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›› Notes bio.

Dirigeant nommé par le 18e Congrès

Yu Zhengsheng 俞正声

L’ingénieur à l’histoire familiale sulfureuse

Né en 1945, Yu est au Comité Central depuis 1997, membre du Bureau Politique depuis 2002 et du Comité Permanent depuis novembre 2012. Lors de la 12e ANP en mars 2013, il a été élu Président de la Commission Consultative du Peuple Chinois, en remplacement de Jia Qinling. Il est également en charge des Affaires religieuses au Tibet et au Xinjiang. A ce titre il fait partie de ceux qui supervisent la politique de Pékin dans ces régions autonomes sensibles. Ces responsabilités lui confèrent une audience supérieure à celle de son prédécesseur à la Commission Consultative.

Secrétaire du Parti de Shanghai de 2007 à 2012, après la destitution de Chen Liangyu, Yu a la confiance du Parti et bénéficie d’appuis politiques importants. Ses connexions familiales liées à l’histoire tourmentée de la Chine, à la fois avec Chiang Kai-shek et avec Jiang Qing, la dernière épouse de Mao, l’implication de son frère dans une des plus sulfureuses affaires d’espionnage de l’histoire de la Chine et les accusations de corruption qui le frappent dessinent un personnage en marge de l’image lisse et consensuelle présentée par les autres membres du Comité Permanent.


*

Vie et carrière.

Né à Shaoxing dans le Zhejiang, Yu est entré au Parti à l’âge de 19 ans, alors qu’il étudiait le contrôle et le guidage des missiles balistiques à l’institut technologique de Harbin. Doué pour la technique, il travaille d’abord comme ingénieur dans des usines de production d’appareils radio dans le Hebei, avant d’intégrer, en 1975, l’institut national pour la recherche électronique appliquée, où il gravit les échelons hiérarchiques jusqu’au poste de Directeur adjoint (1982). Il a lors 37 ans.

Il est ensuite promu à la direction du Département de microélectronique du Ministère de l’Industrie avant d’être muté au Shandong, où il séjournera 12 années (1985 – 1997), pendant lesquelles il tient successivement les postes de Secrétaire du Parti de Yantai et maire, puis SG de Qingdao.

De 1997 à 2001, il est vice-ministre, puis ministre de la construction dans le gouvernement de Zhu Rongji. En 2001, il est nommé n°1 au Hubei et l’année suivante il est membre permanent du Comité Central. Après son passage au Hubei qui dura 5 ans, il rejoint Shanghai pour y devenir n°1 après Chen Liangyu et le mandat éclair de Xi Jinping.

Racines familiales, réseau et convictions politiques.

Yu est, par sa famille, directement connecté à l’histoire tourmentée de la Chine postdynastique. Son père Yu Qiwei, aussi connu sous le nom de Huang Jing, secrétaire du parti de Tianjin au début des années 50, était le premier mari de Jiang Qing, la dernière épouse de Mao, tandis que le frère de son grand-père, Yu Dawei, oncle de Huang Jing, avait été l’un des ministres de la défense de Chiang Kai-shek.

Son frère Yu Qiangsheng, Chef de bureau à la sécurité d’Etat fut l’un des plus emblématiques transfuges vers les États-Unis en 1985. Sa défection avait permis de mettre à jour l’agent double Larry Chin Wu-tai, membre de la CIA qui se suicida en prison. Selon la rumeur, Yu Qiangsheng aurait été assassiné par des agents chinois sur une plage en Amérique Latine.

Yu dispose aussi de puissants appuis politiques qui plongent leurs racines dans la mouvance de la famille Deng Xiaoping quand il travaillait au fond de soutien aux handicapés animé par Deng Pufang, au milieu des années 80 et jusqu’à Jiang Zemin, alors ministre de l’Industrie quand Yu dirigeait le département d’électronique. Par sa femme, Zhang Zhikai, fille du général Zhang Aiping (ancien n°2 de la CMC et ancien ministre de la défense), il est également lié à l’APL.

Son père Yu Qiwei fut le premier maire de Tianjin. Sa mère Fan Jin, était un écrivain célèbre et éditrice du Quotidien de Pékin.

Dénonçant la corruption – dont il est cependant lui-même accusé -, il prône l’harmonie sociale et le renforcement de l’état de droit. Mais il n’a jamais rien proposé allant dans le sens de plus d’indépendance du système judiciaire et des assemblées.

Yu fut aussi un supporter de Bo Xilai jusqu’à l’affaire Wang Lijun, le chef de la police, n°2 de la municipalité de Chongqing réfugié au Consulat des États-Unis de Chengdu en février 2012. Après quoi il devint l’un des critiques les plus acerbes de la faction populiste.


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