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Chine / Iran : jusqu’oû négocier ?

Au moment où l’Europe et surtout la France durcissent leur position à l’égard de l’Iran, la Chine continue à prôner la négociation. La placidité chinoise tranche avec les déclarations du ministre français des AE évoquant clairement que des sanctions européennes contre Téhéran pourraient s’ajouter à celles de l’ONU, avant de laisser plâner le spectre de frappes militaires.

Tout au long de la journée du 16 septembre les médias chinois ont passé en boucle une appréciation très positive formulée par M. El Baradei, Directeur de l’AEIA sur la contribution pacifique de la Chine à la lutte contre les proliférations nucléaires. Les récents apaisements de la situation en Corée du Nord, dont les Etats-Unis espèrent qu’ils déboucheront sur un démantèlement des installations militaires (rien n’est moins sûr), sont portés au crédit de Pékin.

S’il est vrai que les dépêches de l’agence officielle Xinhua insistent sur l’obligation de Téhéran de mettre fin à son programme d’enrichissement, elles traduisent cependant la volonté de la Chine de privilégier la négociation et de reconnaître le droit de Téhéran au nucléaire civil. A cet effet elles rappellent en priorité les déclarations de l’AIEA qui vont dans le sens du compromis.

La Chine a maintes fois manifesté ses craintes que le TNP ne vole en éclats suite à la nucléarisation militaire de l’Iran, mais elle reste pour l’instant fidèle à son discours de politique étrangère articulé autour de « relations internationales harmonieuses » et de « solution pacifique des différends ». Ses intérêts pétroliers en Iran et ses relations historiques avec Téhéran pèsent également en faveur de l’apaisement. Pékin, qui redoute une radicalisation de Téhéran mis au ban de la communauté internationale, considère donc que les déclarations du ministre des affaires étrangères français compliquent la situation et « mettent de l’huile sur le feu ».

Ce qui ne signifie pas que la Chine soit définitivement opposée aux sanctions contre Téhéran. Elle les avait déjà votées en décembre 2006 et en mars dernier, lors de l’adoption par le Conseil de Sécurité des résolutions 1737 et 1747. La position officielle de Pékin était alors que les sanctions n’étaient pas une fin en soi, mais avaient une « valeur pédagogique » pour inciter Téhéran à reprendre les négociations ; elles devaient être adaptées et proportionnées et ne pas heurter la population iranienne.

Mais il est probable que la raison essentielle du durcissement chinois fut la série de déclarations très agressives du président iranien à l’égard d’Israel au cours de l’été 2006. L’accueil exceptionnel réservé au premier ministre Olmert, lors de sa visite en Chine en janvier 2007, confirma l’ajustement de Pékin qui ne voulait pas donner l’impression de soutenir les dérapages anti-Israel de Téhéran. Aujourd’hui l’Iran semble avoir renoncé aux diatribes anti-juives. Il sera donc plus difficile de convaincre Pékin du bien fondé de nouvelles sanctions et encore plus de cautionner des frappes militaires américaines.


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