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›› Editorial

Dissensions au sommet ?

S’il est vrai que dans l’imaginaire du peuple chinois la démocratie n’a pas la même universelle vertu réparatrice qu’en Occident, il n’en reste pas moins qu’une partie notable de la population nourrit de sérieuses rancœurs contre les injustices, les inégalités, les évictions de terres, la corruption, le népotisme, et les fréquentes collusion des fonctionnaires locaux avec les hommes d’affaires, fond de tableau des enrichissements rapides et des luttes de pouvoir, en province et à Pékin.

Il est enfin impossible de passer sous silence les incessantes mises en garde des chercheurs, sociologues et hommes politiques chinois, dont le Premier Ministre lui-même, qui pointent du doigt les blocages du système et les incohérences du schéma de développement, de plus en plus souvent attribués à l’absence d’ouverture politique.

La réalité est que les assurances du Régime exprimées par la presse officielle cachent une indécision sur la manière d’affronter à l’avenir les protestations de la base qui ne sont pas rares. La mise sous le boisseau, le blocage de l’information et la répression restent le premier réflexe.

Mais d’autres sensibilités ont donné de la voix tout au long de l’année 2010, convaincues que l’écoute, le dialogue et la justice sociale renforceraient le Parti au lieu de l’affaiblir. Pour les partisans de la manière forte, les départs de Moubarak et de Ben Ali sont la conséquence d’une réaction trop timide et trop lente. Pour les adeptes de l’ouverture, ils illustrent les erreurs de la fermeture politique qui pousse le peuple à la révolte.

L’indécision au sommet se traduit dans la presse du Régime qui, pour la première fois depuis longtemps, met en cause les intellectuels et les chercheurs, accusés de mal comprendre leur rôle, « s’imaginant que leur mission est surtout de critiquer », alors que, depuis quelques années, leurs rapports et mises en garde sont ouvertement publiés et largement diffusés.

Tandis que récemment, un éditorial du Quotidien du Peuple considérait l’indépendance de la justice comme un idéal encore très éloigné et, pour l’heure, inadapté à la Chine en développement, le China Daily, publiait le 21 février un article de Li Peilin, Directeur de l’Institut de sociologie de l’Académie des Sciences Sociales, le plus puissant Think Tank du Régime, dénonçant le retard pris dans la gestion des questions sociales et réclamant plus d’éthique et un meilleur ajustement aux bouleversements de la société.


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