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›› Notes bio.

Dirigeant nommé par le 18e Congrès

Wang Yang 汪洋

Le libéral prudent et serein

62 ans, Secrétaire Général du Parti de Canton, membre du Comité Central et du Bureau Politique depuis le 17e Congrès (2007). Lors du 18e Congrès, sa promotion au Comité Permanent du Bureau Politique qui paraissait acquise a été bloquée par les conservateurs. Lors de la 12e ANP, en mars 2013, il a été nommé Vice-premier ministre en charge de l’économie.


*

Etudes et carrière.

Né en 1955, dans le district de Suzhou, au nord de la province de l’Anhui, à 500 km au Nord-ouest de Shanghai, Wang Yang était l’un des plus jeunes candidats au Comité Permanent du BP avant que son ascension ne soit bloquée par la mouvance conservatrice.

Après être entré au PC à 20 ans, il étudie l’économie et l’administration à l’Ecole Centrale du Parti (1979 – 1980 et 1989 – 1992), puis par correspondance à l’université des sciences et techniques de Hefei dont il est diplômé en 1996, à 41ans.

Sa carrière s’est construite par la Ligue de la Jeunesse de l’Anhui, province d’origine de Hu Jintao, où il a notamment servi comme responsable de la propagande et vice secrétaire général de 1983 à 1984. De 1988 à 1992, il est maire de Tongling à 350 km à l’ouest de Shanghai, sur les rives du Chang Jiang. A la fin de sa magistrature, Il a 37 ans. C’est à ce moment que, lors d’une tournée d’inspection dans la province, Deng Xiao Ping le distingue comme un « talent exceptionnel ». Dès lors sa carrière s’accélère.

De 1992 à 1993, il est le responsable de la Commission du Plan de la province. Un an plus tard, il est vice-gouverneur de l’Anhui, poste qu’il occupe pendant 6 ans, avant de « monter » à Pékin en 1999 pour devenir vice-ministre de la Commission Nationale pour la Réforme et le Développement – il a alors 44 ans -. Il y restera 5 ans, sous les ordres de Bao Kexin et de Ma Kai. Il est ensuite promu secrétaire général adjoint du gouvernement avant d’être nommé à la tête de la municipalité autonome de Chongqing, dont il est le Secrétaire Général du Parti de 2005 à 2007.

Après quoi, au 17e Congrès, il entre au Comité Central et au Bureau Politique. En même temps, il prend la tête de la puissante province de Canton, qui, trois ans après sa prise de fonctions, connaissait en 2010 et 2011 des extrêmes effervescences ouvrières et sociales. (Lire notre article Dans la province de Canton, "le printemps des ouvriers a commencé.").

Racines familiales, réseau et convictions politiques.

Wang Yang, dont les origines familiales sont modestes a été contraint de commencer à travailler à 17 ans, suite au décès de son père. C’est à la Ligue de la Jeunesse qu’il doit son ascension et notamment à Hu Jintao, lui aussi natif de l’Anhui. A partir de 1992, l’appui de Deng Xiao Ping a stimulé sa promotion vers les plus hautes sphères de la bureaucratie chinoise.

A Canton, Wang Yang s’est forgé l’image d’un homme politique ouvert, préoccupé du sort des plus défavorisés et capable de dialogue. Se situant clairement dans la mouvance des réformateurs, il prône le renforcement de l’état de droit, la priorité à la consommation interne et à la montée en gamme qualitative, la promotion de la démocratie interne au Parti, l’élargissement du scope des élections directes, la transparence des médias et le renforcement du rôle des syndicats, ainsi que leur indépendance.

C’est dans ce contexte qu’il a proposé que la province de Canton soit choisie pour être le laboratoire des réformes politiques du régime, dont il est convaincu, avec quelques autres, comme Li Keqiang ou Wen Jiabao qu’elles sont la condition indispensable à la modification du schéma de développement du pays et à la survie du PC à la tête de la Chine. Dans ses discours, s’il est vrai qu’il recommande aux cadres sous ses ordres à rester loyaux au Parti, il les incite aussi à « dépasser les tabous idéologiques et politiques ».

Au cours d’une réunion avec les cadres de la province, le 25 décembre 2007, il mettait entre autres l’accent sur les déséquilibres d’un développement encore marqué par la quantité plutôt que la qualité, un retard dans l’innovation et l’éducation, et de graves fractures sociales entre villes et campagnes. Dans le même temps, il encourageait les expériences démocratiques menées à Shenzhen, sous son contrôle, et avec l’assentiment du Centre, par le SG du Parti, Liu Yupu, dont la pierre angulaire était la construction d’un « état de droit démocratique »民主法制建设 (Minzhufa jianshe).

Après les grèves de mai 2010, il a appelé au renforcement des syndicats dans les entreprises privées. Le 12 juin 2010, dans une vidéoconférence, il insistait sur le rôle de l’Etat comme médiateur et sur celui des syndicats comme porte parole des intérêts des ouvriers.

Enfin, Wang qui a cependant pris soin de protéger ses arrières en évitant la contagion dans le reste province, s’est, en décembre 2011, distingué par sa manière de gérer la crise de Wukan. (Lire nos articles La démocratie directe et le défi des révoltes paysannes et La cinquième modernisation).

A l’évidence la manière de Wang de désamorcer les crises sociales en douceur par la concertation et le dialogue tout en réaffirmant sa loyauté au PCC, a heurté ceux qui, au sein de l’appareil, craignent que trop de concessions sociales ne finissent par affaiblir le Parti et créer une contagion des révoltes à travers toute la Chine, menaçant le Régime. Ces considérations expliquent le fait qu’en novembre 2012, Wang ait été tenu à l’écart du Comité Permanent du Bureau Politique, alors que sa nomination semblait acquise.


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