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›› Lectures et opinions

再回兴义忆耀邦 (Zai Hui Xingyi Yi Yaobang)

Après le diner, il me fit appeler : « Jiabao, j’ai un travail pour vous. Prenez quelques camarades et allez visiter un petit hameau hors de la ville. Promenez vous, faites votre enquête et rappelez vous d’éviter les cadres locaux ».

Avant mon affectation au Secrétariat du Comité Central j’avais entendu dire que quand Yaobang se rendait en province, il avait l’habitude de modifier son itinéraire de manière à pouvoir rencontrer directement les gens sur le terrain et se rendre compte directement de la situation à la base. Une de ses phrases favorites était : « je choisis un endroit où les cadres ne sont pas préparés à me voir ». Je compris donc qu’il attendait de moi que je m’efforce de comprendre quelle était la véritable situation à la base.

A la nuit, je sortis discrètement avec quelques camarades. A cette époque la rue de Panjiang était la seule rue du village de Xingyi. De chaque côté, il y avait des maisons basses ; la lumière était faible ; il faisait froid et triste. Après avoir suivi la rue de Panjiang pendant plus de 10 minutes, nous atteignîmes les abords de la ville. Les champs qui nous entouraient étaient plongés dans le noir, et nous avions perdu nos repères.

Puis nous vîmes quelques faibles lueurs assez proches, vers lesquelles nous nous dirigeâmes. C’était un petit village, où nous avons interviewé quelques familles de paysans. Beaucoup d’entre eux furent surpris de voir arriver ces citadins sortis de la nuit. Mais quand ils comprirent l’objet de notre visite, ils nous accueillirent chaleureusement.

Après 22 heures nous retournâmes à la maison d’hôtes. En entrant dans la chambre de Yaobang, je vis qu’il m’attendait, assis dans un fauteuil de bambou. Je lui fis un rapport détaillé, qu’il interrompait souvent par des questions. Il me dit que les cadres dirigeants devaient aller eux-mêmes jusqu’au plus bas niveau de la société pour mener leurs enquêtes, se rendre compte des souffrances du peuple, écouter sa voix, et comprendre la situation directement et sans intermédiaire. Pour un cadre dirigeant, le plus gros danger disait-il, était de se couper des réalités. Des années après, ces paroles graves et sincères de Yaobang résonnent encore à mes oreilles.

Le 8 février, à la veille de la fête du printemps, Yaobang se rendit tôt le matin au Lycée des minorités pour exprimer ses vœux de bonne année aux professeurs de toutes les ethnies et s’entretenir avec eux de manière informelle. Puis il rendit une visite mémorable au village de montagne de Wula, où il avait été invité par Huang Weijia, un paysan du cru. Selon les coutumes locales Huang servit à Yaobang une tête de poulet bouilli, et nous prîmes tous un repas en famille.

Peu après, Yaobang se rendit, après un trajet de 100 km en voiture par des routes de montagne, sur le site de construction d’une centrale hydraulique pour souhaiter la bonne année aux ouvriers qui y travaillaient pendant le nouvel an. Il passa la nuit dans un refuge de fortune construit par le génie de la police armée populaire. Peu après la fièvre le prit et sa température monta jusqu’à 38,7°. En fait, il se sentait déjà malade depuis l’après-midi, mais, comme toujours, il insista pour participer à toutes activités et gardait un bon moral. La nuit était envahie par le craquement des feux d’artifice du nouvel an et les cris des habitants qui se souhaitaient la bonne année.

Mais pas un de nous n’avait l’esprit à la fête. Moi-même et tous ceux qui travaillaient avec lui, nous nous inquiétions pour Yaobang. Le matin du 9 février, sa fièvre était montée à 39°. Nous étions loin des grandes villes de Kunming, Nanning ou Guiyang et il n’y avait pas d’hôpital dans la zone. Heureusement, grâce aux soins prodigués par le docteur de l’équipe, la fièvre de Yaobang retomba dans la soirée et nous fûmes tous soulagés.


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