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Vacuité diplomatique et crispations militaires dans le Pacifique occidental

Le 22 avril le général Dempsey, Président du comité des Chefs d’état-major américain était à Pékin. A cette occasion son homologue, le Général Fang Fenghui, Chef de l’Etat-major Général insistait sur leur responsabilité commune dans le maintien de la stabilité en Asie Pacifique. L’Américain répondit sur le même ton, essayant, sans vraiment y parvenir, de rassurer son homologue chinois sur l’innocence de la bascule stratégique de Washington vers le Pacifique Occidental.

Fang, qui, comme tous les militaires chinois, considère les États-Unis comme l’ennemi potentiel de l’APL en cas de conflit, en même temps qu’un partenaire indispensable et éventuellement un modèle à rattraper, a bien voulu reconnaître que « l’Océan Pacifique était assez grand pour tout le monde », et qu’il était de l’intérêt commun de Washington et de Pékin d’éviter « les compétitions sournoises malveillantes, ainsi que les frictions et les confrontations ». Pourtant, disant cela il ne pouvait pas ne pas avoir à l’esprit les termes du Livre Blanc chinois sur la Défense, paru le 16 avril, où les États-Unis étaient accusés « d’aggraver des tensions en Asie Pacifique en augmentant leur présence militaire et en renforçant leurs alliances ».

Les échanges militaires à ce niveau stratégique font suite à la récente visite en Chine du secrétaire d’Etat au trésor Jacob Lew, le 19 mars dernier, où le Président Xi Jinping et le Premier Ministre Li Keqiang laissaient entendre qu’en dépit de leurs divergences, Washington et Pékin parviendraient à s’entendre sur l’essentiel, c’est à dire le contrôle des tensions bilatérales et la coopération pour préserver la paix en Asie Pacifique.

Mais, l’observation des récents événements laisse penser qu’il faudra plus que des bonnes paroles diplomatiques pour éviter que les situations ne s’échauffent encore, qu’il s’agisse des relations Washington – Pékin, de la carte sauvage de Pyongyang, ou encore des relations heurtées de Pékin avec Tokyo et les pays de l’ASEAN.

Après que la Maison Blanche ait directement accusé l’APL de « cyber-attaques » et de vol massif de données informatiques, y compris celles des compagnies américaines investies en Chine, au Congrès des voix crispées évoquèrent des représailles contre les investissements chinois aux États-Unis ; dans le même temps, le département du Trésor américain soulignait que le Yuan restait « significativement sous-évalué », évitant cependant d’accuser la Chine de « manipuler » sa monnaie ; sur la question nord-coréenne, enfin, Washington accentuait ses pressions pour que Pékin pèse sur son allié, sans cependant savoir quelle serait la réponse chinoise.

En Asie Pacifique, les alliances du Pentagone avec Tokyo, Séoul et Manille, à quoi s’ajoutent les fréquents exercices dans la zone d’intérêt stratégique de Pékin, en Mer de Chine du sud avec Manille et Hanoi, ou en mer du Japon et sur la péninsule coréenne, récemment survolée par des bombardiers stratégiques B.52 et B.2, potentiellement porteurs de charges nucléaires, créent un malaise et des retranchements inamicaux peu propices à une solidarité stratégique.

Ces exacerbations handicaperont une coopération efficace du couple Washington - Pékin pour apaiser les tensions sino-japonaises, tandis que les réunions annuelles de l’ASEAN organisées cette année à Brunei favorisent le retour des exaspérations de Manille, Hanoi et Djakarta, autour des querelles territoriales avec la Chine.

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Aggravation de la crise Tokyo – Pékin.

L’aggravation de la discorde entre Tokyo et Pékin s’alimente de la querelle des Senkaku. Elle vient encore de monter d’un cran à la suite de l’accord sur les pêches autour des îlots, signé le 10 avril par Taipei et le Japon, heurtant violemment la sensibilité politique de la Chine. Piqué au vif par l’émancipation diplomatique de Taïwan, Pékin demandait le report de la conférence des chefs de gouvernement qui, en mai prochain, devait réunir pour la première fois à Tokyo le Premier ministre chinois Li Keqiang, la Présidente de la Corée du Sud Park Geun-hye et le PM japonais Shinzo Abe.

Les crispations se durcirent encore quand les 21 et 23 avril, 3 ministres de Shinzo Abe, dont Taro Aso, vice-premier ministre et 168 députés se rendirent au temple Yasukuni où sont honorés 14 hauts dignitaires condamnés pour crime de guerre, exécutés par les alliés en 1945. Aux protestations de la Chine et de la Corée du sud, ponctuées par l’annulation de la visite officielle au Japon du ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Shinzo Abe, qui s’était lui-même rendu au temple le 17 octobre 2012, avant son élection, répliqua sur un ton martial que ses ministres ne cèderaient pas aux intimidations.

En même temps, il menaça d’expulser par la force tout ressortissant chinois qui accosterait les îlots Senkaku. L’avertissement était lancé alors qu’à l’intérieur des 12 miles nautiques autour des îlots se déroulait un chassé croisé entre une flottille de 10 embarcations transportant 80 nationalistes japonais venus affirmer la souveraineté du Japon, 8 bâtiments de surveillance chinois – un record depuis le début des tensions –, qui tentaient de les chasser, et des gardes côtes japonais, s’efforçant eux-mêmes de repousser les Chinois hors de la zone.

Pourtant, au milieu de ces tumultes traversés par l’accumulation des sentiments nationalistes irrationnels, pas le moindre coup de feu n’a encore été tiré. Tandis qu’en sous main, les deux partis conscients des risques seraient, disent les rumeurs, occupés à préparer une rencontre entre responsables de la défense pour éviter un dérapage.

Si elle avait lieu, cette réunion marquerait la première pause dans la suite ininterrompue des provocations - réactions, depuis que Tokyo avait, en septembre dernier, nationalisé une partie des îlots. Shinzo Abe lui-même s’est dit favorable à des pourparlers avec la Chine. Mais il est probable que Pékin attend plus qu’une simple déclaration de bonne volonté.

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Exaspérations en Mer de Chine du Sud.

Si en Asie du Nord-est, la Chine peut se dire offusquée par le raidissement japonais, sa position vis-à-vis des pays de l’ASEAN, portée par des affirmations de puissance plus agressives, est politiquement plus fragile, mais tout aussi inflexible. Au sommet de l’ASEAN qui se tient à Brunei depuis le 24 avril, l’ambiance est ambivalente.

Déjà très perplexe à la perspective aléatoire d’un grand marché complètement ouvert d’ici 2015 entre l’ASEAN, la Chine, le Japon, la Corée du sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Inde, elle est carrément morose sur la possibilité de parvenir à un Code de Conduite capable de contrôler les dérapages nationalistes en Mer de Chine du Sud, et acceptable pour Pékin, qui, on le sait, souhaite négocier ses différends séparément avec chacun des États.

Des retours inquiétants à propos des pressions chinoises aux abords des Philippines et de la Malaisie viennent assombrir l’atmosphère au point que, même le très policé ministre des Affaires indonésien Marty Natalegawa, ancien ambassadeur de Djakarta aux NU et au Royaume Uni, a exprimé sa déception face aux attitudes de la Chine qu’il accuse de « violer par une série d’actions unilatérales sa promesse d’agir avec le maximum de retenue », inscrite dans la « déclaration sur le code de conduite » signée à Phnom-Penh en 2002. La prise de position de Djakarta mérite attention car l’Indonésie, qui n’a aucun contentieux territorial avec Pékin, s’exprime d’une position neutre.

Le 22 avril, Reuters publiait une longue dépêche sur les conséquences pour les pêcheurs Philippins des tensions d’avril et mai 2012 aux abords du récif de Scarborough situés à 130 nautiques à l’ouest de l’ile de Luzon et à 500 nautiques des côtes chinoises.

A cette époque, la présence insistante de la marine de Pékin, perçue comme illégitime et provocante, avait forcé les pêcheurs philippins à évacuer la zone. « Après douze années de campagnes de pêche dans la zone très poissonneuse des récifs qui offrent aussi une protection en cas de mauvais temps, nous avons, dit l’un d’entre eux, été chassés par des bateaux chinois et nos affaires se sont effondrées...Récemment les gardes côtes chinois blancs, armés de mitrailleuses ont mouillé des cordages pour bloquer l’accès à la zone ».

Pékin, qui ne bouge pas d’un pouce, explique que la plainte déposée aux NU par les Philippines dans l’espoir que la Chine cesse ses activités dans la zone des récifs a gêné les négociations bilatérales. Ian Storey, chercheur à l’Institut de l’Asie du Sud-est de Singapour, constate que la plainte de Manille fournit à la Chine un prétexte pour différer les pourparlers sur le Code de Conduite. Pour faire bonne mesure, l’APL a déclaré vouloir organiser en 2013 40 exercices navals en Mer de Chine du Sud.

Le 25 mars Hanoi, qui qualifiait l’incident de « très sérieux », accusait la marine chinoise d’avoir ouvert le feu sur des chalutiers vietnamiens près des îles Paracels, incendiant un des bateaux. Une accusation aussitôt démentie par Pékin qui dit n’avoir envoyé que des fusées de semonce contre des pêcheurs opérant dans les eaux chinoises le 20 mars.

L’ambiance avec le Vietnam se durcissait encore quand, en avril, Pékin annonça que les îles Paracels, enjeu territorial entre les deux voisins depuis plus de 40 ans et définitivement conquises de vive force par l’APL en 1974, allaient être ouvertes aux touristes chinois.

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L’APL se projette aux limites de la Mer de Chine du Sud.

L’initiative la plus sensible de Pékin, complètement à rebours de ses déclarations de bonnes intentions sur le code de conduite, eut lieu du 23 au 25 mars, quand une force navale ayant quitté Sanya le 19 mars, composée d’un destroyer, de deux frégates et du porte chalands de débarquement de 19000 tonnes Jinggangshan, effectua une manœuvre amphibie aux abords des récifs de James Shoal - Ban Zeng Mu - 曾母暗沙 en Chinois -, avant d’en prendre possession symboliquement par une cérémonie militaire organisée sur l’un des îlots. Sur une des banderoles rouges déployées par les militaires chinois on pouvait lire « Zu Guo, Women Hui Lai Le ! 祖 国 我 们 回 来 了 !- Mère Patrie, nous sommes de retour ! »

Il s’agissait de l’opération la plus au sud de la Mer de Chine jamais lancée par l’APL, à 50 nautiques des côtes malaisiennes, visant la revendication territoriale de Pékin la plus méridionale, à plus de 800 nautiques de Hainan. Le 26 mars, le Quotidien du Peuple présentait l’exercice comme une « patrouille et un entraînement de routine », destinés à affirmer la souveraineté de la Chine dans la zone. Ni Washington ni Kuala Lumpur n’ont réagi.

Mais le durcissement chinois au large des Philippines et des côtes malaisiennes, réplique des manœuvres de l’US Navy dans la région, à 300 km à peine du lieu du sommet de l’ASEAN, fait monter les enchères des négociations avec les riverains de la mer de Chine du sud. Il jette une ombre sur les perspectives des pourparlers avec Pékin pour un Code de Conduite efficace, au milieu de tensions qui, après l’appel à l’ONU de Manille, viennent de prendre une dimension internationale.

Le 14 mars, le Parlement européen a en effet manifesté son soutien aux Philippines par une résolution appelant Pékin à « respecter la Charte des Nations Unies dans la poursuite de ses objectifs de politique étrangère ». Le texte appelle aussi tous les protagonistes au calme, à s’abstenir de toute action militaire et à s’en remettre aux instances d’arbitrage internationales, conformément au droit de la mer. Dans cette zone, comme en Mer de Chine de l’Est, il faudra plus que des promesses diplomatiques pour calmer le jeu.

Enfin, on ne peut que remarquer le contraste entre l’inflexibilité de Pékin sur les questions territoriales et les déclarations de politique générale du 18e Congrès, reprises par la nouvelle direction du régime lors de la 12e ANP et confirmées lors de la visite à Pékin de Jacob Lew, évoquant la nécessité de trouver un nouveau mode de relations inter-étatiques pour éviter les conflits liés à la montée en puissance de la Chine.

Les récentes évolutions contredisent également la promesse faite le 5 avril dernier par Xi Jinping au Sultan de Brunei, président en exercice de l’ASEAN, lors de sa visite officielle à Pékin et rapportée par le China Daily, selon laquelle la Chine favorisait la résolution négociée des conflits : « la Chine souhaite développer le dialogue et la communication avec les membres de l’ASEAN, pour, ensemble, maintenir la paix en Mer de Chine du sud ».

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CHINE – MONDE. BRÈVES.

Cercle arctique.

Le 15 avril, à l’occasion de la visite en Chine de Mme Johanna Sigurdardottir, premier ministre Islandais, Pékin a signé le premier accord de libre échange avec un pays européen. Par cette initiative avec un petit pays de la zone arctique, qui fait suite aux efforts chinois au Groenland et en Norvège, la Chine augmente son influence en vue d’obtenir un siège au Conseil arctique, ou, à défaut, pour participer à un groupe concurrent.

Le jour même de la signature du traité de Libre échange avec la Chine, Olafur Grimsson, président de l’Islande annonçait la création d’un groupe plus large dénommé le « Cercle arctique », qui accueillera des pays n’ayant pas un accès direct à l’Arctique, mais intéressés par ses ressources et cherchant un transit par les routes du pôle. La première réunion de ce cercle se tiendra en octobre 2013 à Reykjavík. (Lire aussi Les habits neufs de la diplomatie chinoise).

Cyber-attaques.

Interrogé sur les Cyber attaques chinoises dénoncées par le Président Obama, Henri Paulson, Secrétaire d’Etat au trésor jusqu’en 2009, a expliqué que tous les Etats se livrent au renseignement économique et à la collecte des données. Les frictions apparaissent quand des hackers s’introduisent dans les systèmes informatiques d’un gouvernement ou d’une société.

Ces risques, a t-il ajouté, doivent conduire les sociétés et l’Etat à renforcer leurs systèmes de protection contre les intrusions. Il estime que l’affaire constitue à juste titre un grave point de discorde avec la Chine sur lequel il convient de rechercher un terrain d’entente. Il est également nécessaire de disposer des règlements internationaux adaptés à ce type de contentieux.

Accord sino-australien sur les devises.

Début avril, lors d’une visite en Chine de 5 jours du PM australien Julia Gillard, Canbera et Pékin ont signé un accord permettant la conversion directe de leurs monnaies et l’utilisation du Yuan chinois et du $ australien dans les transactions commerciales, sans passer par le $ US.

Toutefois, l’accord ne modifiera pas immédiatement les modalités financières des échanges, dont une grande partie est constituée par l’exportation de matières premières (minerai de fer et charbon), dont les prix sont fixés en $. L’initiative fait partie des efforts de la Chine pour échapper à l’emprise du $.L’Australie, dont 20% des exportations sont dirigées vers la Chine, est entraînée dans ce mouvement qui facilite ses investissements et transactions commerciales. En 2012, le commerce bilatéral a atteint 133 Mds de $.

Le 24 avril, la Banque Centrale australienne annonçait qu’elle allait investir 5% de ses réserves de change (2,1 Mds de) dans des bons du trésor chinois.

Dans le même temps, les statistiques US révélaient que la part des actions américaines détenues par les acteurs chinois avait atteint un niveau record depuis un an. Au cours de février 2013, la Chine a acheté 9,16 Mds d’actions américaines de long terme, portant la valeur totale des actions libellées en $ à 1220 Mds de $, en hausse de 62 Mds de $ par rapport à février 2012.

Bien que leur croissance se tasse (11,7% en 2011, contre un record de 43,3% en 2007), les réserves de change de la Chine continuent à augmenter à un rythme soutenu. Au premier trimestre 2013, elles ont augmenté de 130 Mds de $ pour atteindre 3440 Mds de $ contre 1066 Mds de $ en 2006.

Promesses d’apaisement de Xi Jinping au forum de Boao.

Lors d’un discours prononcé le 7 avril à Boao, Xi Jinping, a devant un parterre de dirigeants étrangers, comprenant entre autres le PM australien, le Président du Myanmar Thein Sein, Christine Lagarde Directeur Général du FMI, Bill Gates et nombre de PDG d’entreprises opérant en Asie et en Chine, insisté sur l’importance d’un climat apaisé dans la région Asie Pacifique, condition essentielle du développement économique.

Il a indiqué que, d’ici 2020 la Chine, devenue plus urbaine et plus riche, accroîtra notablement ses importations, qui, selon lui, atteindront 10 000 Mds de $ dès 2018, tandis que les investissements chinois à l’étranger augmenteront dans de fortes proportions.

Lors du forum, Adrew Forrest, PDG de Fortescue Metal (minerai de fer) a assisté à plusieurs réunions privées avec des PDG de groupes publics chinois et leurs homologues australiens, industriels et banquiers. Selon lui, les responsables industriels chinois répètent que Pékin n’était ni expansionniste, ni agressif et « ne comprenaient pas qu’on puisse considérer la Chine autrement que de manière amicale ».

L’espace au centre des relations de sécurité Chine – États-Unis.

L’approche américaine qui, du temps de l’administration Bush, tenait les demandes chinoises de coopération et d’échanges en matière spatiale à longueur de gaffe, pourrait évoluer. C’est en tous cas ce que laisse supposer une déclaration du Département d’Etat en date du 11 avril.

Frank Rose, n°2 du MAE américain pour la politique de défense et l’espace, a indiqué que, durant l’année écoulée, des échanges avec Pékin sur la coordination des politiques spatiales ont été systématiquement intégrés à l’ordre du jour des rencontres diplomatiques. « Nous avons des intérêts réciproques de long terme à garantir la sécurité de l’espace ».

Mais aux États-Unis, le souhait d’entamer avec la Chine un dialogue formel sur l’espace, comme Washington le fait déjà avec la Russie et l’UE, rencontre de fortes réticences liées aux soupçons d’espionnage. Au cours de son discours, prononcé à Colorado Springs lors d’une conférence sur l’industrie spatiale, Rose a précisé que Washington était préoccupé par le programme antisatellite chinois et la dissémination de débris dans l’espace.

Il oubliait cependant de préciser que, jusqu’à présent, la NASA avait repoussé les demandes de coopération chinoises, toujours par crainte de vol de données sensibles et que la Maison Blanche avait développé une politique spatiale unilatérale, en dépit des demandes répétées de la Chine pour engager un coordination sino-américaine.

Aux États-Unis, les services de renseignements affirment que la Chine développe des capacités qui lui permettraient de neutraliser la plupart des satellites d’observation et de recueil de données américains (Lire nos articles Les ambitions spatiales de Pékin. Coopération avec la NASA ? et Guerre de l’espace et poker menteur).

Première mission du porte-avions Liaoning.

Selon l’agence Xinhua, le porte-avions (PA) Liaoning, aujourd’hui à l’entraînement à Qingdao, effectuerait sa première mission opérationnelle d’ici un an. En novembre dernier, un rapport parlementaire américain affirmait que d’ici deux années la Chine serait capable de mettre en œuvre des sous marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE).

Au dernier salon du Zhuhai, l’armée de l’air a présenté l’hélicoptère d’attaque WZ-10. Cette suite d’informations confirme la modernisation de l’APL selon des standards opérationnels et techniques qui visent à la rapprocher de ceux des États-Unis, avec cependant un important retard à combler.

Le 24 avril, l’Amiral Song Xue, n°2 de la marine chinoise confirmait que la Chine ne limiterait pas sa flotte de PA à un exemplaire. Dans la foulée, Quan Linyuan, professeur à l’Université de la Défense Nationale renchérissait en précisant que, compte tenu de ses intérêts maritimes, l’APL devrait mettre en œuvre 5 à 7 porte-avions, dont le tonnage irait de 50 000 à 80 000 tonnes. Le 25 avril, enfin, un article du China Daily expliquait que le 2e PA serait d’un plus fort tonnage et capable d’emporter plus d’avions.

Un autre expert précisait que la Chine maîtrisait la technologie lui permettant de construite un PA nucléaire. Mais, compte tenu des difficultés que l’APL semble éprouver avec l’étanchéité des moteurs de sous-marins nucléaires, on peut douter de cette affirmation.

Pour mémoire, les plus gros PA américains de la classe Nimitz déplacent 91 300 tonnes, accueillent 90 avions, et naviguent à 35 nœuds ; le Kuznetsov russe déplace 67 000 tonnes, embarque 33 avions à une vitesse de 30 nœuds ; le PA Charles de Gaulle, déplace 42 000 tonnes, embarque 23 avions à 27 nœuds ; le Dalian déplace 55 000 tonnes et embarquera 30 avions (probablement des J-15) et naviguera à 30 nœuds.

 

 

Face à Pékin, la solidarité hésitante de l’Europe

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