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›› Editorial

Attention, la monnaie et les prix bougent en Chine

L’Europe paierait-elle une part exagérée de la recherche d’un meilleur équilibre monétaire mondial ? Le yuan s’apprécie peu à peu par rapport au dollar US, mais il se dévalue par rapport à l’euro, favorisant l’excédent structurel et une pression commerciale insoutenable dans certains secteurs.

Or justement, depuis l’apparition cet été de l’inflation intérieure en Chine, le yuan a tendance à accélérer sa hausse, lente mais régulière jusque là depuis la réforme de juillet 2005 : en 2007, la monnaie chinoise a déjà gagné 5,1% contre le dollar et, dans le même temps, elle a baissé d’autant (-4,7%) contre l’euro. Ce qui fait le bonheur (relatif) des uns fait le malheur des autres, tel est l’effet d’un taux de change yuan-dollar-panier de monnaies encore beaucoup trop rigide.

Lors de leur dernière réunion à Bruxelles, les ministres européens des Finances ont expressément demandé à Pékin de mieux prendre en compte la sous-évaluation du renminbi par rapport à l’euro. L’Union européenne est en effet le premier importateur de produits chinois avant les Etats-Unis, et le déficit de sa balance commerciale avec la Chine ne cesse de croître.

Une importante délégation européenne doit se rendre à Pékin fin novembre pour insister auprès des autorités chinoises. Elle sera présidée par le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroup avec Joaquin Almunia représentant la Commission européenne et Jean-Claude Trichet président de la BCE.

En Chine, l’inflation (CPI) supérieure mois après mois à 6% par rapport aux mêmes périodes de 2006 est apparue en août. Elle est due, pour l’essentiel, au prix des produits alimentaires (+17,6%) et de l’énergie, avec des causes locales et des causes mondiales.

Cette situation est inquiétante sur le plan social et politique. Mais, malgré les annonces et les mesures prises par le gouvernement central, les chiffres de novembre seront probablement encore mauvais. L’augmentation de 10% à partir du 1er novembre de l’essence et du diesel va se faire sentir. Certaines hausses de salaires, encouragées par le Centre comme mesures d’urgence, vont se répercuter. Au total tous les prix exprimés en renminbi restent soumis à des pressions haussières.

Attention, la monnaie et les prix bougent en Chine et il y a des liens entre les deux. Les partenaires extérieurs de la Chine ne peuvent pas s’en désintéresser.


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Par NX Le 17/11/2007 à 16h09

> Attention, la monnaie et les prix bougent en Chine

La Chine est en train de bouleverser le Monde, c’est une réalité en scène internationale. La politique extérieure de Pékin est plus en plus offensive, on peut voir une tendance à traver des cyberattaques, et du dossier nucléaire iranien.

Face à cette nouvelle puissance, Bruxelles a besion une politique commune. Dans le dossier du taux de change, on voit une réaction positive des membres de l’UE.

Attention ! La stratégie de Pékin n’a pas changé, la Chine essaie toujours de diviser les européens. Malheureussement, elle a plus au moins réussi jusqu’à maintenant.

Par FT Le 18/11/2007 à 05h09

> Attention, la monnaie et les prix bougent en Chine

Je réagis au commentaire de NTX.

Que la Chine soit un pays hors normes, à la population pléthorique, dont le développement rapide induit de considérables besoins qui pèsent sur les équilibres anciens largement calibrés à l’aune des critères occidentaux, c’est un fait. Qu’elle participe de plus en plus avec les Etats-Unis et l’Europe à la pollution de la planète par ses émissions de gaz à effet de serre, c’est également une réalité. Il ne nous reste plus qu’à espérer que la prochaine réunion de Bali sur le Climat aboutisse à des résultats concrets incitant tout le monde, les pays développés et les autres (le Brésil, l’Inde et la Chine) à travailler ensemble pour réduire la probabilité de catastrophes climatiques de grande ampleur.

Mais taxer Pékin d’agressivité sur la scène internationale est un peu un contresens et procède de la manie française de trouver un bouc émissaire ànos problèmes. Si l’Europe est divisée en Chine c’est bien sûr la faute des Européens et non pas de la Chine. Elle en profite, c’est de bonne guerre.

Quant à la question du taux du Yuan répétée à sasiété par les Occidentaux, elle est également une manière d’évacuer la question des déficits commerciaux avec la Chine (aussi anciens que les relations avec la Chine depuis la guerre de l’opium, qui était déjà motivée par le déficit commercial des sociétés anglaises). Le relèvement du taux de change ne corrigera qu’à la marge ces déficits dont l’origine est bien plus complexe et une manipualtion à la hausse de la monnaie aurait pour l’heure des conséquences difficiles à gérer sur l’équilibre intérieur chinois.

En politique étrangère, la volonté d’apaisement et de médiation de Pékin est manifeste. Il est vrai qu’on la taxe de développer une stratégie prédatrice en Afrique. C’est un peu vrai, mais le niveau est largement inférieur à ce qu’a connu le continent, lors des colonisations occidentales (qui, je m’empresse de le dire, n’ont pas eu que des effets négatifs loin de là). Au demeurant pour l’heure son engagement est très bien accueilli par la majorité des élites africaines. Plus généralement Pékin a manifesté sa volonté d’apaisement sur la question nord-coréenne et obtenu d’excellents résultats. Sur la question iranienne, elle a adopté une position mesurée qui tranche avec les agressivités de certains en Occident. Elle s’est déjà montrée solidaire de sanctions, mais elle s’opposera à toute attaque militaire.

Je pense qu’elle a raison. Il est en effet probable qu’une frappe ciblée contre Téhéran ne ferait qu’inciter l’Iran à reprendre son programme militaire dès que possible. Elle reculerait la solution du problème de la prolifération nucléaire en MO, qui ne peut être que globale. F

Par NX Le 20/11/2007 à 00h20

> Attention, la monnaie et les prix bougent en Chine

Je remercie d’abord H.E. qui nous a fourni cette plat-forme de discussion, en plus c’est lui qui a lancé ce débat.

FT a donné une réflexion élargie. C’est vrai qu’il a raion dans certains points. La question sur la Chine est très complexe. On voit son passé, son présent, on s’inquiète son évolution.

Etant un pays autoritaire (point de vue personnelle), la Chine dispose un système centralisée pour fixer sa politqiue extérieure dans le but de servir ses ambitions.

On peut constater une augmentation constante de son budget militaire depuis ces dix dernières années ;

On peut constater un immobilisme à la réforme politique ;

On peut constater une instabilité sociale sur laquelle les militaires pèsent plus en plus au sein PCC.

On peut constater le pouvoir central de Pékin qui ulitise le nationalisme pour détourner ses problèmes internes.

Je pense que les décideurs européens ne peuvent pas fermer les yeux sur ces points fondamentaux.

Bien sûr, nous espèrons qu’une Chine démocratique évolue dans le bon sens comme une grande puissance responsable.

Par LV Le 26/11/2007 à 23h23

> Attention, la monnaie et les prix bougent en Chine

Bonjour,

Une très bonne analyse de FT, remarquable.

NX : Je pense que la Chine est effectivement en éveil comme le dirait un certain ministre français, mais les relations qu’elle entretient avec les pays européens sont plutôt bonnes.
De plus, les "décideurs européens" comme tu le dis ne veulent pas forcément se prononcer sur la question de la Chine et de son armement. D’ailleurs peu de dirigeants le font. Je suppose par "peur" même si le mot est un peu fort.

Tout cela pour conclure qu’il est difficile de discuter de certains points sensibles et pour en revenir au sujet sur le yuan, Juncker aura bien du mal a imposer la volonté des Européens tout simplement parce que ca nuirait à la Chine...

Sur la question de la Chine et de sa démocratie, il sera difficile d’envisager quoi que ce soit. A l’avenir peut être que la Chine sera une dictature communiste ou peut être se dirigera t’elle vers une Chine communiste et démocratique ?

Pour finir, j’ai une question. As t’on des chiffres sur l’armement de la Chine ? Je n’ai jamais pu en trouver si vous aviez des idées de la proportion ou un document, pensez à moi !

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