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›› Editorial

Les planètes se désalignent pour Xi Jinping. Doit-on vraiment s’en étonner ?

« Pour Xi Jinping, approfondir la réforme signifie renforcer le contrôle sur le parti grâce à sa campagne anti-corruption, et au-delà de la population par des moyens comprenant l’utilisation de technologies avancées rendues possibles par l’intelligence artificielle. » (…)

Un tel autoritarisme numérique empêchera, espère Xi, que les idées libérales ou démocratiques prennent racine et se répandent, alors même que la Chine reste connectée au reste du monde. Les citoyens chinois et les investisseurs peuvent jouir de la liberté en tant que consommateurs, mais pas en tant que participants à la société civile ou porteurs d’un discours civique. » (Steve Tsang Docteur en Sciences Politiques Oxford 1986, Directeur de l’Institut des études africaines et orientales de l’Université de Londres.)


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Résumé : Xi Jinping, conscient de la fragilité de son pouvoir en 2012 a opté pour une gouvernance autoritaire recherchant le monopole du pouvoir au fil de la confiscation des responsabilités de ses plus proches collaborateurs, d’un refus de collégialité et de purges sous couvert de lutte contre la corruption. Cette stratégie qui a pu donner une impression de toute puissance, révèle aujourd’hui ses limites.

Elle a des conséquences potentiellement dévastatrices pour l’unité du Parti. Cette quête brutale du pouvoir absolu a logiquement provoqué des frustrations. Progressivement, elle fait surgir des oppositions qui ne sont pas de bon augure avant le Congrès historique de 2022 qui est censé « élire » Xi Jinping pour un 3e mandat de 5 ans.

A deux ans de cette échéance, ce n’est certes pas encore « la chute de la Maison Xi » mais bel et bien « little fires everywhere » qu’il convient de maitriser avant qu’ils ne s’unissent en un incendie généralisé.

En arrière-plan des fêlures dans la gouvernance de Xi Jinping, se précise peu à peu une féroce rivalité avec le premier ministre Li Keqiang.

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Depuis quelques années on lit à intervalles réguliers des critiques à l’égard du pouvoir de Xi Jinping, mais immédiatement des experts nous indiquent que ces velléités sont le fait d’intellectuels isolés, sans audience populaire et que le n°1 conserve toute son autorité et sa puissance, tant sur le pays qu’au sein du Parti qui reste uni derrière son Secrétaire Général.

Récemment, constatant une certaine récurrence de ces manifestations d’humeur sur fond de pandémie ayant exacerbé le sentiment antichinois dans le monde, alors que la communication catastrophique des « loups guerriers », était aussi malhabile que le concept lui-même est ridicule et suicidaire, ces mêmes experts qui, depuis 2012 nous avaient vendu un Xi Jinping « lider maximo » incontesté et incontestable, aimé du petit peuple, respecté et craint des cadres du Parti, ont commencé à revoir leur copie en évoquant des fragilités dans le pouvoir de Xi Jinping.

Leur revirement montrait ainsi une souplesse d’esprit et un sens aigu du principe de prudence aussi remarquables que leur détermination, trois ans plus tôt, à décrire l’émergence inéluctable d’un second Mao.

Le 18 août, The Guardian et le New-York Times ont publié les confidences de Cai Xia, ex-professeure de l’École Centrale du Parti, qui, désormais hors de Chine et exclue du Parti, souhaite parler librement. L’épisode laisse présager un livre dévastateur qui livrera son lot de révélations sur ce que pense réellement le système de son chef.

En qualifiant Xi Jinping de « mafia boss » sous la direction duquel le Parti n’est plus une force mais un obstacle au progrès de la Chine, Cai Xia exprime tout haut les dissensions apparues au sein du Parti au fil des années de quête par Xi Jinping du pouvoir absolu.

Émanant non plus d’intellectuels mais d’une cadre supérieure de l’appareil politique, qui plus est issue du Creuset idéologique du Parti, la critique à l’égard du dirigeant suprême change de nature. Lire l’article de J.P. Yacine publié le 17 juin dernier : Xi Jinping et Li Keqiang à couteaux tirés ? Un défi à la résilience de l’appareil.

Chacun le sait bien, à l’extérieur, l’appareil s’applique à s’exprimer d’une seule voix. En interne, en revanche, il n’est en rien monolithique. Les états d’âme de Cai Xia jetés sur la place publique seulement quelques mois après la fuite des « Xinjiang papers » indique indéniablement des turbulences à la cour. Lire au sujet des Xinjiang Papers : « BRI » DE VERRE. L’Islam dans le collimateur.

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Les deux prédécesseurs de Xi Jinping ont toujours su et du composer, Jiang Zemin avec un premier ministre puissant qui avait la main sur les affaires économiques dans un partage des tâches imposé par Deng Xiaoping, puis Hu Jintao qui, pour sa part, a gouverné à la tête d’un système pleinement collégial, y compris au sein du Comité Permanent.

Si Hu Jintao avait appris l’importance du pouvoir collectif pour un Parti uni, cette collégialité, trop souvent rapidement analysée comme une marque de faiblesse, n’était pas seulement l’expression de la volonté de partager le pouvoir. Elle procédait surtout d’une exigence. Celle, pour ne pas échouer seul, de répartir entre tous les responsabilités des décisions prises au sommet de l’appareil et d’assumer collectivement leurs conséquences.

Xi Jinping, pour sa part, n’a jamais laissé la moindre place à la collégialité. Reprenant sans esprit critique la propagande d’un système de plus en plus opaque et complexe à interpréter, la majorité des commentateurs ont décrit l’ascension irrésistible d’un homme convaincu que parmi les dirigeants de la Chine nouvelle il y aurait deux timoniers, Mao, lui-même, et les autres !

Pour autant, tout comme un journaliste écrivait récemment, sur le ton de la découverte, que la Chine était « résistible », Xi Jinping est lui aussi « résistible ». Depuis son émergence, il a ressenti le besoin d’un pouvoir fort pour compenser une autorité fragile de nature.

Il reste que les campagnes brutales conduites depuis 2012, loin de compenser cette fragilité, ont au contraire fait surgir une crise de loyauté et des fissures dans la gouvernance et l’unité du Parti. Au fil des tensions qui, ces dernières années, ont jalonné l’histoire du pays (pollution de l’atmosphère et des sols, crise porcine, crise épidémique, inondations), les craquements dans la cohésion de l’appareil ont contribué à isoler encore d’avantage Xi Jinping.

Or, on pouvait dès 2012 soupçonner la précarité de l’autorité de Xi Jinping à l’aune de trois marqueurs : la légitimité, l’expérience des coups durs, la solidité et l’étendue de sa « base », notamment chez les militaires.

Les trois faiblesses de Xi Jinping.

L’ombre du père, Xi Zhongxun, décédé en 2002, proche de Mao, purgé et persécuté de 1962 à 1975, accusé de menées anti-parti, puis réhabilité en 1978 a toujours pesé sur la carrière de Xi Jinping. La mémoire du Père, qui fut le Directeur de la propagande du parti de 1952 à 1959, puis vice-premier ministre sous Zhou Enlai, eut l’effet d’un paravent protecteur, y compris contre les coups durs par des affectations qui ménagèrent Xi Jinping, hors des régions ou provinces les plus sensibles.

L’héritage du père vaut aussi par l’exemple pragmatique qu’il suggère. Après sa longue éclipse politique, Xi Zhongxun, fut le principal promoteur des « zones économiques spéciales » et de l’ouverture de la province de Canton aux investissements étrangers. Sur la photo, le président Xi est avec son père assis et son frère cadet Xi Yuanping au premier plan. (Photo CGTN).


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La fragilité du pouvoir de Xi Jinping résulte d’abord d’une légitimité personnelle hésitante. Xi Jinping est avant tout le fils de Xi Zhongxun, compagnon de route de Mao.

C’est précisément son appartenance au clan des « princes rouges » qui en fait depuis longtemps un potentiel dirigeant de premier plan et, lors de la désignation du dirigeant emblématique de la 5e génération, le représentant des « fils de princes », a fortiori après la chute de Bo Xilai, abattu en plein vol.

La carrière de Xi Jinping, sur laquelle ont toujours plané l’ombre et la légitimité de son père, compagnon de Mao, fut balisée par des désignations calculées et des affectations valorisantes, loin des zones reculées et politiquement risquées. Hu Jintao son prédécesseur avait par contraste été formé aux difficultés et s’était forgé une résilience au Gansu, au Guizhou et au Tibet au fil d’affectations compliquées et hors des feux de la rampe.

De fait, si l’on exclut la Révolution Culturelle qui, au demeurant, n’a vraiment épargné personne en Chine, pas moins Xi qu’un autre, quels défis ont vraiment jalonné la carrière de Xi Jinping pour l’endurcir et le préparer aux épreuves du sommet ?

Son affectation au Hebei ? Pour façonner sa légende, cette première étape de sa vie professionnelle est souvent décrite comme résultant de la décision courageuse d’un homme soucieux de bâtir lui-même sa carrière hors de Pékin et loin des privilèges de sa classe.

En fait, l’expérience - vécue avec Liu Yuan, le fils de Liu Shaoqi, avait été décrite par le chef du Parti du Hebei de l’époque, Gao Yang lui-même, comme un parachutage calculé, à distance raisonnable de Pékin qui, d’ailleurs, dura à peine trois ans.

La suite, au Fujian, au Zhejiang ou à Shanghai (où il demeura moins d’un an) a constitué un cursus sans surprise au cours duquel il a même été protégé des scandales surgis alors qu’il était aux commandes. Ainsi celui de Lai Changxing, homme d’affaire mafieux de Xiamen, bête noire du très vertueux premier ministre Zhu Rongji, aux manettes de l’économie du pays, quand Xi était gouverneur du Fujian.

Au parti, il est de notoriété publique que s’il n’avait pas été le fils de Xi Zhongxun, Xi n’aurait alors pas bénéficié de la protection de Jiang Zemin. Ce manque d’expérience des coups durs a certes permis une progression à moindres risques au sein du Parti. Mais elle n’a pas endurci l’actuel n°1 comme il aurait dû l’être pour affronter les responsabilités et les crises au sommet de l’État et du Parti.

A titre de contre-exemple, plus proche de nous, on rappellera l’anecdote liée aux émeutes d’Urumqi en 2009, très sérieuse secousse intérieure qui éclata tandis que Hu Jintao participait au G8 de l’Aquila en Italie et que Xi Jinping était déjà Vice-Président.

Lorsqu’après la catastrophe qui avait dévasté la ville italienne, les dirigeants du monde montrèrent par leur présence leur solidarité avec le peuple italien, Hu Jintao fut contraint de rentrer en urgence à Pékin pour gérer lui-même la crise.

Ce flagrant déficit d’autorité échappa à nombre d’observateurs thuriféraires de Xi Jinping pour qui le Vice-Président n’aurait pas eu le pouvoir de décision dans de tels cas. Pour eux, il était dans l’ordre des choses que le numéro 1 rentre à Pékin.

D’autres en revanche plus lucides notèrent que Xi Jinping, à l’époque en compétition avec Li Keqiang pour la succession de Hu, aurait pu en profiter pour montrer son autorité et justifier les pronostics de sa nomination imminente au poste de Vice-Président de la Commission Militaire Centrale - qui n’interviendra finalement qu’en octobre 2010 -.

Les sceptiques se souvinrent aussi que, quand, le 1er avril 2001, un J8 chinois dont le pilote avait disparu en mer avec son avion au large de Hainan, avait percuté un appareil de reconnaissance américain EP-3, Jiang Zemin en déplacement en Amérique Latine avait géré la crise à distance avec Hu Jintao, le vice-président de l’époque et n’avait pas jugé nécessaire de rentrer en Chine !

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Quelle était la base de Xi Jinping en 2012 ?

Le président Xi Jinping aime à arborer la tenue de combat pour afficher sa connivence avec l’APL remontant à l’époque où, jeune diplômé de Qinghua, il était, au début des années 80, le secrétaire du ministre de la défense Geng Biao. Mais l’affection de Xi dans l’entourage proche du ministre avait été favorisée par l’intervention de son père. Ce dernier à l’époque vice-président du Comité permanent de l’ANP, cherchait autant à protéger son fils aîné qu’à lui conférer une expérience de la haute administration militaire.


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Souvent, à ceux qui doutent des capacités et des réseaux militaires de Xi Jinping on répond sur un ton qui ne souffre pas la contradiction, qu’il fut secrétaire du ministre de la défense Geng Biao et que tout au long de sa carrière il a tenu des fonctions dans des unités militaires, principalement de la région militaire de Nankin.

Mais on oublie trois choses.

D’une part Xi fut secrétaire de Geng Biao à sa sortie de Qinghua en 1982. Ses responsabilités dans l’appareil de défense furent directement décidées avec la bénédiction de son père. L’affectation fut autant une mise sous protection qu’une préparation aux responsabilités futures.

Au demeurant, considérer que pour un jeune cadre de 29 ans cette étape de seulement trois années – au début des années 80, pourrait constituer une base politique dans l’APL est un habillage spécieux de la réalité qui tente d’accréditer l’influence militaire de Xi Jinping.

Surtout si on se souvient qu’à son affectation suivante, au Hebei (1983-85), sa nomination comme officier politique d’une unité « de base » de la Police Armée Populaire, nouvellement créée et ne relevant pas de la Commission Militaire Centrale mais du ministère de la sécurité publique, fut surement une déception pour l’ambitieux qui sortait du bureau du ministre de la défense !

S’agissant des fonctions militaires de Xi Jinping qui émaillent ses biographies officielles, beaucoup dont la plupart étaient anodines, furent ajoutées lors de sa nomination comme Vice-Président de la CMC en octobre 2010.

Enfin, la vérité oblige à dire que le cursus de Xi Jinping ne l’a pas amené à servir dans toutes les régions militaires mais exclusivement dans celle de Nankin. A ce poste, l’état-major où il était affecté n’a jamais eu à gérer des crises qui auraient favorisé l’émergence d’un réseau militaire autour de lui, comme celui que s’était ménagé Hu Jintao au contact de la Région Militaire de Chengdu quand, en poste au Tibet, il anticipait le pire.

Quand on évoque le pouvoir et l’autorité de Xi Jinping, on souligne qu’il s’appuie sur l’armée dont il aurait profondément réformé les structures jusqu’à en faire un outil militaire puissant et efficace, notamment grâce à la diffusion de haut en bas de l’esprit interarmées.

L’affirmation est pour le moins exagérée, d’abord parce que l’APL est engagée dans des réformes et une modernisation depuis plus de trente années, ensuite parce que d’autres y ont travaillé avant Xi Jinping, y compris pour promouvoir l’esprit interarmées.

Aujourd’hui l’armée populaire est peut-être plus opérationnelle ; elle a aussi meilleure allure qu’il y a 10 ans – l’inverse serait grave - mais elle souffre toujours des mêmes maux.

Des effectifs pléthoriques dévorant les budgets au détriment des équipements et de l’entraînement ; un manque total d’expérience du combat et un entrainement « entre soi » conséquence de l’absence de coopération et d’engagements opérationnels avec d’autres armées permettant des comparaisons qui, en dehors de l’engagement direct dans un conflit, constituent le véritable étalon d’un outil militaire ;

Ajoutons que, malgré les éliminations très médiatisées de Guo Boxiong chef de l’état-major général et de Xu Caihou, le commissaire politique de l’APL, tous deux membres du Bureau Politique, la corruption, n’a pas disparu. Toujours présente, elle est, avec l’importance accrue donnée aux commissaires politiques qui sont des parasites du commandement, un des obstacles à la montée en puissance opérationnelle des forces.

Quant à la qualité des ressources humaines, on ne peut exclure que les purges des opposants à Xi Jinping ont pu éliminer des officiers brillants pour laisser progresser des généraux plus dociles mais pas forcément meilleurs, tandis que, dans un environnement de plus en plus bardé d’équipements électroniques, le recrutement de personnels ayant des qualifications « hautes technologies » devient difficile face à la concurrence des salaires offerts aux experts civils.

Prétexte éthique et quête de pouvoir absolu par la crainte.

Cette affiche de propagande vue dans le Yunnan exprime clairement que la lutte contre la corruption vise des objectifs plus larges. « 有 黑 扫 黑, 无潶 除恶, 无 恶 治乱 ». Quand existe le « noir » (corruption) balayez le ; en l’absence de « noir », éradiquez le « mal » ; quand il n’y a pas de « mal », redressez le « chaos ».


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La campagne anti-corruption annoncée par Xi Jinping dès le 18e Congrès en 2012 était à première vue une stratégie obligée, tant apparaissait indispensable et urgent le nettoyage du Parti à ce point corrompu qu’il était discrédité auprès des masses largement hostiles.

A cet égard, la volonté du nouveau n°1 de s’attaquer à la fois aux « mouches et aux tigres » ne pouvait que susciter l’enthousiasme, tant au sein des cadres du Parti que de la société chinoise où tout le monde fut séduit par l’idée du rêve chinois.

Xi Jinping a durant quelque temps été porté par cette vague, au rythme des condamnations fracassantes de cadres supérieurs du pouvoir, depuis les très hauts cadres militaires en passant par Zhou Yongkang, membre du comité permanent qui furent les « tigres » les plus emblématiques de l’APL abattus par la campagne.

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Au fil du temps, des fêlures.

La suppression de la limite à deux mandats présidentiels et la résurgence du culte de la personnalité entretenu par le Parti soulèvent des critiques et passent mal dans certains secteurs de l’opinion.


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En interne, des observateurs – vite inquiétés et bannis en Chine - ont noté que, alors que Xi prévenait dès 2014,que les cadres seraient aussi tenus pour responsables des malversations et des conditions d’enrichissement de leurs familles (argument réaffirmé contre Zhou Yongkang), la famille de Xi Jinping, qui abritait elle-aussi des brebis galeuses, était soigneusement préservée.

A l’instar de celle de Wen Jiabao, elle ne fut jamais inquiétée quand des informations sur leur fortune s’étalèrent pourtant dans Bloomberg et dans le New-York Times (Cf. Note de contexte 1) ; dans le même temps, la campagne anti-corruption qui, à ses débuts, avait soufflé un vent de salutaire assainissement, dériva vers une série de purges politiques.

Celles-ci visèrent d’abord des cadres qui n’avaient pas l’heur de plaire au nouveau n°1 ; elles s’attaquèrent ensuite aux figures des autres « clans » susceptibles de contrarier l’ascension du « nouveau Mao », tels que les tenants de la mouvance de Shanghai, proches de Jiang Zemin par exemple.

Cette conjonction de désillusion et de terreur a développé au sein de l’intelligentsia chinoise le sentiment que Xi Jinping était en train de re-politiser à outrance la vie sociale en Chine en tournant le dos aux réformes économiques.

Paraphrasant le Mao des plus belles heures de la Révolution Culturelle, il déclara en 2010 dans un discours à l’École Centrale du Parti que « ce qui comptait le plus chez un expert n’était pas tant sa compétence technique que le fait qu’il soit Rouge ». La création de la commission de supervision des marchés en 2018 directement sous les ordres du Parti confirmait cette nette tendance au retour du « tout politique ».

Le sentiment d’un dangereux retour de l’idéologie despotique ne pouvait qu’être renforcé par les décisions prises au sommet où Xi Jinping a progressivement confisqué à son profit tous les pouvoirs, reléguant les membres du Comité Permanent au statut de figurants chargés de valider les décisions prises par lui.

Sa méthode est clairement devenue celle d’un autocrate. S’étant lui-même placé à la tête de sept « Petits groupes dirigeants 领导小组 », qui ne rendent compte qu’à lui, traitant d’à peu près tout, depuis l’approfondissement des réformes et la sécurité nationale à la grande muraille Internet, à l’économie et aux finances, en passant par l’intégration civilo-militaire, les affaires taïwanaises et la politique étrangère, il gouverne en marge du Conseil des Affaires d’État de Li Keqiang, son premier ministre.

S’agissant de la politique internationale, des voix ont commencé à critiquer la brutalité de la nouvelle diplomatie qui, au-delà même du rejet des idées occidentales (note de contexte 2), a placé la Chine et les États-Unis sur une trajectoire de collision particulièrement dangereuse pour le monde mais surtout pour la Chine, son économie et son statut sur la scène internationale.

Enfin, si cette stratégie avait pu paraitre efficace et judicieuse en 2012, l’incapacité à pacifier le climat intérieur à l’approche du Congrès de 2017 et la pérennisation de la stratégie de la terreur ponctuée de longues charrettes de mises en examen déclenchées sur dénonciations anonymes ont tétanisé le Parti et l’administration, désormais affligés d’une rigidité proche de la nécrose.

Au passage, si ailleurs la mauvaise gestion de la pandémie eut des causes multiples, allant de l’arrogance mensongère à l’impréparation, en passant par l’indiscipline et l’impuissance à faire respecter les mesures barrière, en Chine, c’est bien cette catalepsie de l’administration qui fut à l’origine des occultations officielles ayant, en février dernier favorisé l’explosion de l’épidémie à Wuhan et sa propagation hors de Chine.

Alors que le Parti sous tension n’a jamais été apaisé par la moindre pause de la campagne anti-corruption – à défaut de sa fin –, l’entêtement absolutiste de Xi Jinping a mécaniquement favorisé la peur et le rejet et, partant, le début, sinon d’une contestation, du moins l’idée d’une opposition politique.

Ainsi lors du Congrès de 2017, il est « passé en force » pour modifier la Constitution a son avantage, conscient du fait que le Parti ne pouvait s’y opposer au risque de révéler une fracture au sein de l’appareil qui a toujours été vue en Chine comme le péril majeur pour le pouvoir.

En dépit de ce que répète la propagande, il n’en demeure pas moins que l’initiative est particulièrement mal passée tant dans le Parti qu’auprès du peuple de la rue, le laobaixing 老百姓, qui voit toujours d’un œil suspect ceux qui violent ou détournent les règles.

De même la non-désignation d’une figure de proue de la 6e génération de dirigeants dont aucun représentant n’a été admis au Comité Permanent a été largement perçue en Chine comme le refus de Xi Jinping de désigner un éventuel successeur.

Or, si on se souvient qu’au sein du Parti les débats n’ont jamais de cesse et que les votes ne sont pas sans conséquences, on peut aussi se demander si cette absence de la 6e génération au plus haut niveau n’est pas due à une opposition groupée au(x) candidat(s) choisi(s) exclusivement par Xi Jinping !

Les trois positions suprêmes ou l’illusion de la toute-puissance.

La photo montre Xi Jinping le 12 mars 2019 lors de la réunion de l’ANP saluant des officiers des trois armées, délégués à l’Assemblée Nationale. Il est suivi des généraux Xu Qiliang (armée de l’air, n°2 de la Commission Militaire Centrale) et Zhang Youxia, n°3 dont le père fut durant la guerre civile, un camarade de combat de Xi Zhongxun, père de Xi Jinping.


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Avant le Congrès de 2012 tout ce que le monde compte d’observateurs de la Chine bruissait d’une question : Hu Jintao infligera-t-il a Xi Jinping, son successeur, ce que Jiang lui avait imposé en 2002, à savoir conserver la présidence de la Commission Militaire Centrale (CMC) durant un ou deux années ?

L’écrasante majorité des experts estimait qu’il n’y avait aucun doute, Xi attendrait. Or, à la surprise générale, Xi sortit du Congres investi des trois responsabilités : Secrétaire Général du Parti, Président de la RPC et Président de la CMC.

Ceux qui avaient cru que Hu s’accrocherait à la CMC en ont immédiatement déduit que Xi Jinping était déjà l’homme fort de la Chine et qu’au terme d’un coup de force, il avait contraint le Parti à lui attribuer d’emblée les trois chapeaux ! Le PCC étant une forteresse aussi opaque qu’un SNLE en plongée, nul n’a jamais pu prouver cette toute puissance du 1er jour. Elle ne faisait peut-être qu’exprimer l’urgence d’un branle-bas face à un risque interne majeur.

Une autre explication existe en effet dans l’esprit des quelques-uns qui avaient prévu que Hu tirerait bien sa révérence lors du Congrès.

On ne peut en effet exclure qu’après les révélations alarmantes du sociologue Zhang Musheng en 2011 sur l’état de déliquescence de l’appareil (note de contexte 3), le Comité Central, soudain conscient de l’exigence de cohérence de l’autorité au sommet pour la stabilité menacée du régime, ait jugé nécessaire de renforcer sa direction en regroupant sur une seule tête les trois couronnes et notamment celle de l’armée, garant du régime avec l’appareil de sécurité.

Conclusion.

Aujourd’hui, si le monde entier est en crise, la Chine, elle, cumule aussi de graves facteurs de fragilité.

Relance difficile de l’économie, situation tendue à Hong Kong, tensions sociales internes, crise diplomatique générale, avec en fond de tableau les très alarmantes tensions sino-américaines hystérisées comme jamais depuis 1979 ; le tout baignant dans un sentiment anti-chinois dont chacun voit bien qu’il a rarement été aussi vif dans le monde.

Le « rêve chinois » vire à l’aigre dans de nombreux pays, irrités par le comportement de la Chine dans sa gestion de la crise du virus de Wuhan et, au fil des mois, offusqués par l’agressivité des « loups guerriers » et par la propagande de Pékin prétendant sauver le du monde de l’après-covid.

En dévoilant sa « résistibilité », la Chine révèle aussi les oppositions internes et la fragilité de Xi Jinping, l’homme par qui tout commence et tout finit. S’ajoutant aux facteurs externes, celles-ci auraient dû, en toute logique, contraindre le n°1 à nuancer sa stratégie en vue du Congrès de 2022.

Or, s’il est vrai que la fureur des « loups guerriers » s’est un peu calmée, tandis que Wang Yi vient de tenter de limiter la casse d’une relation sino-européenne gravement abîmée, les évènements récents, comme les tirs de missiles au sud de Hainan, ou des articles tels que celui du Global Times encourageant Pékin à envoyer les chasseurs de combat de l’APL dans l’espace aérien taïwanais, semblent indiquer une inquiétante tendance à la fuite en avant.

Le but probable de ces impétuosités nationalistes est de faire taire les dissonances au sein du Parti sous prétexte de cohésion nationale face aux dangers des forces étrangères coalisées contre la Chine.

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Notes de contexte

1. Famille de Xi Jinping.

QI QiaoQiao, 71 ans, sœur de Xi Jinping a, jusqu’en 2002 d’abord travaillé pour la police comme n°2 du bureau des affaires extérieures. Après avoir suivi en 2004 à Qinghua un cours de gestions alors qu’elle avait déjà 50 ans, elle a créé avec son mari Den Jiagui, une société d’investissements dans l’immobilier et le secteur minier.

En 2020, le New-York Times publia un article qui révélait qu’elle et sa fille Zhang Yannan possédaient à Hong Kong plusieurs propriétés dont la valeur totale était estimée à plusieurs dizaines de millions de $ américains. L’article faisait notamment état d’une villa à Repulse Bay achetée en 2009, estimée à 19,3 millions de $.


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La sœur de Xi – Qi QiaoQiao et son mari Deng Jiagui ont amassé des fortunes dans des sociétés liées aux terres rares. Le couple a revendu ses actifs à partir de 2013/2014. Après avoir révélé cette information Bloomberg et le New-York Times ont été interdits en Chine. S’il est vrai qu’ils sont à nouveau autorisés, les articles ont été effacés !

Un autre beau-frère de Xi a fait fortune dans les télécoms, tandis que les « Panama papers » révélèrent qu’une partie de la famille de Xi avait placé sa fortune dans des paradis fiscaux ; enfin un cousin de Xi, devenu citoyen australien – Ming Chai – est aujourd’hui suspecté par la justice locale de blanchiment d’argent.

Bien que le reportage n’accusait pas directement Xi Jinping, le simple fait de mettre en lumière les travers de la famille a provoqué la colère de Pékin et l’expulsion des deux journalistes du WSJ qui avait révélé l’affaire.

2. Xi Mingze à Harvard

Xi Mingze, fille de Xi Jinping et Peng Liyuan, aujourd’hui âgée de 28 ans a étudié l’anglais et la psychologie à Harvard de 2007 à 2014. Rentrée en Chine en 2014, elle serait, selon des informations de médias taïwanais retournée aux États-Unis en 2018.


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L’adoption du marqueur idéologique rejetant en bloc les principes de transparence politique, de contrepouvoir et de vérité historique exprimée dès 2013 par l’injonction de la Directive n°9 définissant les sept sujets tabou - « les valeurs universelles », « la liberté de la presse », « la société civile », « les droits civiques », « l’indépendance de la justice », « les erreurs historiques du Parti » et ses actuelles « connivences avec le capitalisme. » - n’a cependant pas empêché Xi Jinping d’envoyer sa fille Xi Mingze à Harvard.

Protégée par l’anonymat d’un nom d’emprunt, - à la manières des enfants de dignitaires nord-coréens scolarisés à l’étranger - elle y étudiait l’anglais et la psychologie, après avoir suivi des cours de français au lycée de Hangzhou quand son père y était secrétaire général du Parti (2002 – 2007). Rentrée en Chine en 2014, (elle avait 22 ans), elle serait, selon la presse taïwanaise retournée à Harvard en 2018.

3. Le branle bas anticorruption et la Rivalité Xi Jinping - Li Keqiang

A gauche le général Zhang Youxia, n°3 et 2e vice-président de la Commission Militaire Centrale, 70 ans, fils du général Zhang Zongxun, ancien haut chef militaire de l’APL durant la guerre contre le Japon, proche du père de Xi Jinping. A droite le général Liu Yuan, qui fut le Commissaire politique du département de logistique est le fils de l’ancien président de la République Liu Shaoqi, harcelé par Mao et décédé en prison en 1969, mais dont la mémoire a été réhabilitée par Deng Xiaoping.

Les deux sont proches de Xi Jinping, le premier par la fraternité d’armes de leurs pères. Le deuxième parce qu’avec Xi Jinping il avait fréquenté la même école des enfants de cadres. Mais alors que Zhang Youxia est resté en poste, Liu Yuan qui avait mis en garde Xi Jinping contre la corruption de l’armée, a quitté ses fonctions en 2015. A t-il été « purgé », ? Désapprouvait-il les méthodes articulées à des dénonciations anonymes ? A t-il été contraint de s’éloigner alors que Xi Jinping semble prendre exemple sur les purges maoïstes qui coutèrent la vie à son père ?


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Liu Yuan s’était illustré dans le passé par sa lutte contre la corruption au sein de l’APL, en particulier au département logistique dont il était le Commissaire Politique. On notera cependant qu’en dépit de ses liens d’amitié avec Liu Yuan et de leur intérêt commun pour la lutte contre la corruption, Xi Jinping ne s’est jamais appuyé sur Liu Yuan pour ses campagnes anti-corruption dans l’APL.

Sa disparition de la scène politique en 2015 à l’âge de 64 ans induit au demeurant des doutes sur la convergence politique des deux amis.

En 2011, une année avant le 18e Congrès qui porta Xi Jinping à la tête du Parti, Liu Yuan, fils de Liu Shaoqi et ami d’enfance de Xi lui avait présenté Zhang Musheng.

Dans son ouvrage intitulé « Modifier notre approche culturelle de l’histoire 改造 我们的文化历史观 - gaizao women de wenhua lishi guan - », il avait sonné l’alerte : « Aujourd’hui il n’y a pas seulement une collusion entre des bureaucrates corrompus, le capital et des intermédiaires parasites, il y a aussi les dirigeants qui se vendent et la manipulation du pouvoir politique corrompu par des réseaux criminels ».

Pour le Parti qui, depuis la chute de l’URSS vit toujours dans la hantise que l’histoire se répète en Chine à la faveur de révoltes sociales, le tableau catastrophique fut une prise de conscience qui déclencha un resserrement drastique et rigide du pouvoir assorti d’une implacable remise en ordre verticale de l’appareil.

Ayant constaté l’extrême loyauté de Xi Jinping au Parti en dépit des avanies infligées à son père – le dissident Yu Jie réfugié aux États-Unis parle du « syndrome de Stockholm » -, le Comité Central et les anciens qui pensaient le contrôler, le coiffèrent d’emblée des « trois chapeaux » du pouvoir, précisément pour cette mission de nettoyage.

La suite, articulée à la censure, à la répression intraitable de toutes les idées contraires et à la mise aux normes générale, y compris des religions sommées de corriger leurs textes sacrés pour se conformer au dogme du Parti, dessine un durcissement tous azimuts dépassant largement le projet de remis en ordre de l’appareil.

Cette fuite en avant d’un contrôle tyrannique de l’espace politique et social, favorisé par un réseau d’hommes lige verrouillant la machine politique et l’administration, porte en elle les germes de la contestation interne.

Aggravée par les ratés du contrôle initial de l’épidémie à Wuhan, l’éclipse momentanée de Xi début février et la mort de l’ophtalmologue Li Wenliang le lanceur d’alerte harcelé par la police, est la source d’un des « little fires everywhere » parmi d’autres. Pris ensemble, ils dessinent une image clairement moins assurée du pouvoir du n°1.

S’il fallait un exemple qu’en Chine le vent de la popularité est changeant, on se souviendra de l’accueil tumultueux que Xi Jinping avait reçu dans les rues et sur les réseaux sociaux lors de sa première visite à Wuhan le 10 mars, plus de six semaines après le début du confinement généralisé de la province.

Les protestations, en grand décalage avec les hyperboles de la propagande qui glosent sur la popularité de Xi Jinping, avaient contraint le protocole présidentiel à organiser une visite très protégée loin des bains de foule escomptés.

On imagine aisément la comparaison qui vint aussitôt à l’esprit des critiques, entre cette visite purement politique, sans risque, et le déplacement de Li Keqiang venu, en pleine crise, le 27 janvier « sur le front de l’épidémie ».

En laissant Li Keqiang aller seul en première ligne à Wuhan au pire moment de la crise épidémique, tandis que lui-même restait à Pékin, Xi Jinping a sans conteste commis une faute politique. Restant en arrière, comme un empereur adepte du « Non Agir-le wu wei er zhi / 无为而治 - », alors même que montait une grave menace sanitaire, il a prêté le flanc aux critiques qui l’accusent de manquer de charisme dans l’épreuve.

En même temps, il a renforcé l’image de Li Keqiang que les réseaux sociaux présentèrent comme un cadre courageux et compatissant, alors même que le style autocrate de la gouvernance du n°1 ne cesse de le marginaliser.

Thomas Piketty et la Chine.

« En résumé ils (les éditeurs chinois) veulent supprimer toutes les références à la Chine contemporaine, et en particulier à l’inégalité et à l’opacité en Chine. J’ai refusé ces conditions, et indiqué que j’accepterai uniquement une traduction intégrale sans coupe d’aucune sorte ». C’est ce qu’a déclaré Thomas Piketty le 31 août par mail à l’AFP, après l’exigence exprimée par tous les éditeurs chinois qu’il censure lui-même les passages sur la Chine qui brouillent l’image idéalisée du pays diffusée par la propagande.


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Récemment, la rivalité entre Xi Jinping et Li Keqiang s’est exprimée sur le thème de la persistance de la pauvreté en Chine. Alors que Xi Jinping se soucie d’afficher l’image du pays la plus radieuse possible à la veille du centenaire de la naissance du Parti en 2021, le Premier ministre préoccupé par les effets de la secousse économique, conséquences de l’épidémie, a l’œil rivé sur la montée du chômage et sur la rémanence des foyers de pauvreté.

Quand, à un an du centenaire du parti, Xi Jinping hisse le grand pavois de l’appareil, qu’il veut sans tâche, auréolé d’une image de modernité sociale et de succès économiques, y compris en tordant la réalité à des fins de propagande, Li Keqiang compte les migrants intérieurs oubliés des statistiques officielles qui s’ajoutent aux licenciés, aux jeunes arrivés sur le marché, restés en rade et aux laissés pour compte des faillites.

La fracture entre les deux est plus clairement apparue quand aux affirmations de Li Keqiang à l’ANP fin mai, évoquant les 600 millions de chinois vivant en situation semi-précaire, avec seulement 140 $ de revenus mensuels, la mouvance proche de Xi Jinping s’est insurgée pour atténuer la mise au point du premier ministre, pourtant articulée à des statistiques officielles.

« Le revenu annuel moyen par habitant en Chine est de 30 000 yuans (4 193 USD), avait asséné Li Keqiang, mais il y a plus de 600 millions de personnes dont le revenu mensuel est à peine de 1 000 yuans (140 US $), ce qui n’est pas suffisant pour louer une chambre dans les villes chinoises ».

Enfin le contraste entre l’exigence de transparence exprimée par Li Keqiang et la tendance à l’opacité de la stricte censure politique, marqueur de de la gouvernance de Xi Jinping a éclaté au grand jour quand, à la fin juillet, l’économiste français Thomas Piketty a rejeté les injonctions des éditeurs chinois qui, sous peine de ne pas le publier, lui intimaient de supprimer vingt pages de son dernier ouvrage « Capital et idéologie » (Ed du Seuil, septembre 2019) analysant la montée « extrêmement rapide des inégalités en Chine. »

 

 

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