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天宫 2. La revanche céleste de la Chine

NOTES de CONTEXTE

Coopérations avec la Chine

En mai dernier, le Major General Charles Bolden de l’aviation du corps des « Marines » en retraite, aujourd’hui administrateur de la NASA, appelait le Congrès à lever l’embargo sur les relations avec la Chine dans le domaine de l’espace. Compte tenu des actuelles tensions entre Pékin et Washington et du faible soutien parlementaire à Bolden, la perspective d’une reprise des coopérations spatiales entre la Chine et la NASA est faible.

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Alors que dans l’exploration spatiale Pékin coopère avec la Russie et l’Europe (avec les réserves signalées dans l’article), les États-Unis n’ont cessé de multiplier les barrières aux échanges avec la Chine, parfois contre l’avis des scientifiques américains.

Les raisons de l’ostracisme sont doubles : la crainte des captations de technologies à quoi s’ajoute l’accusation américaine devenue une idée fixe chez certains responsables, selon laquelle l’objectif de Pékin serait de développer des armes spatiales pour menacer le réseau de satellites américains. Lire notre article Les armes LASER de l’espace. Projets chinois et peurs américaines

En 2011, une loi votée par le Congrès avait encore durci les obstacles à une coopération spatiale sino-américaine limitant même, sauf autorisation spéciale, les subsides destinés à financer l’accueil de visiteurs chinois à la NASA. La conséquence directe la plus spectaculaire du veto américain est que la Chine a été tenue à l’écart de la station spatiale internationale. Cette réalité a probablement été un des facteurs ayant accéléré le projet de la station spatiale chinoise Tiangong 天宫, devenue l’un des cœurs des projets spatiaux chinois.

Volet scientifique.

Au centre, Pan Jianwei, Docteur en physique de l’Université de Vienne responsable chinois du projet « Quanta ». A sa droite Heinz W. Engl recteur de l’université de Vienne et à sa gauche Anton Zellinger physicien autrichien travaillant sur la connectivité des particules subatomiques qu’il a déjà observée à des distances de plus de 100 km. Au-delà, la courbure de la terre rend l’expérience sur terre impossible. Les trois sont photographiés à Jiuquan (Gansu) le 16 août dernier.

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A côté des expériences opérationnelles directement liées à la mise en œuvre de sa station spatiale destinée à lui conférer un statut (vols habités, manœuvres télécommandées et arrimages, sortie dans l’espace, télémétries, alimentation solaire, maîtrise des trajectoires etc.), la Chine tient à conférer à ses projets une empreinte scientifique. Elle l’avait déjà fait en coopérant avec l’Agence Spatiale Européenne sur le projet Cluster.

Le 16 août dernier, elle a, en coopération avec l’Autriche, lancé depuis son pas de tir de Jiuquan dans le Gansu un satellite destiné à étudier la théorie des « quantas » (selon laquelle les particules subatomiques peuvent se trouver simultanément à deux endroits différents et, en même temps, interagir l’une sur l’autre).

Le domaine dont le potentiel déjà imaginé par nombre de scientifiques dans le monde, entrouvre la voie, encore de l’ordre de la pure science fiction, de la « téléportation ». L’originalité de l’expérience spatiale chinoise réside dans le fait que l’interaction des particules déjà testée par des chercheurs à la distance de 143 km séparant Tenerife de Las Palmas dans l’archipel des Canaries serait testée entre le satellite et la terre à Vienne et à Pékin à une distance de 1200 km.

Polémique autour de Tiangong 1

Selon Xinhua, le laboratoire spatial Tiangong 1, étape expérimentale intermédiaire vers Tiangong 2 et 3, lancé par la Chine en septembre 2011 a terminé sa mission et se consumera dans l’atmosphère à la fin 2017. Démentant les commentaires alarmistes sur le risque posé par le satellite, TS Kelso, chercheur au Space Standards & Innovation (CSSI) explique que la polémique n’a pas lieu d’être, la trajectoire du module étant pour l’instant stable.

Le 23 septembre un article de phys.org (How to see the doomed Tiangong-1 Chinese space station) confirmait que même s’il était impossible de l’exclure totalement, comme le souligne John McDowell, astrophysicien de Harvard, le risque de dommages à la terre et à ses habitants causés par le satellite était infinitésimal.

Au cours de son séjour dans l’espace, Tiangong 1 a arrimé les vaisseaux Shenzhou 8 à 10, (les deux dernières missions du module avaient à bord trois astronautes chinois), confirmant les progrès de la Chine dans le domaine des vols habités et dans celui des manœuvres de précision télécommandées de la terre.


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