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Chine-Japon : accord historique d’exploitation conjointe du gaz en Mer de Chine orientale

Le 18 juin dernier Tokyo et Pékin ont décidé de mettre fin à un de leurs différends les plus sensibles en annonçant l’exploitation conjointe des gisements de gaz en Mer de Chine orientale. Jusque là, l’affaire était enfermée dans un cul de sac : La Chine et le Japon s’opposent d’abord sur les limites de leurs zones économiques en mer jaune. Tokyo place la frontière à mi-chemin entre les deux lignes de côtes, mais la Chine, qui s’appuie sur l’étendue de son plateau continental, considère que sa souveraineté s’étend jusqu’à une distance bien plus proche des côtes japonaises. Pour Pékin, le gisement de gaz naturel de la mer Jaune est donc tout entier chinois. Pour Tokyo, il est en revanche à cheval sur les limites et doit donc être exploité en commun.

Le différend s’était envenimé en 2004 quand la Chine avait commencé des forages sur l’un des gisements de gaz et que le Japon avait dépêché sur zone plusieurs navires de guerre et des avions de patrouille maritime. En 2004 et en 2005, la querelle ponctuée par cette démonstration de force de la marine japonaise avait contribué à précipiter dans un trou noir les relations bilatérales déjà tendues par une longue série de rancoeurs et de rivalités, au point que les autorités chinoises elles mêmes, qui avaient pourtant alimenté les sentiments anti-japonais en réaction à la politique de Koizumi, s’en étaient inquiétées.

Mais depuis deux ans l’état des relations s’est amélioré de manière spectaculaire, avec les visites successives au Japon de Wen Jiabao, du ministre de la défense Cao Gangchuan et du Président Hu Jintao, qui suivirent celles en Chine des deux premiers ministres japonais successeurs de Koizumi. Dans l’intervalle, des navires de guerre chinois ont même été accueillis en escale au Japon, tandis que le ton de la visite de Hu Jintao à Tokyo exprimait une évolution sensible de la manière dont la Chine entendait désormais aborder la relation avec son voisin. Entre temps Tokyo avait, de son côté, cessé ses provocations nationalistes et nettement infléchi le ton et le contenu de ses prises de position stratégiques, une des principales sources des inquiétudes de Pékin.

Aux termes de l’accord du 18 juin, les forages conduits par des entreprises chinoises seront financés par des investissements japonais, avec à la clé un partage des ressources. L’accord, premier geste concret pour la résolution d’un différend ancien, est symbolique de la bonne volonté réciproque, même si la querelle de fond des limites maritimes n’est toujours pas résolue. Le geste est d’autant plus significatif qu’il touche plus à la souveraineté qu’aux intérêts économiques puisque les réserves dont il est question dans ces zones contestées sont, aux dires des experts, assez maigres : moins de l’équivalent de 100 millions de barils de pétrole, soit trois semaines des besoins en énergie du Japon.


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