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再回兴义忆耀邦 (Zai Hui Xingyi Yi Yaobang)

Le matin du 10 février, Yaobang, qui se sentait un peu mieux, se rendit à Baise dans le Guangxi, en dépit des protestations générales. Il arriva à destination à 18 heures après plus de 320 km d’une route de montagne défoncée. Là il nous conduisit sur le site de la 7e Armée Rouge et s’entretint à bâtons rompus avec 8 chefs de districts. Le soir du 11 nous le rejoignîmes. Le lendemain il me demanda d’aller aux abords de la ville pour lui rendre compte de l’état des récoltes, des buffles d’eau et des marchés. A chacun de nos retours à la l’auberge, il nous attendait.

Les 14 et 15 février, il rejoignit la ville de Beihai, via Qinzhou et inspecta le port et les travaux de construction d’une digue. Le 16, il revint à Nanning et retrouva le troisième groupe d’enquêteurs. Là il passa deux jours complets à écouter les rapports des équipes du Yunnan, du Guangxi et du Guizhou.

Le 19 février, le Camarade Yaobang, rassemblant ses propres réflexions et utilisant les conclusions des autres enquêteurs, s’adressa de manière impromptue à un grand rassemblement de cadres du Parti. Il insista particulièrement sur le fait que les cadres provinciaux et ceux de Pékin devaient fréquemment rencontrer la base et s’efforcer de réduire la distance entre le peuple et le pouvoir central.

Non seulement ces rencontres pouvaient créer une bonne ambiance et un excellent moral, mais elles étaient nécessaires pour ajuster la politique et éviter les erreurs. Elles rehausseraient la qualité des cadres, enrichiraient l’expérience et favoriseraient la formation des plus jeunes d’entre eux.

Le 29 février 1986 Hu Yaobang retourna à Pékin avec ses équipes, après deux semaines passées dans les régions pauvres du Sud-est.

Le temps passe vite. Mais je me souviens de cette mission conduite par Yaobang comme si c’était hier. Le 3 avril de cette année, quand je suis retourné à Xingyi, je n’en croyais pas mes yeux. La petite bourgade arriérée était devenue une grande ville, dont la population avait triplé, avec de très hauts immeubles qui couvraient une zone quatre fois plus vaste qu’en 1986.

Quand le souvenir de Yaobang me revient en mémoire, il touche en moi une fibre sensible. Je vois encore Yaobang m’envoyant enquêter la nuit dans ce petit village, dont le souvenir ne m’a jamais quitté. Le 4 avril dernier, je me suis rendu secrètement avec quelques uns de mes camarades à l’endroit du village, espérant retrouver les lieux que nous avions arpentés, il y a de si longues années.

La rue Panjiang, largement éclairée, était noire de monde. Le petit village lui-même n’est plus, remplacé par des gratte-ciel sortis de terre. Cette nuit j’eus quand même envie de visiter les abords de la ville. Avec mes compagnons nous nous sommes dirigés vers les lumières de Yongxing et avons frappé à la porte du fermier Lei Chaozhi, avec qui nous avons entamé une conversation, à laquelle a également participé son voisin.

Voilà 21 ans que Yaobang a disparu. Il se consolera peut-être de savoir que le petit village du Sud-ouest qui lui avait causé tant de soucis a subi des bouleversements considérables. Toute sa vie, il s’est battu sans relâche pour la Nation, suivant la voie correcte du socialisme aux caractéristiques chinoises.

Dès octobre 1985, après mon affectation au Secrétariat Général, j’ai pu toucher du doigt à quel point il était proche du peuple et de ses souffrances. J’ai aussi pris la mesure de la manière exemplaire dont il remplissait ses fonctions, de son dévouement désintéressé, de son ouverture d’esprit, de sa hauteur de vue et de sa rigueur morale.
J’ai été directement témoin de l’abnégation avec laquelle il se consacrait corps et âme au travail et à la cause du Parti et au service du peuple. Ce qu’il m’a enseigné au cours de ces années est resté gravé dans mon cœur et son exemple m’empêche de me laisser aller. La manière dont il traitait les affaires eut une immense influence sur mon travail, mes études et ma vie.

En janvier 1987, Hu n’était plus Secrétaire Général du Parti. Je lui rendais souvent visite chez lui. Le 8 avril 1989, quand il tomba malade, et que les médecins s’efforçaient de le sauver, j’étais en permanence à ses côtés. Le 15 avril, quand il s’éteignit brutalement, je me rendis à l’hôpital le plus vite possible.

Le 5 décembre 1990, j’ai raccompagné son cercueil vers sa ville natale de Gongqing dans le Jiangxi. Depuis sa mort, je me suis rendu à son ancien domicile, à chaque nouvel an. C’est toujours avec une grande émotion et beaucoup d’amour que je regarde sa photo dans le salon. Son regard profond et son expression décidée me donnent la force, le courage et la détermination nécessaires pour servir le peuple.

Retournant à Xingyi pour me pencher sur le passé, j’ai rédigé cet essai qui exprime le souvenir - pour moi très précieux - que j’ai gardé de lui.


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