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›› Economie

L’inflation s’incruste. La bourse et les banques faiblissent. L’immobilier tient le coup

1. Industries. Energie.

• Industrie des logiciels. A l’occasion de la 9e foire de Dalian des technologies de l’information et des logiciels qui s’est déroulée à la mi-juin l’agence de presse Xinhua s’est livrée à une analyse prospective du secteur et à une comparaison avec l’Inde.

L’outsourcing chinois des logiciels en forte croissance depuis plusieurs années (+43% en 2010) ne s’alimente que du marché japonais - soit seulement 10% du marché mondial, alors que celui de l’Europe et les Etats-Unis en représente 80% -. En outre, il se développe de manière anarchique, multipliant les métropoles provinciales qui tentent d’imiter l’exemple de Dalian, dont la bascule de l’industrie lourde vers le secteur des hautes technologies avait réussi grâce à l’implantation de groupes high-tech étrangers comme Intel.

La tendance quantitative s’accompagne d’une perte de compétitivité due à l’augmentation des salaires et des coûts de production en hausse de 20% depuis 2009. Michael Ye, Président du Parc Industriel des Logiciels de Dalian, cité par Xinhua, estime que l’avenir dépendra de la capacité de la Chine à endiguer la frénésie quantitative qui pousse à la fragmentation et au gaspillage, pour réduire à 4 ou 5 les centres des logiciels chinois, à l’instar de l’Inde qui n’en compte que 2.

A côté du resserrement géographique, l’autre axe d’effort devrait porter sur la montée en gamme technologique. Mais, conclut Ye, il faudra de longs délais avant que la Chine puisse concurrencer l’Inde sur les marchés occidentaux.

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• Nucléaire. Le 13 juin, sur le site du ministère de l’environnement, le vice-ministre Li Ganjie annonçait que les 13 centrales en fonctionnement et les 28 en construction avaient été testées et que le programme nucléaire allait être poursuivi. La décision répond aux immenses besoins en énergie de la Chine en augmentation de 12% chaque année. Dans ce contexte tendu, l’objectif est de disposer de 100 centrales en fonctionnement en 2020.

Deux inquiétudes des écologistes chinois basés à Hong Kong sont passées sous silence. La première concerne la gestion des déchets que la Chine, pas plus qu’aucun autre pays, ne sait stocker de manière satisfaisante après 50 années d’utilisation de l’énergie nucléaire dans le monde. Des discussions sont en cours avec la France et Areva sur un projet de retraitement conjoint. Une éventualité qui, selon certains, ne résout pas le problème des déchets et augmente le risque global de prolifération d’uranium de qualité militaire.

La deuxième inquiétude est liée à la proximité de nombreuses centrales avec le tissu urbain que les responsables ne semblent pas vouloir prendre en compte.

• Consommation de pétrole et de gaz. La consommation chinoise de pétrole a augmenté de 860 000 barils / jour en 2010, ce qui signale une accélération de la hausse de la consommation, passée de 4% en 2009 à 10% en 2010. A elle seule, l’augmentation de la consommation chinoise représente la presque totalité de la hausse de production de l’OPEP en 2010. Avec les Etats-Unis, qui consomment 2 fois plus que la Chine, les deux pays absorbent le tiers de la consommation globale de pétrole de la planète. Ramenée à la consommation par habitant, le rapport Chine - Etats-Unis est de 1 à 10.

L’agence internationale pour l’énergie anticipe que dans les années à venir la Chine augmentera massivement sa consommation de gaz. Celle-ci passera de l’équivalent de celle de l’Allemagne en 2010 à celle de toute l’UE en 2035. Pour faire face à la demande globale la production mondiale devra atteindre 1800 Milliards de m3, soit 3 fois la production actuelle de la Russie. 40% de cette production mondiale serait dépendante des gaz de schiste, dont l’exploitation engendre des pollutions graves. Dans 6 provinces de Chine, dont le Henan et le Jiangsu, la production d’électricité par des centrales thermiques au gaz a triplé en 2010 et 2011.

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• D’un miracle asiatique à l’autre. L’outsourcing traditionnel des produits bon marché à la chinoise, allant du vêtement et de la chaussure aux pièces de rechange copiées d’une variété infinie de modèles, en passant par l’outillage, le linge de maison et la vaisselle, est en train de mourir, tué par la hausse des salaires et des coûts de production estimée en moyenne à 20% en 2010.

Plus encore, ni la Bengladesh, ni l’Indonésie, ni la Malaisie ni le Vietnam, ou l’Inde, ni même l’ouest de la Chine ne remplaceront l’exceptionnelle alchimie industrielle du bassin de la Rivière des Perles, alliant un inépuisable réservoir de main d’œuvre bon marché, à l’infrastructure logistique et financière de Hongkong.

Cette réalité aura une incidence sur les prix mondiaux, dont la hausse annuelle prévisible sera en moyenne de 5%, sans possibilité de pause, prévient le journal The Economist qui rend compte d’une conversation avec Bruce Rockowitz, Directeur de Li & Fung, roi de l’outsourcing.

Mais déjà se dessine à la foire informatique de Taipei, Computex, ouverte le 31 Mai, une autre nébuleuse d’activités de cette région du monde jamais en mal d’idées pour les affaires, et dont les produits, souvent copiés sans licence, concurrencent déjà ceux des géants mondiaux des nouvelles technologies.

Les articles ne sont plus des chaussures ou des vêtements de marque, au coût de fabrication dérisoire, revendus 30 à 50 fois plus chers en Europe ou aux Etats-Unis, mais des mini ordinateurs extra plats, des écrans à commandes digitales, des iPods, des livres électroniques, ou des « ultraportables », tarifés entre 100 et 300 $, à quoi s’ajoutent toute une série d’appareils et d’équipements destinés à réguler la consommation et la puissance de l’éclairage public ou des réfrigérateurs qui accompagnent la vague du « green business ».

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2. Tendances macroéconomiques.

• Mauvaise situation des PME. Le 9 juin, le Shanghai Securities News, journal spécialisé dans les marchés boursiers a rapporté une mise en garde de la fédération chinoise de l’industrie du commerce, qui couvre 16 provinces, signalant les difficultés de trésorerie des PME, marquées par des retards dans le paiement des fournisseurs et des salaires. Une situation qui renvoie aux risques de troubles sociaux.

Une des raisons des difficultés est la réticence des banques à prêter au PME jugées moins fiables que les entreprises d’état soutenues par le gouvernement. Officiellement le taux d’intérêt des prêts bancaires est fixé à 6,31%, mais les PME, dont la production compte pour 60% du PIB chinois, ont du subir des hausses du taux plus importantes.

• Ralentissement de la production. Selon le China Daily, la production manufacturière a atteint en mai son niveau le plus bas depuis 9 mois. La baisse enregistrée était cependant moins ample que beaucoup le craignaient. Ce qui n’a pas empêché de nombreux acteurs économiques de condamner la politique de resserrement du crédit bancaire. Il est cependant peu probable le gouvernement abandonne la rigueur destinée à contrôler l’inflation persistante. Le 14 juin la Banque Centrale relevait pour la 4e fois depuis septembre le taux de réserve obligatoire des banques, aujourd’hui fixé au niveau record de 21,5%.

• L’inflation s’accélère et la bourse faiblit. La hausse des prix a atteint 5,5% en mai, avec le dérapage du prix des produits alimentaires pouvant aller jusqu’à 30% pour la viande de porc. De nombreux experts estiment que la hausse moyenne des prix atteindra 6% en juin. Dans le même temps, la banque de Chine rendait compte d’une baisse de 30% du crédit bancaire, signalant les premiers effets de la politique de rigueur. Mais, signes contradictoires, les prix immobiliers n’ont baissé que dans quelques villes et les investissements dans la construction d’actifs immobiliers (usines et appartements) continuaient à croître au rythme de 25% par mois.

Pour ajouter à la complexité du tableau, les nouvelles de la bourse de Shanghai restaient moroses. Sur les 184 introductions en bourse depuis novembre 2010, 133 ont terminé la première journée de cotation à un cours plus bas que celui du matin (Les Echos du 13 juin). Au cours du mois de mai les capitaux levés au cours des 27 introductions en bourse on été en moyenne 40% en-dessous de ceux de 2010. Et l’indice composite de la bourse de Shanghai a perdu 40% de sa valeur depuis octobre 2007.

Cette situation inquiète les dirigeants chinois au moment où Shanghai s’apprête à introduire les cotations des entreprises étrangères, considérées par le public chinois comme plus solides et plus fiables, bénéficiant d’un engouement qui pourrait, au moins dans un premier mouvement, assécher les flux des capitaux vers les entreprises chinoises.

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• Suppression de dettes non recouvrables des provinces. Selon une dépêche de l’agence Reuter du 31 mai, le gouvernement chinois aurait pris la décision de supprimer entre 300 et 460 Mds de $ de dettes contractées par les institutions financières des provinces durant l’année 2009. Les mauvaises dettes seraient épongées par la banque centrale et quelques unes des grandes banques chinoises. Certains gouvernements de province pourraient être autorisés à émettre des obligations garanties par l’état.

La nouvelle, qui n’a pas été confirmée officiellement, a déclenché quelques commentaires alarmistes sur la santé des finances chinoises, certains anticipant une crise pour 2013. Guo Tianyong, un économiste l’Université Centrale d’Economie et de Finances publiques, estimait que le transfert à d’autres des dettes non recouvrables contractées par les 3800 institutions financières locales ne résoudrait pas le problème de fond. La question de savoir qui les rembourserait restait entière.

Mais, contrairement à plusieurs agences de rating, Andy Xie, économiste indépendant, ancien de la Morgan Stanley et du FMI ne croit pas à un accident économique, évoquant le faible endettement des ménages et la nature des dettes, détenues par des opérateurs publics.

• Taux de change du Yuan. Un an après le retour d’un taux de change flottant contrôlé par la banque de Chine, la monnaie chinoise s’est appréciée de 4,5 % à un rythme plus rapide que prévu par la plupart des analystes.

Le 17 juin 2010, il s’échangeait à 6,47 $ contre 6,78 $ le 13 juin 2010. Depuis le début de l’année il s’est apprécié de 1,78% et certains estiment qu’il pourrait avoir gagné 5%, peut-être plus, d’ici la fin de l’année.

Rappelons que le 12 juillet 2005, quand le RMB avait été autorisé à flotter pour la première fois dans les limites étroites définies chaque jour par la Banque de Chine, il s’échangeait à 8,28 $. La monnaie chinoise s’est donc appréciée de 21,8% en 6 ans, à un rythme annuel de 3,5%.

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• Impôts et taxes. Du 25 avril au 31 mai, le gouvernement chinois a recueilli l’avis des internautes sur son projet de réforme des impôts mis en ligne. Les principales modifications, motivées par le souci de redistribution, concernaient le relèvement à 3000 RMB (323 €) - salaire mensuel - du seuil d’imposition - qui était déjà passé de 1600 RMB à 2000 RMB en 2008 - et la modification du plafond de revenus sujets à plus de 45% de taxes, abaissé de 100 000 (10 700 €) à 80 000 RMB mensuels. Le relèvement du seuil à 3000 RMB, bénéficierait à 200 millions de chinois à faibles revenus, et réduirait l’assiette des impôts directs sur les revenus à 12% de la population, contre 28% actuellement.

Les réponses en ligne (240 000, selon le China Daily) signalent la crainte de l’inflation et les difficultés de la vie quotidienne. Un grand nombre d’internautes estimaient en effet que le seuil de 3000 RMB n’était pas assez élevé, tandis qu’un sondage effectué parallèlement auprès de 2,4 millions d’internautes montrait que la majorité aurait souhaité le rehausser à 5000 RMB. C’était aussi l’avis de plus de 70% d’experts de l’économie chinoise.

Les critiques académiques de la réforme regrettent que le système de taxation ne s’attaque pas aux considérables revenus de « l’économie grise », et accorde autant d’importance à la TVA et aux impôts indirects. Hu Shuli, journaliste au franc-parler, éditrice de Caixin Media, Century Weekly et China Reform expliquait que la réforme devrait plutôt « taxer les rentes et les monopoles, au lieu de pénaliser le travail et le talent ».

Les détracteurs pointent aussi du doigt le fait que les revenus des impôts ne servaient qu’à accompagner les investissements publics d’infrastructures et les projets industriels, et sont en revanche assez mal redistribués vers les dépenses de santé, d’éducation et retraite. Selon le Ministère des finances, l’impôt sur le revenu a rapporté 483,7 Mds de RMB (52 Mds €) en 2010, contre 41,4 Mds de RMB en 1999.

• La Chine autorise les investissements étrangers en yuans (AFP). La Chine, dont la monnaie est encore étroitement arrimée au dollar et n’est pas convertible pour les comptes en capitaux, encourage depuis plus d’un an l’utilisation du yuan pour ses échanges avec des pays voisins, notamment en Asie du Sud-Est, et a procédé à plusieurs émissions d’obligations d’Etat à Hong Kong.

Désormais il est possible d’investir directement en yuans en Chine, sous réserve d’une approbation par une commission ad hoc, précise la banque centrale, qui rajoute que la mesure est dans une phase expérimentale. Selon le quotidien économique Diyi Caijing Ribao, qui rapporte un sondage de la Deutsche Bank auprès de 44 multinationales, 65% des entreprises étrangères se disent intéressées par l’utilisation du yuan à la place d’une devise étrangère pour investir en Chine.

La nouvelle législation devrait augmenter le nombre d’entreprises étrangères qui lèveront des fonds en Yuan à Hong Kong destinés à leurs investissements en Chine. Pékin continue sa lente marche vers l’internationalisation de sa monnaie, tout en hésitant à franchir le pas décisif de la convertibilité. Il y a loin de la coupe aux lèvres. En 2010, selon la Banque Centrale, seulement 5,7% du commerce extérieur de la Chine a été réglé en Yuan.

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• Les gouvernements locaux sont autorisés à lancer des emprunts garantis par l’état. Dans le but d’appuyer la levée de capitaux destinés à rattraper le retard dans le financement des logements sociaux, une des priorités majeures du gouvernement, les administrations locales viennent d’être autorisées par Pékin à lancer des emprunts garantis.

Dans un contexte flou, acculé par le manque de capitaux, Pékin installe une mesure ponctuelle destinée à financer le logement social, mais que certains identifient comme un nouveau risque de dérapages des créances des provinces. Les administrations locales avaient en effet systématiquement contourné l’interdiction de contracter des emprunts bancaires en créant des institutions financières dont les dettes non recouvrables ont explosé en 2008 et 2009.

Les responsables le la Commission Nationale pour le Développement et la Réforme, à l’origine de la mesure, expliquent que les émissions d’emprunt et l’utilisation des capitaux ainsi levés seront cette fois strictement contrôlées.

• Inondations. Après la sècheresse, 8 provinces du centre et du sud sont touchées par les inondations, les plus sévères depuis 20 ans, disent les paysans, frappant plusieurs millions de personnes et provoquant la hausse des prix des fruits et légumes. Plus de 180 personnes ont perdu la vie et 80 sont portées disparues, alors que de nombreuses digues ont cédé. Près de 2 millions de personnes ont du être évacuées et les dégâts sont estimés à plus de 5 Mds de $.

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3. Commerce et Investissements.

• Quête de ressources et de terres en Amérique latine. En 2010 et 2011, les investissements chinois en Amérique latine ont atteint plus de 15 Mds de $, dont la plupart sont allés au Brésil 60% et en à l’Argentine 40%. Au cours des 3 dernières années plus de 70% des investissements chinois ont été dédiés à l’énergie et aux ressources minières, où le Venezuela a également tenu une part importante.

La stratégie s’appuie sur la force de frappe de la China Development Bank, qui prête beaucoup et à long terme. Depuis quelques années 32 Mds de $ ont été prêtés au Venezuela contre des livraisons de pétrole régulières de plus de 400 000 barils/ jour, équivalent à 20% du total de ses exportations. Le pétrole vénézuélien garantit un prêt de 6 Mds de $ à Cuba en vue de la construction d’une usine de liquéfaction de gaz et l’extension d’une raffinerie. En échange Pékin obtient des droits d’explorations dans 2 blocs cubains du golfe du Mexique à 100km des côtes de Floride.

La même opération prêts contre droits d’exploration a été réalisée en 2010 avec l’Equateur, pour un montant de 1 Md de $ et en 2009 avec le Brésil pour 10 Mds de $. En 2010, la CNOOC s’est associée à 50/50 avec un groupe familial argentin Bridas Energy Holding Ltd, pour racheter les parts de BP dans la Pan Americain Energy, conférant à la Chine un contrôle sur 18% de la production de pétrole et de gaz argentin, qui s’ajoute à ses actifs représentant 50% des plus grandes réserves d’hydrocarbures d’Argentine du champ d’hydrocarbures de Cerro Dragon dans l’extrême sud du pays.

Dans la même zone la Chine a prêté 2,6 Mds de $ sur 10 ans pour rénover le réseau ferré qui connecte la capitale à l’arrière pays et investi 80 millions de $ pour réactiver une mine de fer. En 2011, le groupe sino-argentin a racheté les parts d’Exxon Mobil en Argentine, au Paraguay et en Uruguay. Le plus souvent, grâce aux prêts de la CDB, les compagnies chinoises parviennent à s’assurer des prix garantis sur de longues périodes pouvant aller de 10 à 40 ans, les mettant à l’abri des fluctuations des coûts. Il arrive, comme en Argentine, au Chili ou au Brésil, que les accords conclus avec la Chine entraînent de sévères controverses politiques internes.

Depuis quelque temps, les compagnies chinoises convoitent aussi la production agricole et les terres. Déjà la Chine achète la presque totalité de la production argentine de soja, tandis que le groupe agricole du Nord-est chinois Heilongjiang Beidahuang Nongken Group (HBN) envisage d’acheter ou de louer plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres à soja et à blé et à vignobles dans le sud du pays.

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• Echec des négociations avec Gazprom. La Chine et la Russie n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le prix du gaz livré par un gazoduc à construire d’ici 2015 entre la Sibérie et la côte Est chinoise. Anticipant que sa consommation de gaz allait doubler dans les années la Chine exige un rabais significatif, tandis que les Russes souhaitent vendre le gaz au prix payé par les Européens indexé sur le pétrole.

Les négociations avec Moscou sur l’énergie ont toujours été difficiles. La Russie refuse aussi de vendre tout au partie de ses actifs du secteur de l’énergie à la Chine. A long terme, cependant dès lors que la Chine et l’UE diversifieront leurs sources d’approvisionnement, Gazprom ne pourra plus ignorer la demande chinoise. Celle-ci, estimée en 2009 lors de l’accord entre CNPC et Gazprom, prévoyait la livraison de 68 millions de m3 chaque année pendant 30 ans, au prix de 250 $ /m3 souhaité par CNPC, contre 300 $ exigé par Gazprom.

• Accords avec le Kazakhstan. A la mi-juin, le président Hu Jintao, en visite à Astana, a officiellement lancé la coopération nucléaire signée en février 2011, qui comprend la fourniture d’uranium à la China Guangdong Nuclear Corporation. Cet accord s’ajoute aux investissements de CNPC dans le secteur des hydrocarbures (Voir notre article).

• Les fortunes chinoises exportent leur folie de l’investissement immobilier. Les restrictions chinoises destinées à freiner la spéculation poussent les investisseurs hors de Chine. Les premières destinations après Hong Kong sont le Vietnam, la Malaisie et la Thaïlande, Sidney, Singapour, San Francisco, la Floride, Manhattan, Vancouver, Londres.

• Hausse des IDE en Chine. Sur les 5 premiers mois de 2011 la Chine a attiré 48 Mds de $ d’IDE, soit 23,4% de plus qu’en 2010. Une partie de cet afflux, recyclé par Hong Kong, vient des sorties de capitaux chinois expatriés vers des comptes off-shore, et réinvestis en Chine, attirés par les perspectives de hausse de la monnaie chinoise et de profits rapides de certains secteurs tels que l’aluminium, les compagnies de téléphonie mobile, l’internet, l’immobilier de luxe, le transport aérien, les énergies vertes, le traitement des eaux, les mines de charbon etc.

• Achat de dettes souveraines. En avril la Chine détenait 1149 Mds de $ de bons du trésor américains, en légère hausse de 0,8% par rapport à décembre 2010. Le montant de la dette publique européenne détenue par la Chine n’a pas été rendu public. Les spécialistes l’estiment à 600 Mds €.

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• Echec des négociations entre Encana Canada et Petrochina. Le 22 juin, les deux sociétés déclaraient qu’après une année de pourparlers, elles n’étaient pas parvenues à un accord sur le développement partagé d’un gisement de gaz de schistes dans l’ouest du Canada. Les négociations qui portaient sur un investissement conjoint évalué à 5,5 Mds de $ on achoppé sur l’évaluation des actifs de la compagnie canadienne. Le dernier investissement de Petrochina remonte à 2009, avec l’achat de 60% des parts, pour un montant de 1,9 Mds de $ dans 2 gisements de pétrole dans l’Alberta.

• Problèmes financiers d’une compagnie de construction chinoise en Pologne. A la mi-juin on apprenait que le gouvernement polonais avait mis fin au contrat de la compagnie de construction chinoise China Overseas Engeneering Group (COVEC). Filiale de China Railway, une des plus grandes sociétés de construction en Asie, elle avait remporté en 2009 l’appel d’offres pour la construction des 50 km d’autoroute reliant Varsovie à la frontière allemande.

A l’époque, les concurrents européens avaient accusé la compagnie chinoise de dumping. Peu avant la décision des autorités polonaises, la Covec avait, sans succès, tenté de renégocier les termes du contrat.
L’échec de cette première opération d’envergure chinoise en Europe de l’est n’est pas sans soulever des interrogations, tant il paraît étrange que, compte tenu du caractère emblématique du projet, la société n’ait pas bénéficié d’un appui de China Railway et de Pékin.

 

 

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