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›› Editorial

Feu sur les néo-maoïstes. Premières escarmouches politiques

Première riposte

Bien sûr, après cette première salve qui ouvre les hostilités de l’avant Congrès contre les conservateurs néo-maoïstes, dont le chef de fil n’est autre que Bo Xi Lai, l’emblématique Secrétaire Général du Parti de la mégalopole de Chongqing, d’autres bordées seront tirées, tout aussi dévastatrices. Et d’abord par le Parti lui-même qui, dans ces échanges, a été durement attaqué, y compris sur la nature même de son pouvoir.

Car s’il est vrai qu’il accepte, et parfois encourage, les critiques contre les dysfonctionnements du système, dont il anticipe les effets impopulaires et les risques pour son magistère, il est improbable qu’il tolère ce type de foisonnement contestataire visant directement, à la fois l’historique imaginaire qui fonde sa légitimité, et le dogme de son rôle dirigeant.

D’autant que, dans le brouillard des postures, déclarations et interprétations diverses qui rythment l’approche du 18e Congrès, il a semblé que quelques dirigeants, et non des moindres, avaient exprimé de la sympathie pour la solution néo-maoïste.

Le plus grand avantage de ce cul de sac idéologique est, en effet, que sa popularité qui surfe sur l’image manipulée de Mao, offre une voie d’attente entre les deux choix improbables, tous deux porteurs de risques que sont le blocage des réformes, dangereuse mise sous le boisseau des tensions sociales, et l’ouverture politique refusée bec et ongles par les conservateurs, terrifiés, comme beaucoup de Chinois, par la perspective du chaos et les risques d’un ébranlement politique majeur.

Les premières contre-mesures sont déjà à l’œuvre. Pour l’instant, elles ne visent pas directement les intellectuels contestataires, mais les médias et les outils internet, « blogosphère » et réseaux sociaux, qui furent les principaux truchements de la publicité donnée à la contestation des intellectuels et les véhicules des très sévères attaques contre les errements de la bureaucratie après l’accident du TGV de Wenzhou, le 23 juillet dernier.

L’intéressant dans ces escarmouches, et qui nous éloigne d’une vision manichéenne de la politique chinoise, est que certains de ces spadassins de l’ouverture, comme Wang Changjiang, fervent avocat de la légitimité démocratique, parlent depuis l’un des centres les plus emblématiques de la pensée du pouvoir, l’Ecole Centrale du Parti ou l’Académie des Sciences Sociales.


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