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›› Chronique

Habileté ou complaisance ?

Aux yeux d’un grand nombre de Chinois vivant à Paris, la visite d’Etat de HU Jintao devait être réglée comme un papier à musique. Discret et consensuel, le président chinois n’a pas failli à sa réputation. Son discours au Palais Bourbon, le premier d’un homme politique asiatique, a suscité peu d’échos dans la presse, si ce n’est au sujet du boycott de la moitié des députés, toutes tendances politiques confondues. On a, en revanche, prêté plus d’attention aux déclarations du gouvernement français qui ont étonné plus d’un observateur : nouvel appel à l’Europe des Quinze pour mettre fin à l’embargo sur les ventes d’armes ; jugement contestable sur la question des droits de l’homme en Chine et, last but not least, condamnation par le président Jacques Chirac du projet de référendum annoncé pour le 20 mars à…Taiwan.

L’attitude pro-Pékin du gouvernement français dépasse l’attente des Chinois. Les réactions des uns et des autres étaient prévisibles. A Taiwan d’abord, où l’on annule plusieurs voyages ministériels en France et où les rétorsions commerciales risquent de suivre. Il est évident que ce n’est pas à cause de la protestation française que M. CHEN Shuibian va renoncer à son projet de référendum. Mais cela le poussera sans doute à bouder la France et à se tourner vers ses autres partenaires économiques, Etats-Unis en premier lieu.

Les défenseurs des droits de l’homme, chinois ou français, mesurent aussi l’inconséquence des paroles présidentielles en la matière. Flatter le président HU Jintao dans ce domaine, c’est s’écarter d’un principe issu de la Révolution de 1789 dont, à juste titre, la France a toujours été fière. Faut-il, au nom des grands contrats présents ou à venir, faire fi de la morale politique, au risque de perdre sa réputation et ses idéaux ?

Les dirigeants Chinois, d’ailleurs, se montreront-ils reconnaissants de ces gestes allant plus loin que prévu ? Rien n’est moins sûr. A entendre ceux qui sont proches du sérail pékinois, l’attitude française laisse songeur. Confucius n’a-t-il pas dit à propos des attitudes en politique que l’excès est aussi nuisible que le manque ? Dans les relations diplomatiques, la lisibilité à long terme d’une politique est jugée préférable à quelques déclarations de circonstance, fussent-elles les plus agréables à entendre. Il n’est pas inutile de souligner que dans ses relations avec la Chine, George Bush et son Administration ont su finalement trouver une position plus modérée (défense du statu quo plus qu’opposition au référendum) qui semble finalement tolérée par Pékin. L’exemple est à méditer par les hommes politiques du vieux continent, s’ils veulent être considérés avec sérieux dans le monde chinois.


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