses et ont été abondamment commentées par la presse non chinoise : Pourquoi la voiture a t-elle pris feu ? S’il s’agit d’un attentat suicide pourquoi n’a t-elle pas explosé ? Et pourquoi 3 personnes à bord ? Comment se fait-il que le 4x4 ait emprunté le trottoir sur 400 m sans être stoppé par la police ? Dans ce brouillard il y a au moins deux faits avérés, liés à la réaction du pouvoir :

1) La censure a immédiatement interdit tout compte-rendu des médias sur l’incident et effacé des réseaux les photos diffusées par le net. Les blocages de l’information ne sont pas nouveaux, mais tous les observateurs auront remarqué la célérité de la réaction. Quand des journaux comme le Global Times ont rapporté l’incident, l’article publié le 29 octobre n’est pas resté en ligne.

Très vite des policiers en civil ont caché la scène par des bâches vertes tendues, tandis que le département de la propagande diffusait aux médias des consignes leur enjoignant de ne pas faire d’enquête indépendante ni d’analyse, de ne pas publier l’incident en première page et de s’en tenir aux informations officielles. Une heure après l’incident les médias officiels expliquaient déjà que « tout était rentré dans l’ordre ».

2) Les soupçons du pouvoir se sont très vite portés sur des séparatistes ouïghours. L’article du Global Times en ligne, qui fut plus tard supprimé, précisait que la police avait dès le 28 octobre au soir envoyé une note à tous les hôtels de Pékin, recherchant des « clients et des véhicules suspects », à la suite « d’un incident majeur survenu lundi ».

La note désignait deux personnes originaires des districts de Shanshan et Pishan dans la Région autonome du Xinjiang, situés respectivement à 150 et 270 km au sud-est de Kashgar. Le 30 octobre au soir on apprenait que le pouvoir qualifiait l’incident « d’acte terroriste » et avait appréhendé 5 suspects.Il n’a cependant pas communiqué sur les éléments qui pourraient attester cette version plutôt que, par exemple, celle, beaucoup plus difficile à gérer politiquement, d’une réaction désespérée suite à des problèmes sociaux.

De ces événements on ne peut pour l’instant que déduire la nervosité du pouvoir, pour qui Tian An Men reste un lieu de mauvaise mémoire marquée d’une contestation de la jeunesse dorée, à laquelle les ouvriers emboîtèrent le pas, avec en arrière plan à la fois l’ombre portée des réformateurs comme Hu Yaobang et Zhao Ziyang nommés puis limogés par Deng Xiaoping, et la répression militaire du 4 juin 1989 dont le Parti porte encore les stigmates.

La fébrilité s’explique également par la proximité du 3e Plenum qui s’ouvrira à Pékin le 9 novembre dans une ambiance politique marquée par une féroce compétition entre les partisans de l’ouverture politique et leurs ennemis. La force conservatrice de ses derniers s’organise de plus en plus autour des idées de la nouvelle gauche et de la défense des « spécificités chinoises » qui rejettent tous les ajustements du système politique aux critères démocratiques désignés comme de dangereux stratagèmes occidentaux pour affaiblir la Chine.


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